Littérature étrangère
Laisser un commentaire

Les méduses ont-elles sommeil?

Hélène est sous l’emprise d’une ennuyante solitude et, égarée au cœur de sa propre personne, elle ne sait mettre des mots sur son identité à l’exception de transparente ou bien de celles que l’on oublie dans un supermarché. À 18 ans, elle quitte Trapellun — anagramme de nulle part — pour la capitale française, en quête de devenir quelqu’un, d’exister. À Paris, elle fait des rencontres qui lui donnent enfin le sentiment d’être vivante : Marie et Coco.

MDMA et cocaïne.

Elle qui caressait le rêve d’être actrice ne se rend pas jusqu’à l’école de théâtre avant de goûter au plaisir instantané, mais éphémère de la drogue. Marie lui donne l’impression d’être fantastique, belle et intelligente. Alors, à quoi bon travailler?

Les méduses ont-elles sommeil? est le récit d’une jeune femme qui se cherche et qui bifurque dans un paradis artificiel, dans les bas-fonds de la vie nocturne parisienne.

C’est aussi le récit semi-autobiographique de sa jeune auteure, Louisiane C. Dor, qui a écrit un roman inspiré d’une partie difficile de sa vie afin de sensibiliser les gens à la consommation de psychotropes.

L’auteure exploite les thèmes des limbes de la dépendance, du bonheur superficiel, de l’adolescence et de la quête d’identité.

J’ai été émue par ce récit, mais je n’ai pas aimé le côté moralisateur de certains passages, quand elle démontre ce qu’elle a vécu et suggère de l’éviter. Le lecteur n’est pas stupide, certaines explications sont superflues. Reste que ce petit roman m’a assez touchée pour que j’aie envie de vous en parler. Certaines phrases donnant une impression de déjà lu m’ont ennuyée :

Ma vie est devenue un film dont je ne suis que spectatrice.

C’est un livre imparfait, mais ses imperfections m’ont touchée, car elles ont été écrites par quelqu’un qui a souffert et qui a ensuite utilisé l’écriture comme exutoire. Les autres personnages sont secondaires, manquent de densité et sont accessoires au récit. On ne s’y attache pas. Tout est centré sur Hélène. C’est un récit égocentrique, mais cet égocentrisme représente bien le monde de la dépendance. Les effets des drogues et les modes de pensée des toxicomanes sont bien représentés. L’auteure nous transporte efficacement dans la tête d’une dépendante.

Nous ne sommes pas des dépendants. Nous ne sommes pas des consommateurs. Nous prenons simplement de la MDMA quatre fois par semaine. Rien de plus.

C’est une lecture facile, dotée d’une certaine poésie, de phrases qui nous transportent. On peut bien sûr faire un rapprochement avec Christiane F., mais ce roman est plus actuel et il est plus qu’une histoire de drogue : son style imagé est intéressant.

J’aime Marie et Marie m’aime.

Advertisements
This entry was posted in: Littérature étrangère

par

Kim se contente de peu mais de beaucoup de livres. Elle se passionne pour les mots; les laids autant que les beaux. La lecture est son activité favorite depuis qu’elle a lu Martine à la foire. Bien qu’elle aime diversifier ses lectures, elle a un penchant pour les romans québécois et les romans qui parlent de gens qui lisent des romans. Elle aime aussi les arts visuels, les visites au musée, le café, le chocolat, son gecko nommé Toytoy en l’honneur d’un panda et sa tortue nommée Vicky en l’honneur d’une Vicky. Grande anxieuse aimant relever des défis en surpassant la peur d’avoir peur, elle aspire à une vie sereine. En plus d’être collaboratrice chez Le fil rouge, elle travaille en tant qu’éducatrice spécialisée dans une garderie, animatrice dans un centre de loisirs et tutrice en alphabétisation au Y des femmes de Montréal. Entre ses engagements et ses lectures, on peut la croiser au gym, dans un cours de bodypump, focussant sur la position de ses genoux. On la décrit comme une fille rêveuse, empathique et créative.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s