Littérature québécoise
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L’hiver, hier : un peu de fraîcheur d’antan

 

Il ne fait pas si chaud, mais il y a un soleil de plomb à Montréal. J’ai troqué les bottes Sorel contre mes Converse poids-plume et c’est la journée parfaite pour instagramer #sansfiltre le printemps qui vient d’arriver. Pourtant, lire L’hiver, hier de Michel Garneau m’a quasiment rendue nostalgique des vrais gros bancs de neige de campagne. Et ce, malgré l’hiver québécois qui finit toujours par exceller à s’étirer.

Avec L’hiver, hier, Michel Garneau nous ramène dans le temps en grosse motoneige (à hublots!) de Bombardier. On se retrouve à « Saint-Quelquechose-des-Hauteurs », année 1958, époque où Maurice Richard est nommé athlète de l’année, où Camilien Houde est décédé et où les Canadiens de Montréal remportent la Coupe Stanley. Une grosse année au Québec. Il y a déjà près de 60 ans, mais c’est un peu hier en même temps.

J’ai pris plaisir à me raconter ce livre à voix haute. Une histoire vécue de l’auteur qui, alors qu’il avait 18 ans, va passer les Fêtes dans la famille de sa fiancée de l’époque, âgée de 16 ans. En nous amenant chez Pépère et Mémère par une nuit bien noire d’un hiver généreusement blanc, l’auteur nous transporte dans un ailleurs connu et réconfortant, nous titille les sens et nous donne la faim.

Les grandes tables mises ensemble sont vites couvertes de tourtières, cipayes, ragoûts de pattes avec des boulettes et tous les condiments, les marinades, et le pain, le beurre, les cretons, la tête fromagée, les petits oignons, on reste debout et on grapille, on remplit nos assiettes. p. 26 (Je vous avais prévenus, désolée pour la fringale).

Se trouvant plongé dans le brouhaha d’une demeure où il y a tellement de monde qu’on ne se donne même plus la peine de se présenter, le Montréalais devient le confident de service, entend toutes sortes d’histoires et des secrets de famille pas toujours reluisants. On apprend à en connaître quelques-uns dans le lot, à travers une version colorée de la langue de chez nous. Et ça ne semble pas chose facile d’être le petit gars de la ville catapulté pour 10 jours dans ce microcosme familial de culture rurale.

Tous les soirs, il y a le rituel de la ponce bien chaude et les conversations reprennent, des conversations où la plupart du temps je ne comprends rien, toutes pleines qu’elles sont de références à toutes sortes de gens que je connais pas et d’allusions et de sous-entendus et de phrases qui finissent tout à coup avec un regard, une moue, un clin d’œil, un soupir, des conversations pleines de trous, truffées de tout ce qui n’est pas dit. p. 72

Malgré les nombreux dits et non-dits qui peuvent donner des petits frissons de malaise, la dernière parution du poète, dramaturge, comédien et musicien Michel Garneau réussit toujours à nous réchauffer le cœur à coup de poêle à bois, de rires et d’eau-de-vie. L’hiver, hier, à lire avec des bas de laine et un café fumant ou quand il fera plus chaud, question de se donner un peu de fraîcheur d’antan.

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Un vent de nostalgie lui souffle parfois dessus, lui faisant revivre ses journées d’enfance passées avec un J’aime lire sous les yeux ou à manier son pousse-mine à composer des chansonnettes pour sa grand-mère Bernadette. Aujourd’hui bien campée dans la vie d’adulte sans trop l’être, lire et écrire sont restés pour elle synonymes de plaisir. Stéphanie a pris le chemin des sciences (elle est infirmière clinicienne) après un passage fort apprécié dans le domaine des arts & lettres. Depuis la fin de son récent bacc. du côté pragmatique, elle est ravie de (re)vivre enfin en lisant et écrivant ce qui lui plaît. Elle a un fort penchant pour le québécois contemporain, poésie ou romans, des essais ou encore pour son précieux guide des médicaments. Elle aime beaucoup voyager, le yoga, prendre des photos pas toujours réussies, cuisiner végé, le vieux punk, le classique et le sens du mot liberté.

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