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S’exiler sur Tatouine avec Jean-Christophe Réhel

Exposer la subtile beauté du banal, voilà l’exploit que réalise Jean-Christophe Réhel  avec la publication de Ce qu’on respire sur Tatouine. Dans ce roman sans chapitres, on suit le quotidien du narrateur, qui entrelace des épisodes réels de sa vie à des éléments fictifs, dans la plus pure tradition de l’autofiction. Entre un emploi de commis au Super C, une chambre louée dans le sous-sol d’un bungalow à Repentigny et une virée à New York arrosée de crème de menthe, Jean-Christophe Réhel nous dévoile l’unicité de l’anodin, le tout avec la chanson Fell in love with a girl qui résonne en permanence dans nos oreilles. Ode à la solitude sur fond de fantasme starwarsien Il se dégage de ce récit du quotidien une constante impression d’être dans la tête de l’auteur; on accompagne ses pensées, souvent incongrues, parfois incroyablement poétiques. Cette sensation de s’introduire dans l’intimité de l’auteur – qui avoisine le voyeurisme – dévoile aussi l’ampleur de sa profonde solitude. Partout où il va, le narrateur ne semble jamais complètement à sa place, il ne cadre pas …

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Chroniques d’une anxieuse : hypocondriaque

Tous les bobos m’appartiennent. Quand j’en vois un sur le net, il devient mien. Sang dans les selles, pipi foncé, toux, mucus pogné dans la narine droite, mal de cœur, acné, gonflement du bedon et envie de chier à toutes les demi-heures. C’est moi ça : j’pense que j’ai le cancer, l’hépatite B et une maladie incurable assez obscure qui n’a été répertoriée qu’en 1956 au Zimbabwe. Je me donne cinq mois à vivre, gros max. C’est une belle activité d’après-midi de lire nos symptômes sur internet. Pas malsaine du tout. La peur d’avoir toutes sortes de maladies, je l’ai ça. Je suis hypocondriaque. Je me dis souvent que si j’avais vécu au dix-septième siècle, je serais sûrement décédée avant mes vingt ans. Je sais pas trop pourquoi. J’ai juste l’impression que mon corps n’est pas fait pour endurer la vie. Endurer mon stress. Aucun corps n’est assez résistant pour survivre à une dose aussi élevée d’hormones-angoissées-prêtes-à-péter-au-frette. Ça va le tuer à petit feu et me rendre folle par la même occasion. Plus tard, je serai …

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Une autrice et son oeuvre : Vickie Gendreau

Vickie Gendreau est une romancière québécoise née en 1989, et décédée à 24 ans d’une tumeur au cerveau. Connue dans le milieu de la poésie au Québec, elle a publié deux romans à saveur autofictionnelle : le premier est paru juste avant son décès, et le deuxième de manière posthume. C’est que la maladie a frappé rapidement, et à l’improviste : Vickie Gendreau, 23 ans, débordante d’énergie, vivait sans retenue quand le diagnostic est tombé. C’est alors que l’urgence d’écrire s’est imposée, car elle considérait que c’était la seule manière de rassembler les méandres de sa vie pour leur donner un sens. Onze mois plus tard, elle s’éteignait. L’écriture aura été pour elle une bouée qui lui permettait de s’accrocher, de respirer. Et surtout, elle était pour elle la seule trace de son passage sur terre. Testament (2013) Testament, sa première publication, s’impose donc comme un legs. L’écriture, inspirée notamment de celle de Virginia Woolf, se fragmente entre la voix moqueuse de l’autrice et celles de ses amis qui réagissent à sa mort. Vickie Gendreau a voulu …

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N’essuie jamais de larmes sans gants : quand l’amour transcende la mort

Rares sont les livres qui font l’unanimité. J’ai pourtant l’impression que celui-ci fait partie de cette catégorie, la catégorie des livres qui marquent chaque et unique lectrice et lecteur qui a le bonheur et le privilège de se faire raconter cette histoire. Par l’universalité qui transcende l’oeuvre et qui la fait briller, un peu plus fort, dans les bibliothèques et les cœurs, je crois que ce roman, N’essuie jamais de larmes sans gant, sera dans le top 5 de mes lectures marquantes de 2018. Gagnant du prix des libraires du Québec (et d’une tonne d’autres prix aussi!), c’est chez Alto qu’il a été publié au Québec. Cette lecture m’aura fascinée du début à la fin et m’aura donné envie de ralentir le temps, de rester encore un peu plus longtemps dans ce récit qui pourtant n’est pas court. C’est plus de 800 pages que nous offre l’auteur avec ce roman et sincèrement, j’en aurai pris plus. Je me suis tellement attachée aux personnages que j’ai refermé cette brique le coeur pilé et les yeux humides. « …

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Je ne sais pas penser ma mort : un essai qui résonne

