All posts tagged: Adolescence

M’étendre sur l’asphalte

«J’ai la tête qui éclate J’voudrais seulement dormir M’étendre sur l’asphalte Et me laisser mourir» «Le monde est stone», Starmania J’étais déjà charmée par le titre du roman jeunesse de Julie Bosman, qui représente la chanson «Le monde est stone», l’une de mes chansons préférées de la comédie musicale Starmania. Je me suis alors demandé si j’allais me retrouver dans un monde digne de Starmania? Ou encore dans une histoire où on retrouve une comédie musicale, ou qui sonne comme une comédie? N’aimant pas lire la quatrième de couverture avant de commencer ma lecture, je me gardais la surprise. Et j’ai rapidement constaté que l’idée du titre vient de l’époque. Je me suis retrouvée dans le corps d’une jeune femme de 12 ans, et dans un univers où on retrouve une petite odeur de fixatif. M’étendre sur l’asphalte parle des douleurs qu’on vit lors de l’adolescence : des premiers amours, des premières passions, des premières frustrations face à nos parents qu’on voudrait tant changer, des amitiés qu’on crée et qu’on perd, des montagnes russes d’émotions… et dans ce cas-ci, …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, lecture, littérature, les livres qui font du bien, livres, Les chars meurent aussi, Marie-Renée Lavoie, Éditions XZY, Classes sociales, féminisme, littérature québécoise, adolescence, maladie, Québec, appartement, rêve, serveuse

Les chars meurent aussi de Marie-Renée Lavoie ou l’importance de revenir à l’essentiel

Laurie est habitée par un double malaise. Celle qui vit avec ses parents dans un petit quatre et demi à Québec a honte de leur vie modeste, de leur travail, l’un garagiste et l’autre surveillante à la guérite d’un stationnement d’hôpital, mais elle éprouve aussi une gêne devant tant de déshonneur envers ces êtres bienveillants qui ne désirent que son bonheur et une vie meilleure pour leur enfant: « Je venais tout juste de découvrir, en le formulant pour la toute première fois de ma vie, que je ne voulais pas ça, que je ne voulais pas finir là. […] Que mon idée de ce qu’était un vrai travail ne s’était jamais accordée à cette prison mal payée. Que j’avais établi, à mon insu, une hiérarchie sociale qui plaçait ma mère tout au fond. Que j’avais peur de ce fond comme d’une maladie honteuse. Et que j’avais confusément honte de ma peur. » (p. 51) Un désir de dépassement Laurie se met souvent à rêver, s’imagine ce que serait la vie dans d’autres circonstances que …

le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; lecture; livres; les livres qui font du bien; Françoise en dernier; Daniel Grenier; Le quartanier; littérature québécoise; aventure; Amérique; adolescence; femmes

Françoise en dernier : l’adolescence en toute liberté

Trois ans après la parution de L’année la plus longue, Daniel Grenier nous conduit à nouveau sur les routes sans fin de l’Amérique avec son ultime roman Françoise en dernier. Cette nouvelle épopée au coeur du territoire américain met en scène Françoise, une adolescente de 17 ans en quête de liberté. Françoise vit une adolescence québécoise plutôt typique de la fin des années 1990 jusqu’au jour où elle trouve dans un salon de coiffure une édition de 1963 du magazine Life qui lui apprend l’histoire d’Helen Klaben. En février 1963, Helen Klaben a 21 ans et survit à un périple de 49 jours dans les forêts du Yukon suite à un écrasement d’avion piloté par Ralph Flores. En prenant connaissance de cet événement, Françoise devient fascinée par Helen Klaben et décide de partir à sa rencontre. Partir à l’aventure  Si vous êtes comme moi, l’envie de partir sur un nowhere vous est probablement déjà passée par la tête dans votre vie, sans toutefois que vous osiez concrétiser cette pensée. Françoise, elle, réalise ce fantasme. On vit donc un …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire, roxane desjardins, les herbes rouges, adolescence, journal intime, poèmes, blessures, amour, peine d'amour, poésie et théâtre

