Littérature étrangère
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50 ans d’amitié pour Les Suprêmes

En bouquinant au dernier Salon du livre de Montréal, je suis tombée sur ce roman, Les Suprêmes d’Edward Kelsey Moore, et sans n’en avoir jamais entendu parler, j’ai eu envie de le lire. La couverture comme la description m’ont plu, mais je ne l’ai pas acheté. Je l’ai donc reçu lors d’un échange de cadeaux de Noël et vraiment, j’étais contente d’avoir noté le titre parce que j’ai passé un agréable moment de lecture avec ces trois Suprêmes.

Les Suprêmes, c’est le surnom qu’on a donné à trois grandes amies : Odette, Clarice et Barbara-Jean et c’est inspiré d’un célèbre groupe de musique du même nom. Amies depuis 50 ans, on suit ces trois femmes divertissantes, pour le moins qu’on puisse dire, dans les épreuves de leur vie et dans le quotidien de chacune. Je m’attendais à un roman plus sérieux. J’avais en tête l’idée d’être plongée dans un roman engagé qui me ferait réfléchir, voire apprendre. Tout cela est arrivé, mais ce qui m’a surprise fut l’absurdité et l’humour qui transcendent les événements souvent tragiques du roman. Je n’avais pas pensé autant sourire et rire en commençant ma lecture. Or, la narration comme les dialogues sont incroyablement drôles et nous font découvrir des personnages qui n’ont pas toujours la langue dans leur poche!

« Je tentai d’expliquer à Clarice que je me sentais toujours plus mal en sortant de son église que lorsque j’y étais entrée… Profondément exaspérée Clarice me regarda comme si j’avais perdu la raison et rétorqua : « mais enfin Odette, se sentir mal par rapport à soi-même, c’est pour ça qu’on va à l’église ». »

Comme quoi peu importe ce que la vie vous réserve, avoir de bonnes amies à ses côtés change tout. Dans ce roman, il y a du vrai drame, de la vraie douleur : perte d’un enfant, cancer, alcoolisme, racisme et infidélité. On finit toutefois notre lecture avec le sourire et en soi, c’est un excellent signe!

Ces trois amies ont un lieu de rencontre depuis tout ce temps, le restaurant de leur cher ami Earl dans une petite ville de l’Indiana, où elles se confient, s’épaulent et s’aiment. Malgré les différences et les épreuves, j’ai trouvé belle l’image de leur inégalable amitié, plus forte que tout.

Parmi ces trois quinquagénaires afro-américaines, il y a Odette, une des narratrices, qui est atteinte d’un cancer et qui discute tout bonnement avec les morts. Il y a aussi la magnifique et alcoolique Barbara-Jean qui a perdu son petit garçon et qui porte en elle un terrible secret. Et finalement, il y a Clarice, la musicienne qui ose enfin sortir son infidèle de mari de la maison et ainsi, se retrouve peu à peu. Elles sont imparfaites, mais s’aiment par-dessus tout. Elles sont parfois un peu clichées, mais sont habitées d’un lien plus fort que tout et c’est ce qui m’a le plus plu de ce roman traduit de l’anglais.

J’ai trouvé admirable leur lien, et ce dans les plus grands drames, parce que malgré le côté humoristique, il reste que Les Suprêmes vivent aux États-Unis dans les années ’60 jusqu’aux années 2000 et qu’ainsi, elles sont clairement victimes de discrimination raciale sous toutes formes. Cet élément a pourtant été moins exploité que je le croyais, mais il reste qu’on ressent et côtoie cette inégalité dans une petite ville où l’amitié tout comme l’amour entre un noir et blanc n’étaient malheureusement pas possibles, notre chère Barbara-Jean l’apprendra à la dure.

Bref, Les Suprêmes est un bon roman divertissant qui fait tout de même réfléchir et qui nous fait rire par ses répliques sanglantes et bien senties. Le personnage qu’on suit de plus près est Odette, qui va mourir d’un cancer et est sans doute celui auquel on s’attache le plus (et à sa mère morte qui vient lui rendre visite et qui a des répliques en or qui font sourire!). Pour ce qui est des autres femmes, on les suit un peu plus à distance, ce qui ne m’a pas permis de m’attacher autant à elle. J’ai aussi appris qu’il y aura une suite et je pense bien m’y plonger lors de sa sortie, parce que malgré toutes les petites faiblesses parfois trop loufoques, on a un peu l’impression, nous aussi, de faire partie des secrets des Suprêmes.

Avez-vous déjà lu ce roman? Et sinon, quels sont vos romans préférés qui traitent d’amitié qui dure pendant des décennies? 

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