All posts tagged: littérature française

le fil rouge lit la passe-miroir christelle dabos littérature française littérature jeunesse pôle fiction

Le jour où j’ai lu un livre sur ma tablette

Je n’aime que le papier. J’aime son odeur, le bruit qu’il fait lorsqu’on le tourne, qu’on le plie et le déplie. J’aime ses coins qui se cornent et ses lignes qui se raturent. J’aime que l’on puisse raconter l’histoire du lecteur à travers le défilement des pages. Partie au Japon pour trente jours, le tiers de mon sac était représenté par les livres. Que voulez-vous, je prévois lire tant et tant une fois sur un autre continent que je m’assure de ne pas manquer de romans à dévorer. Habituellement, j’arrive bien à trouver de nouveaux livres si mes réserves viennent à manquer dans l’endroit que je visite. Cette fois, je me doutais bien que mon pays d’accueil ne déborderait pas de littérature en français. Réserve fut donc prévue. Les jours défilaient, ma collection de bouquins aussi. Après avoir terminé 1Q84 (oui, on m’a fait la remarque qu’il était cliché de lire du Murakami au Japon), je me suis lancée dans une nouvelle série dont on m’avait fait l’éloge: La Passe-Miroir. Écrite par Christelle Dabos dans …

Colette, La Vagabonde, Albin Michel, Liberté, fémnisme, spectacle, théâtre, introspection, Le fil rouge, Le fil rouge lit, Bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, littérature française, Kim Renaud-Venne

La Vagabonde: un récit sur l’appel de la liberté

Lorsque je me suis mise à fouiner dans mes multiples bibliothèques à la recherche de ces fameux livres-achetés-mais-pas-encore-lus, je suis tombée sur La Vagabonde, une œuvre que j’avais appréciée il y a quelques années (le mot est beaucoup trop faible comparativement à l’impression qu’elle m’a laissée la première fois que j’en ai fait la lecture lors de mes études en littérature). Dans un cours qui portait essentiellement sur Colette, écrivaine que je ne connaissais pas à ce moment-là, je suis littéralement tombée en amour avec ses écrits. En plus de la qualité indéniable de sa plume, cette autrice, qui est devenue la première femme à présider l’Académie Goncourt, a su mettre sur papier, pour notre plus grand plaisir, sa vie à la fois mouvementée et inspirante. Cette femme qui refusait de suivre les conventions – et qui en choquait plus d’un ! – dégageait un besoin urgent de liberté. Je n’ai pu m’empêcher de relire ce court roman qui remonte à une autre époque et qui est pourtant si d’actualité. Replonger dans cette œuvre a …

le fil rouge, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, lecture, littérature, bibliothérapie, Grégoire Delacourt, Éditions JC Lattès, Danser au bord de l'abîme, littérature française, littérature étrangère

Désirer jusqu’à en perdre l’équilibre

Dans la dernière année, j’ai fini mes études universitaires et depuis, j’essaie de prendre un pas de recul sur ma vie, de me questionner : « qu’est-ce que je devrais faire maintenant? » vs « qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant? » C’est angoissant un peu, parce qu’il faut trouver la bonne réponse, mais surtout choisir la question à laquelle on veut répondre. Dans le fond, je sais que mes désirs seront toujours plus forts et que même si je choisis la mauvaise réponse, je finirai par bifurquer vers mes vraies envies. Je dois juste arrêter de me sentir coupable. Eh bien, quand j’ai lu Danser au bord de l’abîme, de Grégoire Delacourt, j’ai commencé à mieux respirer (image pour dire que j’ai commencé à me sentir moins mal). *** Leur vie va basculer « comme dans les romans » Emma est à l’aube de la quarantaine. Si elle mène une vie bien paisible avec son mari, ses trois enfants dans sa grande maison blanche près de Lille, elle n’a plus l’impression de vivre dans le présent. Le couple s’aime beaucoup, …

Le fil rouge, Profession du père, Livre de poche, bibliothérapie, les livres qui font du bien, Sorj Chalandon, Le fil rouge lit

