All posts tagged: littérature française

Marie-Aude Murail École des loisirs Littérature jeunesse Oh, boy! Sauveurs & fils Miss Charity

Lire et aimer Marie-Aude Murail

Hochelaga, mon quartier. Une surprise qui pointe le nez alors que je ne l’avais jamais même espérée. Un matin, une librairie jeunesse voit le jour à quelques pas de chez moi. Et moi, vous savez, la littérature jeunesse, j’en mange. Mais surtout, j’y crois. Parce qu’il faut leur proposer des ouvrages de qualité, aux jeunes, des livres qui les transporteront ailleurs, qui leur donneront envie de lire toujours plus, de découvrir le monde, les mots, le bonheur d’une phrase bien tournée, d’une histoire menée avec talent. Et il me semble que de s’y plonger, aussi, ne fait aucun tort. Pour voir ce qui peut animer et émouvoir les cœurs des petits. Ou nous toucher, nous aussi. La librairie Bric à brac vit donc au coeur d’Hochelaga, avec ses portes grandes ouvertes, ses vitrines vives et attrayantes, ses livres qui débordent des étagères, mais surtout, avec ses amoureux des livres. Rarement on ne m’aura partagé des découvertes littéraires avec autant d’enthousiasme. La plus récente à ce jour: l’autrice Marie-Aude Murail. C’est en me disant que tout …

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Quand la fiction modifie nos perceptions

Ce n’est probablement pas la première fois que nous mentionnons cela ici et ce n’est définitivement pas la dernière, mais les livres ont ce pouvoir, cette capacité de modifier notre vision du monde. Je ne peux plus compter le nombre de fois que cette transformation a opéré pour moi. Évidemment, nous sommes des humains facilement influençables, qu’il est possible de modeler. Des idées de partout viennent nous inspirer et l’univers littéraire regorge de petits trésors. Bien que cette expérience me soit arrivée à de nombreuses reprises, l’une de celles-ci est immanquablement la rencontre qui m’a le plus changée. Le monde de Bernard Werber a chamboulé ma conception de nos existences. J’ai découvert l’auteur français à travers Les Thanatonautes, possiblement son roman qui a eu le plus grand impact sur moi. En fait, ce qui m’a particulièrement attirée dans son univers, c’est que les deux protagonistes principaux, Michael Pinson et Raoul Razorbak, deux jeunes chercheurs, se fixent comme mission d’explorer le continent des morts. Cette aventure les mène à cartographier ce qu’il appelle la « terra incognita …

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Bonjour Tristesse, un roman résolument moderne

Si vous ne connaissez pas Françoise Sagan, quelques recherches à son sujet vous feront probablement tomber amoureux.ses de cette femme écrivaine qui connut le succès très tôt. C’est qu’elle vivait à 100 à l’heure, Françoise… métaphoriquement et littéralement (c’était une grande fan d’automobiles et de vitesse). C’est avec son premier livre, Bonjour Tristesse, qu’elle connut en 1954 le succès à l’âge de dix-huit ans. Ce roman, dont le titre est inspiré d’un poème de Paul Éluard, eût un succès fulgurant en librairie, et Sagan gagna le surnom de « charmant petit monstre » de la littérature. Synopsis Cécile, son père Raymond et Elsa, l’amante de celui-ci, comptent bien profiter de leurs quelques semaines dans une villa en bord de mer pour faire la fête, paresser et courir les événements mondains. L’arrivée d’Anne, une femme pleine d’esprit et stricte qui apprécie les choses de bon goût et la culture, vient rompre la dynamique du joyeux trio. D’abord, c’est la fin de l’oisiveté pour Cécile, qui doit faire face à son échec scolaire et doit se mettre …

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Entrevue avec une grande aventurière : Catherine Poulain, auteure du roman Le grand marin

Mon premier texte publié sur le blogue Le Fil rouge portait sur le livre Le grand marin de l’auteure française Catherine Poulain. À la fin de mon article, je concluais en souhaitant d’autres romans de la part de cette écrivaine dont c’était la première parution, car il s’agit d’une aventurière dont la vie est remplie d’expériences inusitées. Je me sens très choyée d’avoir eu la chance d’interviewer Catherine Poulain alors qu’elle était de passage au Québec et d’avoir pu la questionner sur sa vie hors du commun. Celle qui a passé plusieurs années de sa vie à pêcher en Alaska est désormais bergère dans les Alpes-de-Haute-Provence. Voici donc les échanges que j’ai eus avec l’écrivaine. Votre roman traite d’une femme qui abandonne tout pour aller pêcher en Alaska, une expérience que vous avez vous-même vécue. Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire sur ce sujet assez singulier? J’ai eu de la chance quand même. J’écrivais depuis très longtemps et j’avais plein d’idées d’histoires et voilà j’ai eu la chance de pouvoir proposer un contrat pour …

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Ils dansaient sur Nina Simone

Petit cadeau, grande surprise Nous étions en train de bouquiner, j’étais à quelques jours seulement de mon retour au pays. Un de ces fameux moments où je sais très bien que je retrouverai sous peu ma pal (pile à lire) et qu’on n’alourdit pas ses valises davantage surtout quand il faut les remplir de bières et de chocolats belges! C’est mon meilleur ami qui me l’a tendu : « C’est pour toi, il faut absolument que tu lises ça et je ne sais pas si tu vas le trouver au Québec. » C’est ainsi que s’est glissé dans mon sac ce tout petit livre, si léger qu’il me rappelle les formats des romans Courte Échelle… Une folie fraîche et renversante nous emporte dans cette famille où l’extravagante mère vouvoie tout le monde y compris son fils, mais tutoie les étoiles, un père qui l’affuble d’un nouveau prénom quotidiennement et qui écrit des romans sans queue ni tête, un fils qui raconte des mensonges à l’envers parce que personne ne croirait la vie qu’il mène et …