Le bricolage poétique de Roxane Desjardins

Mon coloc a récemment décidé de se débarrasser de presque tous ses livres. C’est dans un bonheur incrédule que je me suis emparée de tout ce qui me passait sous la main. Parmi mes nouvelles acquisitions : Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire de Roxane Desjardins. Ce recueil est arrivé dans ma vie comme un baume sur une plaie ouverte dont je ne soupçonnais pas l’existence. « Comment c’était avant, est-ce que ça m’est vraiment déjà arrivé, d’être confortablement emmitouflée dans les chaudes couvertes de l’enfance. » Enchantement désordonné Visuellement parlant, j’étais déjà conquise. Le recueil est beau, mettant en vedette une illustration à la fois enfantine et étoffée. À l’intérieur, du pêlemêle et du beau. J’avais l’impression, le temps de 93 pages, d’entrer dans l’esprit de Roxane Desjardins et de partager toutes ses blessures, ses joies et ses peines. Le plus bel aspect de ce livre, c’est son ordre incertain, ces choix que nous avons à faire tout au long de notre lecture. C’est que chaque poème a sa construction particulière, qui …

annabelle, Stéphanie Deslauriers, Guy Saint-Jean Éditeur, C ma vie, adolescente, adolescence, acceptation, premier amour, amitié, meilleure amie, comportement, littérature, littérature jeunesse, littérature québécoise, livre, lecture, bibliothérapie, les livres qui font du bien, le fil rouge, le fil rouge lit, littqc,

Dans la tête d’Annabelle

Annabelle est une ado comme les autres : elle a sa meilleure amie depuis toujours, se découvre une passion pour la danse hip-hop, obéit à ses parents même si ça ne fait pas toujours son affaire et surtout, elle cherche à plaire à tout le monde. Comportement typique, on est tou.te.s passé.e.s par là, n’est-ce pas? Plaire à tout prix Quand Éric, le plus beau gars de l’école, commence à s’intéresser à elle, Annabelle est prête à tout pour lui plaire, même si cela implique de ne pas écouter les conseils de son amie de toujours, Léa. Pour attirer l’attention du beaaauuu Ériiiiic, Annabelle ira même jusqu’à changer sa personnalité, s’acheter de la lingerie et aller dans un party où les jeunes boivent de l’alcool et fument des joints. Quand elle réalisera qu’Éric s’est servie d’elle, elle tentera tout de même de l’excuser. Il ne l’a pas fait exprès, ce n’était pas son intention. Le personnage d’Annabelle vit un cheminement difficile au pays de l’acceptation de soi et l’autrice de ce récit nous guide d’une …

Nos vies parallèles

L’amour. Ou plutôt cet ardent désir de posséder, de donner et de désobéir à notre conscience pour laisser nos maux nous guider. Cet état qui nous enivre ou nous envenime, qui désamorce tous nos processus de défense et nos convictions les plus creuses. Cette emprise qui réchauffe chaque parcelle de nos corps, qui fait de nous des êtres à la fois puissants et vulnérables. Ce drôle de sentiment qu’est l’amour… Lorsqu’on l’accepte, on sait déjà qu’il n’y aura plus aucune chimère semblable. Car l’amour n’est pas une continuité, c’est une histoire unique. Le passé, le présent et le futur ne s’appliquent plus. L’amour est intemporel. Et puis il y a aussi le premier. Celui qui nous définit, qui nous semble impossible à affronter. C’est celui qui nous hante encore aujourd’hui, à moitié éveillé de ce mélange d’émotions. On ne s’en remet jamais complètement. Bien que conscients du pouvoir de cet éloge, nous refoulons souvent notre élan sentimental. De peur d’avouer mes faiblesses, j’ai très longtemps boudé les romans pouvant susciter ce genre d’éveil en moi. …

lefilrougelit, Adolescence, Éditions Philippe Picquier, Bibliothérapie, je veux devenir moine zen, Le fil rouge, les livres qui font du bien, littérature, littérature japonaise, livres, Miura Kiyohiro, parentalité

Je veux devenir moine zen ! ou l’art de laisser grandir

Ryôta est un enfant turbulent, bagarreur, mauvais élève et très doué pour s’attirer des ennuis. Son père, qui pratique le zen tous les dimanches, décide donc de l’emmener avec lui au temple pour ses heures de pratique. Dans ces moments, il est alors un tout autre enfant, calme, introverti, obéissant. Un dimanche matin, alors qu’il n’a que 8 ans, Ryôta annonce à son père qu’il souhaite devenir moine, et lui demande de l’aider dans les démarches à accomplir. C’est pile là que ce court roman m’a étonnée, car, malgré ce que le titre m’a laissé croire, l’auteur ne me racontera pas l’histoire de Ryôta. Enfin, pas tout à fait… De la difficulté d’être parent Il s’agit plutôt de l’histoire de ses parents, et de toutes les difficultés qu’ils vont rencontrer à partir de l’annonce de sa vocation et pendant les années qui vont suivre. Pour commencer, comment réagir à une telle annonce, faite en plus par un enfant aussi jeune ? Puis, les années passant et l’enfant s’affirmant, comment réagir face à ses convictions, mais aussi …

littérature jeunesse, turtles all the way down, tortues à l'infini, john green, troubles anxieux, trouble obsessif compulsif, le fil rouge, le fil rouge lit, livre, lecture, livre jeunesse, les livres qui font du bien, nouveauté,

