Littérature québécoise
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La marche en forêt: un hommage à la famille

« C’est un homme qui marche sur des sentiers qu’il ne connaît pas et qui, à chaque embranchement, choisit le plus étroit des chemins. »

C’est ainsi que commence La marche en forêt, le premier roman de Catherine Leroux. L’auteure nous lance ainsi sur les chemins de traverse d’une histoire familiale. Elle les a si bien tracés qu’on y avance, l’esprit curieux, sans la moindre crainte de se perdre. Et elle nous incite à les suivre, au fil des pages, jusqu’au bout de l’histoire.  

Le nom de Catherine Leroux était sur les lèvres de tous les critiques littéraires, cet automne. La version anglaise de son deuxième ouvrage (Le mur mitoyen) était alors en lice pour le prix Giller, une récompense attribuée au meilleur roman canadien publié en anglais. Je ne la connaissais pas du tout, cette Catherine Leroux. Titillée – et aimant faire les choses dans l’ordre —, j’ai abordé le travail de l’auteure par son premier roman.

Bien des sujets sont abordés dans cette plaquette de 293 pages: la force des liens, l’amour, le désir, l’Alzheimer, les choix de fin de vie ou encore les secrets bien enfouis que l’on n’ose pas déterrer. Les thèmes sont sombres, mais l’écriture est précise et lumineuse.

La famille Brulé ressemble à la mienne, et sûrement à la vôtre, avec ses petits et ses grands drames : le décès de la grand-mère; le grand-père qui se remarie trop vite; la tante qui cherche du réconfort dans l’hypnose, le reiki et le rebirth; l’aïeule à la vie hors des convenances de son époque; la cousine qui laisse son mari pour changer de vie ou la souffrance des parents dont le fils se retrouve en prison. On s’y reconnait et on s’attache.

Les Brûlé sont présentés, presque un a un, avec finesse  :

« C’est l’histoire d’un homme qui n’éprouve aucun remords. Il se sonde, palpe son front et son ventre creux, il fouille les replis de son être, mais n’en décèle pas la moindre trace. » 

« C’est l’histoire d’une femme née à même le sol, à une époque où il n’était pas de bon augure de naître hors d’un lit. »

On découvre leur identité ou leur place dans la famille au fil des pages. Le procédé fonctionne et attise la curiosité.

L’auteure fait aussi des coupures dans le récit. Dans ces sections de chapitre où le temps s’arrête, Catherine Leroux redonne vie à un objet, celui que l’on ignore malgré le rôle central qu’il tient dans l’histoire de presque toutes les familles: la boite de photos enfouie au fond de la garde-robe, le manteau indestructible porté d’une génération à l’autre, ou la lampe du salon qui guide les égarés :

« C’est une lampe que l’on garde allumée en tout temps. […] Une lumière qui permet même à ceux qu’on croyait perdus de revenir, même à ceux qui étaient partis pour toujours. Ils sont nombreux à être rentrés tard, ivres, coupables, à avoir franchi le seuil pour être aussitôt pardonnés. La lampe donne l’absolution, tant qu’on veut bien revenir, tant qu’on se souvient de trouver la clé sous le paillasson, d’enlever ses chaussures, de boire une tisane pour se calmer avant de dormir. Tant qu’on connaît la consigne : barre la porte, mais laisse la lampe allumée. Au cas. »

La marche en forêt est une histoire à la fois douce, chaleureuse et forte. À lire quand la famille nous manque.
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