Littérature étrangère
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Pleurer à la fin d’un Hemingway

Quand j’étais plus jeune, je pensais que la qualité d’un livre se mesurait par le nombre de larmes que je versais. Plus je pleurais, meilleur le livre était. J’avais un faible particulier pour les histoires d’amour où le gars meurt à la fin, ce qui inquiétait beaucoup ma mère. Avec le temps, mes critères ont changé et je n’ai plus eu besoin de pleurer toutes les larmes de mon corps pour donner le titre de chef-d’oeuvre à un roman, mais il reste toujours une partie de moi qui est profondément satisfaite lorsqu’un livre me fait monter les larmes aux yeux.

Voilà ce à quoi je pensais lorsque j’ai tourné la dernière page de Pour qui sonne le glas, des larmes brûlantes roulant sur mes joues. Ernest Hemingway est l’auteur qui m’a fait comprendre que le simple peut être beau, profondément touchant et même grandiose.

« Dans une tempête de neige, le vent peut souffler en rafales; mais il souffle une pureté blanche et l’air est plein de courants de blancheurs : tout est transfiguré et, quand le vent tombe, alors, c’est la paix. »

C’est sans flafla que l’auteur nous transporte dans la vie de Robert Jordan, dont nous suivons les aventures pendant trois jours, alors qu’il est en mission militaire dans les montagnes espagnoles. Robert Jordan fait la rencontre de gens simples, qui seront prêts, comme lui, à sacrifier leur vie pour une cause plus grande qu’eux. Toutefois, les incertitudes, les peurs, les regrets et les désirs restent et il faut s’empresser de tout vivre avant le jour « J », parce que personne ne peut prévoir l’issue de cette mission.

Il n’y a pas de grande envolée lyrique, ni de phrases interminables, mais certains passages étaient si touchants que je devais faire une pause dans ma lecture pour absorber toutes ces émotions, pour assimiler ces phrases percutantes de beauté.

« Donc, si tu aimes cette fille autant que tu le dis, tu ferais mieux de l’aimer très fort et de regagner en intensité ce qui manquera en durée et en continuité. »

Bref, j’ai fini le livre en pleurant à chaudes larmes, parce que Hemingway a réussi à maintenir l’espoir jusqu’à la fin. Et je me suis dit que j’étais indéniablement devant un chef-d’oeuvre, quelque chose qui fait du bien, parce que si proche des émotions humaines, complexes, mais décrites dans une grande simplicité. Peut-être que la simplicité est la seule façon de parler des émotions sans les trahir.


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Anne-Marie vient tout juste de terminer une maîtrise en sociologie et elle prépare un doctorat dans le même domaine. Elle se spécialise en sociologie de la littérature parce qu'elle est convaincue que les livres sont bien plus qu'un tas de feuilles reliées ensemble, plus qu'un divertissement, elle pense qu'ils sont les témoins d'un époque et des guides pour leurs lecteurs. Anne-Marie a toujours un livre avec elle, juste au cas, on ne sait jamais à quel moment on aura besoin du secours de la littérature. Elle aurait voulu être BFF avec Jane Austen.

Un commentaire

  1. Amélie says

    – Embrasse moi un peu!
    – Je ne sais pas.
    – Embrasse-moi tout simplement.
    Elle l’embrassa sur la joue.
    – Non
    – Qu’est ce qu’on fait du nez? Je me suis toujours demandé ce qu’on faisait du nez!

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