Dès que j’ai aperçu Le titre Je ne sais pas penser ma mort, j’ai su que je désirais lire cet essai. C’était plus fort que moi, mon attention avait été piquée. Il faut dire aussi que j’aime ce que font les Éditions La Peuplade et que je trouvais le bouquin fort joli, ce qui ne nuit pas, du moins pour ma part. Cet essai regroupe plusieurs textes et réflexions que l’auteure Marisol Drouin a écrits à la suite de l’abandon de son roman sur lequel elle travaillait depuis cinq ans. Elle se met donc à écrire plus librement, sans contraintes et sans attentes; c’est ce qui a donné Je ne sais penser ma mort. Un essai plein d’honnêteté qui résonne en moi, depuis la fin de ma lecture. On se retrouve devant des textes qui n’ont pas nécessairement de linéarité les uns avec les autres, mais c’est grâce à la voix de l’auteure, grâce à sa plume sincère et engagée, que je me suis vue lire ce livre en quelques petites heures. Tout d’abord, c’est …

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Nous sommes belles, avec ou sans cheveux : « D’où je me trouve » d’Alexandra Gendron-Deslandes

J’ai la même coupe de cheveux depuis des années. Ma tentative de les faire pousser est aboutie à un retour à la même tête, car pourquoi changer une formule gagnante? Pourtant, j’ai toujours trouvé ça plate, d’avoir la même coupe, et de ce fait, je me suis souvent entendu dire: « Ah, je me raserais tellement les cheveux, ce serait moins compliqué! » Mais après ma lecture du récit D’où je me trouve, ma réflexion a bien changé. Alexandra Gendron-Deslandes avait initialement l’intention de faire un documentaire sur les femmes ayant subi une perte de cheveux, ou celles qui ont pris la décision de se raser la chevelure. C’est après avoir elle-même traversé cette réflexion, puis avoir décidé de passer à l’action, que l’auteure a voulu rencontrer d’autres femmes afin de connaître leurs sentiments, leurs perceptions et leurs questionnements pour, écrit-elle, « sonder comment l’absence de cheveux avait fait événement dans [leur] vie ». Alexandra a ensuite reconstitué ces entretiens sous forme de fragments, par séquence, tel un montage documentaire. Or, ce montage est demeuré papier, est devenu un « documentaire …

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« J’suis jamais malade en été d’habitude » : Rencontre avec l’auteure et comédienne Patricia Rivas

Il y a déjà quelques semaines, j’ai assisté avec Marjorie à la représentation de la pièce de théâtre J’suis jamais malade en été d’habitude. Nous avons été incroyablement et positivement surprises de cette pièce racontant l’histoire d’une jeune femme qui apprend qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques. Avec beaucoup de sensibilité et d’humour, on suit cette jeune fille dans ses questionnements personnels lors de l’annonce de sa maladie à ses proches, puis dans son acceptation de cette maladie. La comédienne principale, Patricia Rivas, est tout à fait remarquable; elle a un regard très communicateur qui nous entraîne rapidement dans le récit. Elle est aussi l’auteure de cette pièce et est elle-même atteinte de la sclérose en plaques. J’ai été vraiment touchée et inspirée par son courage et son talent et j’ai donc eu envie de m’entretenir avec elle pour en savoir plus sur son processus créatif. Je vous invite fortement à suivre la page Facebook de la pièce pour être informé des prochaines représentations; ça vaut vraiment la peine de se déplacer!   …

Ma grand-mère lectrice, mon modèle

Alors que je referme les dernières pages de La Femme qui fuit, ma grand-mère maternelle entre à l’hôpital, suite à une vilaine chute. S’enchaînent ensuite les infections, les complications, la médication. Elle sera transférée dans une chambre à elle, après un petit tour aux soins intensifs. Elle prend du mieux, heureusement pour nous, ma famille et moi. Mais elle nous a fait si peur. Au moment d’écrire ces lignes, je suis à son chevet et la regarde dormir. Je me remémore ma lecture du roman de Barbeau-Lavalette, puis je me dis que la vie est drôlement faite, quand même. La lecture de La femme qui fuit m’a profondément interpellée, bouleversée : si Anaïs Barbeau-Lavalette tente de recoller sa grand-mère à l’aide des mots, des souvenirs d’elle, celle qui a abandonné sa mère et son oncle alors qu’ils étaient encore enfants, moi, petite-fille de deux grands-mamans, me suis sentie complètement à l’opposé. Mes grands-mères sont loin d’avoir fui; j’ai été choyée, enfant, de les voir à chacun de mes anniversaires et de passer des journées à être …

50 ans d’amitié pour Les Suprêmes

En bouquinant au dernier Salon du livre de Montréal, je suis tombée sur ce roman, Les Suprêmes d’Edward Kelsey Moore, et sans n’en avoir jamais entendu parler, j’ai eu envie de le lire. La couverture comme la description m’ont plu, mais je ne l’ai pas acheté. Je l’ai donc reçu lors d’un échange de cadeaux de Noël et vraiment, j’étais contente d’avoir noté le titre parce que j’ai passé un agréable moment de lecture avec ces trois Suprêmes. Les Suprêmes, c’est le surnom qu’on a donné à trois grandes amies : Odette, Clarice et Barbara-Jean et c’est inspiré d’un célèbre groupe de musique du même nom. Amies depuis 50 ans, on suit ces trois femmes divertissantes, pour le moins qu’on puisse dire, dans les épreuves de leur vie et dans le quotidien de chacune. Je m’attendais à un roman plus sérieux. J’avais en tête l’idée d’être plongée dans un roman engagé qui me ferait réfléchir, voire apprendre. Tout cela est arrivé, mais ce qui m’a surprise fut l’absurdité et l’humour qui transcendent les événements souvent …