Profession du père : enfance auprès d’un fabulateur

C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai lu les dernières pages de Profession du père, le récit d’une enfance auprès d’un père mythomane et oppressif et d’une mère qui demeure passive face aux agissements du père. J’étais stupéfaite de savoir que la vie familiale dysfonctionnelle racontée dans ce roman se rapproche de celle vécue par son auteur, Sorj Chalandon. Une enfance dans le mensonge et dans la violence En 1961, Émile a 12 ans alors que la Guerre d’Algérie tire à sa fin. Son père peste contre De Gaulle et l’indépendance de l’Algérie et prétend qu’il est un complice de l’Organisation armée secrète (OAS). C’est alors que nous constatons les répercussions des fabulations d’un père sur son fils qui ira jusqu’à embrigader un ami dans cette mise en scène du père. Il faut savoir que ces délires n’ont pas pour seul but d’amuser Émile. André Choulans fait croire à son entourage qu’il a été pasteur, joueur de football, agent secret et champion de judo alors que la réalité est toute autre. Au fil des pages, nous découvrons …

Nancy Huston, l’état du monde et la littérature

C’est par un doux matin de janvier que je me suis plongée dans cette petite palette d’à peine 60 pages qu’est Naissance d’une jungle. Recueil de chroniques écrites par Nancy Huston dans le quotidien indépendant français Le 1, il ne m’a pas fallu plus d’une heure pour passer au travers des cinq textes choisis et réédités dans ce livre. Les opinions tranchantes de Huston Dans chacun des cours textes, Huston donne son opinion sur divers sujets d’actualité, et ce, de manière assez tranchante, appuyée et convaincue. Les textes d’opinion de Huston sont à la fois un cri du cœur pour une société plus humaniste, une prise de parole pour l’engagement et l’activisme ainsi qu’un certain désenchantement face à l’état du monde et de nous tous qui y vivons. Suivant la ligne éditoriale du journal Le 1, l’auteure s’intéresse, entre autres, à l’utilisation de la langue française écrite, en France, qu’elle trouve un peu ankylosée, à la quête d’identité et l’identification à une, ou aucune, nation, à l’élection de Trump et, bien entendu, à la littérature. Toujours …

le fil rouge, le fil rougelit, les livres qui font du bien, littérature française, bibliothérapie, Irène Frain, relation mère fille, écriture, création, auteure, différence, autofiction, Beauvoir in love, relation maternelle. France, littérature étrangère

La fille à histoires : s’inventer des mères de papiers

Irène Frain est une auteure bien prolifique que je ne connaissais que très peu, moi qui avais seulement lu Beauvoir in love. Elle publie presque un livre par année depuis 1979, ce qui est ma foi fort impressionnant. Sa page Wikipédia m’a aussi appris qu’on avait la même date de fête, mais je doute que ce soit vraiment nécessaire de vous le mentionner. 😉 J’ai eu la chance de découvrir cette auteure pour la deuxième fois, avec son tout nouveau roman, La fille à histoires, publié en 2017. Dans ce texte, elle aborde la relation qu’elle a eue avec sa mère, et plus précisément la place de l’écriture et de la lecture dans leur famille. Le prénom Ayant été prénommée le même nom que l’amante de son père, Irène a avec sa mère des rapports extrêmement conflictuels et difficiles. De plus, sa famille est très modeste et l’écriture est un sujet fort tabou. Elle est la troisième fille de ses parents. Au fil du temps, elle comprend qu’elle est arrivée après que sa mère ait …

lub de lectureRetirer un terme : bookclub bookclubRetirer un terme : féministe féministeRetirer un terme : club de lecture féministe club de lecture féministeRetirer un terme : Annie Ernaux Annie ErnauxRetirer un terme : la femme gelée la femme geléeRetirer un terme : L'événement L'événementRetirer un terme : les livres qui font du bien les livres qui font du bienRetirer un terme : le fil rouge lit le fil rouge litRetirer un terme : littérature française littérature françaiseRetirer un terme : Charge mentale Charge mentaleRetirer un terme : charge émotionnelle charge émotionnelleRetirer un terme : être mère être mèreRetirer un terme : écrire écrireRetirer un terme : écriture blanche écriture blancheRetirer un terme : autofiction autofiction