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La première femme nue, ou la floraison de la beauté

Avec sa délicate illustration de couverture, son titre énigmatique et ses 1187 pages, La première femme nue de Christophe Bouquerel a de quoi fasciner. Au premier coup d’œil, on ne sait pas forcément à quoi s’attendre, mais l’ensemble paraît exhaler un parfum d’exotisme, d’érotisme et de mystère… trois qualificatifs qui, je crois, résument bien le récit colossal qui attend le lecteur. L’histoire nous transporte en Grèce antique (IVe siècle av. J.-C.), où nous suivons les traces de Phrynê, une adolescente née à Thespies. Suite à l’invasion de sa cité, elle est réduite en esclavage dans un sordide bordel d’Athènes. C’est là, à tout juste seize ans, qu’elle fait la connaissance de Praxitélês, un jeune sculpteur ambitieux qui voit en elle quelque chose qui l’intrigue. Effrontée et audacieuse, Phrynê deviendra l’hétaïre – la courtisane – la plus scandaleuse d’Athènes, tandis que Praxitélês, lui, évoluera jusqu’à devenir le plus grand artiste de son époque. Inspirée de la légende de ces deux personnages historiques ayant marqué leur univers, cette fresque romanesque et grandiose nous entraîne dans les banquets …

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Être ici est une splendeur : La courte, mais passionnante vie de la peintre Paula M. Becker

Prêtez-vous au jeu suivant : nommez cinq peintres de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Il y a des fortes chances que vous ayez nommé exclusivement des hommes. Si vous refaites le même jeu en vous limitant aux femmes peintres, probablement que vous trouverez l’exercice plus difficile. C’est parce que nous en savons si peu sur les femmes artistes de ces époques que j’ai tant aimé le roman Être ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui porte sur la vie de l’artiste peintre allemande Paula Modersohn-Becker. J’ai bien sûr apprécié ma lecture, mais ce qui m’a réellement plu de ce roman, c’est qu’il m’a fait connaître la vie, l’univers et l’art d’une artiste peintre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Certes, je ne suis pas une experte en Histoire de l’art, mais cela démontre la difficulté pour les femmes de faire leur place dans l’Histoire. Paula Modersohn-Becker, alors Paula Becker, est née à Dresde en Allemagne en 1876, mais a vécu une bonne partie de sa vie à Worpswede, où vivaient plusieurs artistes allemands …

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Toute la beauté du monde

Je me promenais dans la rue, en larmes, sans égard pour les gens qui pouvaient croiser ma route. Je me cramponnais à mon livre comme si je pouvais avaler toute la beauté qui courait entre ses pages. J’avais bien dû le lire dix fois ce livre-là, mais rien à faire, chaque fois, je me transformais en pleureuse incapable de m’arrêter. C’était le livre que j’aurais voulu écrire, les mots que j’aurais tout donné pour mettre en phrases. C’était l’hymne à l’art par excellence, c’était le beau, le grandiose fait mots. Je ne me lassais pas. Je ne me lassais pas de pleurer toute la beauté que Muriel Barbery avait réussi à mettre en place. L’élégance du hérisson est un de ses ouvrages que l’on décide d’ouvrir une première fois par curiosité. Le titre nous plaît, la quatrième de couverture aussi. On commence notre lecture sans réellement savoir ce qu’on espère y trouver. Et l’on se fait happer par ce qu’on y décèle. Il y a d’abord Madame Michelle, la concierge d’un immeuble où les gens …

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Pour bâtir une communauté

Chez Le fil rouge, on aime Virginie Despentes. On en parle d’ailleurs ici, ici, et là. Moi, je l’ai découverte avec King kong théorie, à l’époque elle avait contribué à élargir ma définition du féminisme. J’ai tout de suite aimé son regard sur la société, qui fait table rase de plusieurs discours et qui marque inévitablement le lecteur. Je dois dire que la présence de Despentes, autant que son écriture, m’intrigue et m’accapare. Peu de temps après avoir découvert ses œuvres, j’avais visionné une performance où elle récitait le roman Le Requiem des Innocents de Louis Calaferte. Debout, au milieu de la scène comme une chanteuse de rock, elle tenait son public suspendu à ses lèvres pendant près d’une heure. Pas une fois je n’ai eu envie de faire une pause. Et même si j’assistais à tout cela dans mon salon, je me rappelle de l’émotion forte suscitée par cette prestation. La musique, les mots, les contrastes entre le noir et le blanc et le débit unique de Virginie Despentes se mélangeaient et créaient un effet particulier: l’impression de …

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Dans la vie d’un bibliothérapeute : Aux petits mots les grand remèdes

Aux petits mots les grands remèdes, de Michaël Uras, raconte le quotidien d’Alex, bibliothérapeute de profession. Après une formation au Canada et un diplôme peu reconnu en France, Alex ouvre son propre bureau dans lequel il conseille des lectures, dont beaucoup de classiques, aux hommes – parce qu’il n’a apparemment pas de clientes féminines – pour essayer de les aider à aller mieux, à penser différemment, à sortir des sentiers battus. J’avais bien hâte de me plonger dans un roman qui parle de bibliothérapie. C’est une discipline qui fait de plus en plus sa place et qu’ici, sur Le fil rouge, on se plait à adapter librement à nos écrits et à notre philosophie. Par contre, ce roman n’a pas su rejoindre mes attentes. L’idée est bonne, la structure du roman l’est aussi, mais l’histoire n’est pas venue me toucher comme je l’espérais. C’est un roman simple, qui divertit, mais qui n’a pas réussi à me convaincre de la passion pour les mots du protagoniste, ni à son travail en tant que bibliothérapeute. On se …