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Le vent en parle encore de Michel Jean : un roman qui vient nous toucher droit au coeur.

Dernièrement, je suis tombée sur un roman de l’auteur et journaliste innu, Michel Jean, intitulé Le vent en parle encore. Pour être honnête avec vous, en terminant ma lecture, étant assez chamboulée, cela m’a pris du temps pour me remettre de mes émotions. C’est sans aucun doute un des romans les plus difficiles que j’ai eu à lire. Difficile parce qu’il touche un sujet sensible, d’autant plus qu’il est basé sur des faits véridiques. Mais j’ai envie de vous parler de ce que j’ai ressenti lors de ma lecture. Résumé  Le roman raconte l’histoire de trois jeunes innus, Virgine, Marie et Thomas, envoyés au pensionnat de Fort George, île se situant dans la Baie-James, dans les années 1930. Près de sept décennies plus tard, une jeune avocate tente de les retrouver afin qu’ils puissent obtenir une indemnisation à laquelle ils ont droit. Mais la question se pose : qu’est-il advenu des trois adolescents? « Kill the Indian in the Indian child »  Comme mentionné précédemment, Michel Jean aborde dans Le vent en parle encore une période sombre, soit …

Les récits de correspondances : entre indiscrétion et fascination

Quand j’étais adolescente, ma meilleure amie avait un chalet à la campagne, où nous passions nos étés. La maison avait appartenu à son arrière-grand-père. Je me souviens clairement d’une photo de son aïeul, accrochée au mur du salon : il posait devant le chalet, assis sur sa vieille chaise berçante, avec sa moustache et son chapeau, le regard au loin. Son regard était énigmatique : on n’aurait su dire s’il était triste, confiant ou serein, mais sa photo avait toujours fait partie du décor alors on ne se posait pas trop de questions… Jusqu’au jour où, par une journée pluvieuse, la mère de mon amie sortit une vieille valise du grenier. En l’ouvrant, nous découvrîmes un trésor : de vieilles lettres, des journaux intimes, des morceaux de correspondance… Le tout soigneusement conservé, nous révéla-t-on, par la deuxième femme de son grand-père. Nous venions de percer une partie du mystère qui se cachait derrière le regard de l’homme sur la photo. Une phrase parmi toutes celles que nous avons lues ce jour-là me revient en mémoire  : Je suis …

Club de lecture : Les faux mouvements

Mardi soir, le 17 octobre. 17h30, au café La graine brûlée, il fait déjà presque noir à l’extérieur. Peut-être dit-on ça de chaque endroit – signe qu’on choisi bien nos cafés – mais La graine brûlée est vraiment l’un des cafés les plus plaisants pour y tenir un club de lecture. Entourées de livres usagés tous un peu plus drôle les uns que les autres – si vous voulez tous les livres de Twilight, c’est LA place – c’est dans cette ambiance un peu loufoque qu’on se retrouve donc pour parler de notre second livre de la session, Les faux mouvements de Emmanuel Bouchard. Les qualificatifs qui ressortent pour parler du recueil de nouvelles de Bouchard sont : doux, sensible, atmosphère, émotions. Bref, on aurait pu aussi résumer en disant que c’est un roman qui se lit bien en automne. Du moins, c’est l’effet qu’il nous a fait. De la couverture aux diverses nouvelles, c’est vraiment cette attention aux détails et cette douce sensibilité dont fait preuve l’auteur qui a capté l’attention des participantes. Alors, est-ce que …

