Littérature canadienne
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Station Eleven : entre nostalgie et fin du monde

Parce que survivre ne suffit pas. Le premier jour : Éclosion de la grippe géorgienne. On estime qu’elle pourrait contaminer 99 % de la population. Deux semaines plus tard : La civilisation s’est effondrée. Vingt ans après : Une troupe présente des concerts et des pièces de théâtre aux communautés regroupées dans des campements de fortune. La vie semble de nouveau possible. Mais l’obscurantisme guette, menaçant les rêves et les espérances des survivants. 

Presque toutes les rubriques et médias littéraires en parlent, tous l’encensent comme étant le roman de l’été, une lecture émouvante, touchante, qui captive. J’ai eu le gout de m’y plonger et de voir de quoi il était question dans ce fameux quatrième roman de l’auteure Emily St. John Mandel.

Ce roman choral joue dans le temps, dans les souvenirs et dans les moments tant avant, pendant, qu’après la grippe de Géorgie, pandémie qui tua 99 % de la population. Bien que le récit soit post-apocalyptique, qu’il s’instaure dans la lignée des dystopies, le point focal de celui-ci n’est pas la fin du monde. Celle-ci est plutôt l’arrière-plan, quoique bien présente, elle est le contexte auquel se prête une multitude de réflexions sur le monde.

En trois temps, on suit donc Kristen, membre de la symphonie ambulante qui se promène à travers le Nouveau Monde en jouant du théâtre classique, Arthur Leander, acteur célèbre qui meurt sur scène, lors de l’éclosion de la grippe de Géorgie, ainsi que Jeevan, ancien paparazzi devenu journaliste à potin.

C’est principalement à travers ces trois personnages que se construit le récit. Autant celui d’avant la fin du monde, que celui d’après. Bien qu’on y retrouve quelques éléments-clés de tout bon récit de survie, il n’est pas vraiment question de luttes de pouvoir et de violence, du moins pas à outrance. Il est surtout question de nostalgie pour l’Ancien Monde, de reconstruction de soi, de questionnements. Les réflexions sur l’art, sur la célébrité, sur les connexions, les relations humaines.

On y retrouve, bien entendu, quelques clichés. Celui du prophète, professant ses visions sectaires dans le Nouveau Monde. Le personnage d’Arthur, acteur de cinéma un peu déchu, qui change de femme à quelques reprises, qui ne veut plus être célèbre, qui vit une vie vide. Par contre, ces petits préconçus sont apportés avec une finesse qui ne les rend pas déplaisants, ils font partie de l’histoire et participe à la grande mosaïque du récit.

En cherchant comment faire pour « plus que survivre » dans un monde qui avance tant bien que mal, à tâtons, l’auteure révèle, petit à petit, les liens entre chacun des personnages, jusqu’à créer une grande toile, un portrait porteur d’espoir.

Bien que Station Eleven n’ait pas laissé sur moi une impression grandiose, il n’en reste pas moins que les éléments-clés pour en faire un bon roman sont tous présents. Peut-être qu’un jour, si une relecture me tente, je vivrai, à retardement, l’engouement. Je comprends pourquoi, mais je ne l’ai pas pour autant ressenti durant ma lecture.

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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