Poésie et théâtre
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Dans l’intimité des Reines

Publiée le 1er janvier 1991, Les Reines de Normand Chaurette est sans le moindre doute une pièce de théâtre surprenante, tant par son style d’écriture particulier, que par l’histoire rocambolesque.

Une atmosphère obscure pour une famille obscure 

Plongée à l’intérieur d’un palais londonien en 1483, la pièce présente six femmes affolées dans un univers pesant où toutes convoitent le trône d’Angleterre. La reine Elisabeth, les sœurs Anne et Isabelle Warwick, la reine Marguerite, Anne Dexter et la vieille duchesse d’York âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans sont représentées toutes plus angoissées et affolées les unes que les autres.

Je dois avouer que suivant ma lecture, je reste dans un état dubitatif. Certaines choses m’ont absolument séduite, par contre, l’histoire semblait par moment quelque peu complexe à suivre; peut-être par le style d’écriture s’appropriant le vocabulaire de l’époque, ou la façon dont elle est écrite, ou l’agitation parfois « mêlante » des personnages. Il reste que l’histoire m’a plu, elle me rappelle les pièces de Shakespeare dont j’ai toujours aimé l’écriture.

Une famille entre vérité et mensonge

Résumant l’histoire, Gloucester, un personnage qu’on ne verra jamais, est sur le point d’assassiner les enfants d’Elisabeth. Pendant ce temps, le roi Edouard est sur son lit de mort. Parfois on le croit décédé, parfois vivant, créant ainsi une tension au sein de la maison royale. Cet aspect de l’histoire crée toute cette ambiance lourde et mystérieuse de la pièce. On est témoin des existences tragiques de ces femmes et de la cruauté qui s’effondre intensément sur chacune d’elles. Les Reines est une pièce dédiée seulement aux femmes, comme il est mentionné plus haut, Gloucester, ainsi que les autres hommes ne seront jamais présents. Ils n’ont jamais de dialogue et ne sont jamais en scène.

Vous n’aurez qu’à ouvrir ma porte, Vous tirerez le tapis, Et vous verrez sous la poussière – Vous n’aurez qu’à souffler : J’y ai laissé mon âme.

Dans la Tour, les reines vont et viennent, hautaines, grincheuses et affolées. L’imminence de la mort se fait sentir proche et les conflits de cette même famille sont entremêlés, allant du conflit personnel, au conflit politique et même au conflit métaphysique. De ce fait, le palais peut être considéré comme une image. Selon ma propre interprétation, les entrepôts ressemblent aux enfers, car seuls ceux qui n’ont pas à faire en bas s’y retrouvent, tandis que les bons et ceux possédant le pouvoir doivent demeurer en haut, en sécurité. Je pense donc que l’auteur crée une image symbolique à la fois religieuse du palais qui participe également à la construction mentale désorganisée de chaque personnage.

Il y a également l’enjeu du mutisme qui revient plusieurs fois dans la pièce. Les enfants de la duchesse d’York sont frappés par ce mutisme qu’elle mentionne contrôler. L’interprétation de celui-ci peut être analysée en parallèle avec le pouvoir royal disputé par les femmes : celles qui ont le pouvoir ou qui l’ont déjà eu peuvent contrôler leurs subalternes, même leur famille, jusqu’à leur dicter des droits fondamentaux, comme parler et ainsi avoir une opinion, ce qui rend la pièce très intéressante pour son intensité, intensité nourrie par la possibilité d’un grand pouvoir.

Tu as menti à la face du monde, Tantôt tu fais croire qu’il est muet, Tantôt tu prétends qu’il te parle, A toi seulement quand tu le veux, Alors il n’est plus jamais sorti, Un seul son de sa bouche, A partir du jour où tu as dit « Anne désormais va se taire », Tu voulais empêcher tes enfants de vivre.

Mon expérience générale de la pièce est bonne, mais une relecture me permettrait sans doute de tout comprendre et de mieux l’apprécier, toutefois c’est une pièce que je recommanderais aux amoureux de Shakespeare.

Connaissez-vous d’autres pièces rappelant un des grands du théâtre, comme Shakespeare, qui plairont aux amoureux de ce genre littéraire?

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« Je crois que s’il y a autant d’opinions que de têtes, il y a aussi autant de façons d’aimer qu’il y a de cœurs. » (Anna Karénine, Tolstoï) Je suis une optimiste de la vie, je crois que tout arrive pour une raison et que le meilleur est toujours à venir. Étudiante en écriture de scenario et création littéraire à l’Université de Montréal, les livres ont toujours fait partie de ma vie. Je suis une amoureuse de la nature, lire au sommet d’une montagne est un idéal pour moi, autant que relaxer dans mon bain un bouquin à la main. Mon programme d’étude m’encourage à me surpasser et me fixer des objectifs, comme celui d’écrire un roman avant mes 25 ans. Le cinéma est également une passion pour moi, me réjouissant sans cesse de films de la nouvelle vague française. Mes deux passions sont donc en parfaite symbiose pour une amoureuse de l’art comme moi.

Un commentaire

  1. Anne-Marie Shink says

    C’est intéressent d’avoir une pièce avec beaucoup de personnages féminins! Parce qu’il y a souvent plus de filles que de garçons dans les troupes de théâtre au secondaire et ça fait différent des Belles-Soeurs!

    J’aime

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