Pleurer à la fin d’un Hemingway

Quand j’étais plus jeune, je pensais que la qualité d’un livre se mesurait par le nombre de larmes que je versais. Plus je pleurais, meilleur le livre était. J’avais un faible particulier pour les histoires d’amour où le gars meurt à la fin, ce qui inquiétait beaucoup ma mère. Avec le temps, mes critères ont changé et je n’ai plus eu besoin de pleurer toutes les larmes de mon corps pour donner le titre de chef-d’oeuvre à un roman, mais il reste toujours une partie de moi qui est profondément satisfaite lorsqu’un livre me fait monter les larmes aux yeux. Voilà ce à quoi je pensais lorsque j’ai tourné la dernière page de Pour qui sonne le glas, des larmes brûlantes roulant sur mes joues. Ernest Hemingway est l’auteur qui m’a fait comprendre que le simple peut être beau, profondément touchant et même grandiose. « Dans une tempête de neige, le vent peut souffler en rafales; mais il souffle une pureté blanche et l’air est plein de courants de blancheurs : tout est transfiguré et, quand …

Ces livres peuvent changer votre vie; prescriptions littéraires

Les livres qui traitent de bibliothérapie, il y en a de plus en plus. Après le fameux The novel cure, est sortie une panoplie de livres proposant des lectures pour chaque occasion, moment et émotion. C’est justement ce que propose Ces livres peuvent changer votre vie; 100 prescriptions de bibliothérapie; les intentions de cet ouvrage ne pourraient être plus claires. Ce petit livre rouge (faisant écho à The novel cure) est signé d’une préface d’Agnes Ledig, auteure française à succès. Les prescriptions littéraires sont, pour leur part, recueillies par Élodie Chaumette, à la fois psychologue et lectrice. Le recueil est séparé en dix chapitres touchants des facettes typiques à la recherche de bien-être et à nos quotidiens : être heureux, traverser des épreuves, élargir sa vision du monde, apprivoiser ses émotions, prendre le temps, etc. À travers ces vastes sujets, l’auteure nous propose mille et une circonstances et situations, parfois cocasses, parfois plus sérieuses, qui font écho à chaque catégorie. Pour chaque livre, vous trouverez une courte présentation suivie de pistes de lecture et d’une …

Anima, ou la quête pulsionnelle des origines

Il y a quelques années, j’ai visionné le film québécois Incendies, réalisé par Denis Villeneuve. La fin m’a vraiment secouée, car elle m’a forcée à aller ailleurs, dans une zone sombre dont je n’anticipais pas l’existence; j’y pense encore régulièrement, car comme certains d’entre vous le savent déjà, j’adore être bouleversée par l’art. J’ai par la suite appris qu’il s’agissait d’une adaptation de la pièce du même nom, écrite par l’auteur Wajdi Mouawad. N’éprouvant pas vraiment de plaisir à lire du théâtre (je préfère, de loin, assister à une pièce pour en savourer le texte porté par les comédiens), je n’avais jamais été tentée de découvrir les écrits de Mouawad. C’est plutôt quand il a fait paraître le roman Anima, en 2012, que je me suis lancée pour la première fois. « Lorsqu’il découvre le meurtre de sa femme, Wahhch Debch est tétanisé : il doit à tout prix savoir qui a fait ça, et qui donc si ce n’est pas lui ? Éperonné par sa douleur, il se lance dans une irrémissible chasse à l’homme …

La joie d’être…humain!

Je l’avoue : je suis une perfectionniste. Bon, okay, je ne le suis pas du tout en ce qui concerne le ménage, la cuisine ou « insérez ici toute tâche qui m’exaspère et me donne envie de crier » ; cependant, en ce qui concerne mes relations avec les autres, mon écriture, mes travaux académiques ou mon travail, j’ai tendance à toujours me mettre la barre haute. Si vous êtes comme moi, lire ici « exigeant envers vous-mêmes », vous avez peut-être tendance à culpabiliser lorsque vous pensez à certaines choses, agissez d’une certaine façon ou brûlez d’envie d’adopter un comportement qui ne cadre pas du tout avec ce que les autres perçoivent de vous. Vous vous sentez peut-être menacé par une personne que vous aimez beaucoup qui tente d’entrer dans votre cercle d’amis ; vous entretenez peut-être de l’agressivité ou du ressentiment à l’égard d’un proche pour qui, en temps normal, vous éprouvez une grande affection ; vous vous considérez peut-être comme une personne pacifique et vous ne comprenez pas pourquoi il vous prend …