Club de lecture : L’événement et La femme gelée

Dimanche, le 20 novembre. Pour la seconde fois ce week-end, on se retrouve au Café Les oubliettes, après un arrêt au Salon du livre de Montréal. C’est la faim dans les talons qu’on arrive, en avance, au café, pour casser la croûte en attendant les participantes. Pour cette troisième session, nous avions deux livres à l’étude, deux romans d’Annie Ernaux ; La femme gelée et L’événement. C’était, pour certaines, un premier contact avec l’auteure. Alors, avez-vous aimé? Qu’en avez-vous pensé?  C’est assez unanime, Ernaux a plu à toutes. Nous avions suggéré de commencer les lectures avec l’ouvrage qui fut publié en premier, soit La femme gelée, et ensuite lire L’événement, pour ainsi comparer l’évolution dans l’écriture de l’auteure, mais… Peut-on comparer les deux œuvres?  Comparer deux œuvres d’une auteure, nous ne sommes pas les premières à le faire. Pourtant, ce n’est pas véritablement ce qui nous intéresse, finalement. Nous en venons à la conclusion que, outre les questions de forme, les deux livres ne se comparent pas. « Non, il y a trop de différences dans les émotions ressenties »,  dit …

Pour que demain arrive toujours plus rapidement

«Pour Fleur, l’heure n’est jamais à l’heure. L’heure arrive toujours trop tôt. Et Fleur toujours trop tard. Ça ne peut plus durer….» Avec tous ces livres nous apprenant l’art de prendre son temps et de son importance, C’était quand demain? est un petit roman s’adressant aux plus jeunes de manière ludique sur le temps et sa gestion. Le rapport que nous avons avec le temps varie d’une personne à l’autre. Avec l’accélération qu’impose une société de performance, on se demande souvent pourquoi courons-nous autant et vers quoi … ! Nous nous oublions ainsi et apprécions moins chaque petit instant que la vie nous propose. Les tout-petits sont aussi confrontés à cette réalité désormais, amenant son lot de questionnements sur la manière de gérer leur quotidien. Grands rêveurs et grands minutieux seront charmés par ce court roman. Fleur est une adorable petite fille comme les autres, mais elle aime prendre son temps. S’appliquant ainsi à toujours bien faire les choses, elle se retrouve la majorité du temps à être en retard. Quel est l’imbécile qui a inventé l’horloge ? Voilà qu’un jour …

Le fil rouge le fil rouge lit bibliothérapie littérature lecture livres les livres qui font du bien éric reinhardt La chambre des époux rentrée littéraire littérature française

Paris et le paradis des livres

Paris et la littérature. Il y a tant de choses à en dire. La Ville Lumière ne laisse indifférent aucun amoureux des livres. D’abord, parce que de nombreux romans dans l’Histoire y font référence, mais surtout parce que c’est un carrefour culturel par excellence. J’ai eu la chance d’y retourner quelques jours à la fin du mois d’août. Je vais à Paris tous les 2-3 ans depuis mon enfance.  C’est toujours de joyeuses retrouvailles pour moi. C’est la ville d’origine de mon père; ma sœur y vit depuis 10 ans et certains de mes cousins y habitent également. Chaque fois, mon séjour est marqué de beaux repas familiaux (bien copieux et arrosés!). Par contre, dans mon cœur, j’y ai surtout rendez-vous avec ma chère littérature. Il y règne une ambiance qui pousse à la création; un je-ne-sais-quoi qui donne envie de se nourrir uniquement d’écriture, d’art et d’eau fraîche (avec un peu de vin aussi). C’est sûrement dû aux terrasses invitantes qui foisonnent partout, à l’architecture somptueuse qui a inspiré tant d’artistes et aux sublimes …