Bande dessinée et roman graphique
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Ce qui se passe dans la forêt : adolescence et petites violences

Ce qui se passe dans la forêt, en Suède, n’est pas bien différent de ce qui pourrait se passer en forêt ici au Québec. Dans ce roman graphique aux magnifiques images au plomb, on retrouve trois adolescentes suédoises qui explorent les relations avec les garçons, expérimentent avec l’alcool et doivent faire face aux changements qu’apporte l’adolescence.

«Aida Karlsson, une jeune suédoise de quatorze ans, vit à proximité d’une petite ville dans la région du Småland. Elle et ses amies, Tess et Marlène, sont en classe de cinquième et se retrouvent confrontées à de nombreux changements dans leurs relations avec les garçons ; nouvelles règles du jeu, nouveaux comportements, attouchements qui dégénèrent en agressions, relations amour/haine et cette frontière parfois ténue entre les simples jeux d’enfants et la violence… Les trois amies réalisent qu’elles vont devoir s’endurcir pour ne pas perdre leur place dans la nouvelle hiérarchie qui s’instaure dans ce monde où les adultes sont presque perçus comme une menace, un monde où elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes.»

Sous ces allures de récit d’adolescence se cache bien de petites violences. À travers le parcours des trois jeunes filles, on découvre comment elles tentent, tant bien que mal, de naviguer à travers leurs nouvelles relations avec les garçons qui se croient tout permis. Bien qu’il n’y ait pas de profonde réflexion dans le discours des filles, les parcelles de textes qu’on y retrouve et la force des images conviennent à nous faire comprendre l’ampleur des défis et de l’adaptation auquel ces jeunes filles font face pour essayer d’entrer dans le moule.

Les garçons sont les meilleurs, rient des filles et en profitent pour leur faire des attouchements parfois de manière violente et grossière comme si de rien était, une chatouille déplacée par ici, une fesse par là. Comme le quatrième de couverture l’indique, les trois amies se retrouvent prises entre de simples jeux d’enfants et de la violence, sans trop en comprendre les frontières.

Le tout se déroulant sur l’espace d’environ un an, on passe par de petites à de plus grandes violences, dont la perte de la virginité d’une des filles, avec un garçon qui n’a pas voulu arrêter malgré le mal de cette dernière. À travers leurs déboires d’adolescentes, c’est l’amitié qui prévaut et qui leur permet de passer à travers le temps, de la première page où elles discutent des garçons comme d’un concept un peu lointain, jusqu’à la dernière page où elles se rendent, ensemble, à la clinique pour se faire prescrire la pilule contraceptive.

Bien que j’aie apprécié les thématiques ainsi que le style un peu « brouillon » de type crayon à la mine de plomb, la traduction a rendu ma lecture moins agréable. Traduit dans un français très européen, à coup de « fastoche » « mecs » et « putain », j’ai trouvé ça un peu moins crédible, mais ce n’est probablement qu’une question de références culturelles.

Outre cela, c’est une courte lecture qui reste intéressante et qui, à mon avis, dépeint à la fois avec force et subtilité l’adolescence, le sexisme ordinaire chez les jeunes et les petites violences qui passent sous le silence.

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Curieuse depuis toujours, Marjorie s’intéresse à un peu tout, avec un penchant marqué pour les mots, le féminisme, les phénomènes de culture populaire et les mystères de la vie. Elle est bachelière en littérature et cofondatrice du Fil rouge, à travers duquel elle tente de faire son petit bout de chemin, lire le plus possible et surtout, apprendre et connecter avec les autres. Naviguant tant bien que mal à travers la vingtaine, elle trouve ses assises dans la lecture et l’écriture, cherchant toujours à comprendre un peu mieux les contradictions qui rendent la vie intéressante. Elle croit que la littérature fait partie de ces choses qui peuvent changer une vie, la rendre un peu plus douce et mettre un baume là où il faut.

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