John Green conquiert à nouveau notre cœur avec Tortues à l’infini

J’ai toujours un peu souffert d’anxiété, ce n’est un secret pour personne… mais ça l’a déjà été pour moi. Quand j’étais adolescente, je me demandais constamment si c’était normal, de ressentir autant les émotions, d’avoir besoin de me retrouver seule aussi souvent (quitte à aller m’isoler dans un cubicule du département de musique de ma polyvalente pour être loin des gens, du bruit et des situations sociales). J’angoissais à l’idée d’aller dans des partys (durant lesquels je finissais quelques fois dans un coin, à écouter de la musique sur mon disque-man pour me couper des gens et « recharger mes batteries »). J’aurais aimé tomber sur un auteur aussi compréhensif que John Green pendant mon adolescence. Je dois avoir lu absolument toute son œuvre, et chaque fois, je me reconnais un peu dans ses personnages qui sont si foncièrement… humains. Avec des doutes, des défauts, des peurs, et, dans le cas du personnage principal de son dernier roman Tortues à l’infini, de troubles obsessifs compulsifs dus à une grande anxiété. Aza est une adolescente qui souffre d’une …

maxime billie sarah-maude beauchesne hurtubise littérature jeunesse littérature québécoise adolescent

Oh, Billie

Je lis en marchant. Ça fait toujours réagir les gens. On m’arrête souvent pour me demander comment je me débrouille ou si je n’ai jamais eu d’accident en pratiquant cette activité controversée. Vous serez peut-être surpris de l’apprendre, mais j’arrive à lire tout en anticipant la présence des obstacles, les feux rouges ou les gens à ne pas bousculer. Lire en marchant, sans jamais faire d’accident, j’en étais plutôt fière. Jusqu’à Maxime. Par trois fois, lors de ma lecture, j’ai failli. Un poteau d’arrêt, un cycliste et un piéton qui marchait dans ma direction ont risqué un face à face malheureux avec ma personne, trop captivée par les mots que je dévorais. Parce que je n’arrivais pas à détacher mes yeux de ce roman aux couleurs vives et attrayantes — le troisième, et dernier, de la trilogie de Beauchesne, qui met de l’avant le personnage attachant de Billie Fay — mes superbes statistiques sont tombées à l’eau. Dans ce troisième tome, Billie déménage avec sa meilleure amie, poursuit le Cégep, vend des grilled-cheese dans un …

Retirer un terme : roman graphique roman graphiqueRetirer un terme : le fil rouge lit le fil rouge litRetirer un terme : les livres qui font du bien les livres qui font du bienRetirer un terme : l'une pour l'autre l'une pour l'autreRetirer un terme : adolescence adolescenceRetirer un terme : viol violRetirer un terme : violence violenceRetirer un terme : famille familleRetirer un terme : amour amourRetirer un terme : l'importance de l'amitié l'importance de l'amitiéRetirer un terme : bibliothérapie bibliothérapieRetirer un terme : Hilding Sandgren Hilding Sandgren

L’unE pour l’autrE : ensemble, envers et contre tous

Il y a quelques mois, nous avions reçu, en service de presse, un roman graphique bien intrigant. D’un trait foncé, gras, au plomb, l’œuvre de l’auteure et illustratrice Hilding Sandgren m’avait alors transportée dans l’univers de trois pré-adolescentes aux sens éveillés qui ne savaient pas encore faire la différence entre jeux d’enfants, caresses non-désirées et limites. C’était fort et doux à la fois, violent et touchant. J’ai donc été agréablement surprise lorsque nous avons reçu la suite de Ce qui se passe dans la forêt, L’unE pour l’autrE. Dans cette suite, on retrouve les trois mêmes personnages, quelques années plus tard. Aïda, Marlène et Tess ont 16 ans et font l’expérience de la vie, ensemble ou chacune de leur côté. Encore plus que dans le premier tome, c’est l’amitié qui a le rôle principal. Une continuation  J’avais quelques réticences, sachant que la mauvaise traduction très franchouillarde m’avait déplu auparavant. Ce fût aussi le cas dans l’unE pour l’autrE. C’est destiné à un public très européen et ça parait. Mais bon, une fois qu’on s’y attend, on …