Littérature québécoise
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Les blessures d’un fantôme racontées par Ying Chen

Ying Cheng a déjà fait paraître plus d’une dizaine d’ouvrages, mais au moment de lire Blessures, son dernier roman, je n’avais lu aucun de ceux-ci. Maintenant que j’ai fait connaissance avec l’œuvre de Ying Chen, j’ai l’intention de lire davantage de ses romans, car j’ai trouvé ma lecture agréable, et son style et son approche uniques.

Blessures aborde la vie d’un médecin né en Occident qui se rend soigner des blessés dans une guerre révolutionnaire à l’autre bout du monde. L’auteure nous raconte les errements du fantôme de celui-ci plusieurs années après sa mort alors qu’il retourne sur les lieux où, dans des conditions rudimentaires, il soignait des blessés sur le front. Bien que son nom ne soit jamais mentionné, la vie de l’homme dont il est question ressemble à celle de Norman Bethune.

Pour ceux qui ne connaissent pas Norman Bethune, il s’agit d’un chirurgien canadien qui, en 1938, se rend en Chine alors que la guerre sino-japonaise est en cours. Dans une région rurale reculée de ce pays, il forme des soignants, opère des blessés et installe des hôpitaux. Il meurt le 13 novembre 1939 d’une septicémie provoquée par une coupure au doigt. À la suite de sa mort, Mao Zedong fait de lui un héros de la révolution chinoise. En Chine, il est remémoré comme une légende alors qu’au Canada, en raison de son étiquette de communiste, plusieurs années s’écoulent avant que ses accomplissements ne soient reconnus.

Dans Blessures, l’auteure dépeint des scènes qui se sont déroulées au temps où le médecin soignait des blessés sur le front, mais elle suit aussi son fantôme. Ce dernier observe d’un œil critique la modernisation de la Chine, rencontre les personnes qu’il a côtoyées autrefois sur le champ de bataille et revient sur les tourments personnels qui l’ont habité de son vivant. Par l’entremise du fantôme de Bethune, Ying Chen aborde plusieurs sujets à la fois tels que l’évolution de la Chine, le regard que porte l’Occident sur l’Orient, la guerre, l’endoctrinement et les aspirations que porte un individu. Les réflexions sont belles et profondes.

Blessures n’est pas facile à lire, et ce, d’autant plus que le récit transcende les époques. À plusieurs reprises, j’ai dû relire une phrase deux fois pour en saisir le sens, mais heureusement cela n’a pas rendu ma lecture moins agréable. Il faut juste prendre le temps de lire ce roman pour l’apprivoiser, autrement l’on risque de passer à côté de sa beauté. Une fois familiarisé avec le style, on ne peut que se laisser charmer par ce magnifique roman.

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  1. Ping : Nos suggestions de romans tirés de la littérature migrante pour le mois d’avril du défi #jelisunlivrequébécoisparmois | Le fil rouge

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