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C’est pas toi, c’est eux

Faire sentir quelqu’un infiniment petit pour se sentir infiniment grand. C’est ce qu’on a tous fait, de façon volontaire ou non, à un moment ou à un autre de nos vies. Il y a trois ans de ça, je suis tombée sur ce tout petit livre, écrit pour des adolescents, mais que tout le monde devrait lire. Un petit livre rempli de puissance, de rage, de trahison, de peur et finalement, d’abandon. Eux, de Patrick Isabelle, saura vous déranger et vous déstabiliser, que vous soyez un adolescent, un adulte dans la fleur de l’âge ou à la retraite. Je parle en connaissance de cause parce que même si je l’ai lu il y a longtemps déjà, ce livre me hante encore. Je me revois, tournant la dernière page dans un autobus bondé, la larme à l’œil, me demandant comment un livre pouvait m’avoir tant touchée. « J’ai vu la peur dans ses yeux. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai tiré. » Je vous rassure, je ne viens pas de vous donner un extrait de …

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Quand le roman aide à accepter la maladie mentale d’un proche

La santé mentale est un thème qui m’interpelle particulièrement dans la littérature. Ayant un proche qui vit avec une maladie mentale, les romans qui traitent de ce sujet ont souvent eu un grand effet thérapeutique sur ma personne en m’aidant à mieux comprendre les symptômes d’une maladie mentale et à conserver un regard humain sur cette réalité, sans jamais sombrer dans la haine ni la colère. Parmi mes découvertes littéraires des dernières années, quelques ouvrages abordant ce thème m’ont apporté beaucoup de bien, notamment Borderline (2000) de Marie-Sissi Labrèche, Pivot de Marie-Ève Cotton (2017), La cloche de détresse (1963) de Sylvia Plath, Demain j’étais folle (2014) d’Arnhild Lauveng, Matricide (2017) de Katherine Raymond, et Profession du père (2015) de Sorj Chalandon. Aucun ne m’a toutefois autant ébranlée que Neurotica (2014) de Mélanie Gélinas. L’innocence de l’enfant, la douleur de l’adulte Dans la première partie de ce roman fragmenté, on suit l’histoire d’Anna Ouellet, âgée de huit ans, dont la mère souffre d’une « maladie des émotions », comme le dit la jeune narratrice. Le récit débute avec l’automutilation d’Anna, qu’elle réalise …

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Maternité, la face cachée du sexisme : libérer les femmes du fardeau exclusif de la parentalité

« Être maman est le plus beau métier du monde ». Gageons que cette phrase populaire est parvenue à vos oreilles bien plus souvent que son pendant masculin « Être papa est le beau métier du monde ». Or, pourquoi en est-il ainsi? Pourquoi les femmes se retrouvent-elles encore aujourd’hui intrinsèquement liées à la parentalité et aux contraintes relevant de la responsabilité des enfants dans un couple? C’est ce qu’analyse la journaliste, chroniqueuse et bloggeuse féministe Marilyse Hamelin dans son essai Maternité, la face cachée du sexisme : plaidoyer pour l’égalité parentale.

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Conte corporel: Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy

Il était une fois un récit dans lequel il est difficile de plonger. Les phrases débordent, c’est dense, on ne sait pas par quel bout le prendre. Puis, petit à petit, l’univers s’éclaircit, il nous habite et ses personnages nous intriguent. Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy entre sous notre peau: qu’adviendra-t-il de la famille Borya et de la petite Mie, 12 ans, qui veut que son oncle Osip lui montre «comment on fait le sexe des humains»? De sa mère, Noé, qui demeure dans la cabane, loin d’eux et du phare? Que fera ce clan qui habite à 8 heures du village le plus près? Le corps (brut) des femmes L’histoire est parfois difficile; les deux frères du clan, Osip et Sevastian-Benedikt, «prennent» Noé quand ça leur plaît, comme un objet qui ne sert qu’à satisfaire leur appétit sexuel. De ces relations sans consentement sont nés trois enfants, dont Mie, l’aînée. Noé devient le corps d’une bête, comme ceux qu’emprunte Mie. Car la dimension de conte entre en jeu ici, quand la petite fille nous …

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Le ciel de Sylvie Drapeau : entre voix de mère et de fille

Je porte un grand amour aux petits livres blancs des éditions Leméac, ces plaquettes d’environ cent pages qui portent des voix fortes et singulières, mais qui demeurent, par leur format, en marge, presque timides des grandes œuvres qui s’affirment. Mais on y trouve toujours des bijoux, et leur petitesse de format vient, au contraire, renforcer le lien d’intimité que nous développons à leur égard. Le ciel, de la comédienne Sylvie Drapeau, deuxième opus d’une séquence de quatre, mais dont chacun est indépendant, est un de ces « petits » livres qui résonnent fort et en grand. Le fleuve, premier roman de l’auteure, racontait le drame familial qu’est la noyade d’un enfant au sein d’un clan tissé serré, de cette meute dont la narratrice, qui a cinq ans, fait partie. Dans Le ciel, cette jeune fille, qui a maintenant 20 ans, construit désormais tranquillement sa vie dans la grande ville, loin de sa Côte-Nord natale à laquelle elle revient pourtant souvent pour se réfugier, se retrouver. Elle se veut forte, mais elle est surtout fragile, à la recherche d’elle-même, …

Entrevue avec Sara Lazzaroni : Dans le coffret littéraire d’octobre

Avec nos coffrets littéraires, on essaie tout le temps d’offrir la meilleure expérience de lecture possible, outre la lecture du roman. Alors que le choix d’aimer un livre ou non est très personnel, on croit que la valeur et les thèmes d’un livre peuvent être perçus et compris, que vous aillez apprécié votre lecture ou pas. C’est pourquoi nous essayons – et avons presque toujours réussi- à avoir une entrevue avec l’auteur-e du roman du mois, question d’entrer dans l’intimité du roman, de l’auteur-e et mieux en comprendre l’écriture et les motivations. En octobre 2016, nous avions choisi Okanagan, de Sara Lazzaroni. Dans ce bouquin, un souffle puissant nous rappelle de vivre intensément, d’oser, de croire en soi, de partir en voyage et de nous aimer par-dessus tout. Sara Lazzaroni a aussi une plume des plus poétiques et jolies qui soient, donc laissez-vous entraîner dans ce voyage initiatique à travers l’Ouest canadien, où la cueillette de cerises devient prétexte à se découvrir et à s’émanciper. Voici l’entrevue que nous avions réalisée avec la généreuse Sara. …

Dans l’intimité des Reines

Publiée le 1er janvier 1991, Les Reines de Normand Chaurette est sans le moindre doute une pièce de théâtre surprenante, tant par son style d’écriture particulier, que par l’histoire rocambolesque. Une atmosphère obscure pour une famille obscure  Plongée à l’intérieur d’un palais londonien en 1483, la pièce présente six femmes affolées dans un univers pesant où toutes convoitent le trône d’Angleterre. La reine Elisabeth, les sœurs Anne et Isabelle Warwick, la reine Marguerite, Anne Dexter et la vieille duchesse d’York âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans sont représentées toutes plus angoissées et affolées les unes que les autres. Je dois avouer que suivant ma lecture, je reste dans un état dubitatif. Certaines choses m’ont absolument séduite, par contre, l’histoire semblait par moment quelque peu complexe à suivre; peut-être par le style d’écriture s’appropriant le vocabulaire de l’époque, ou la façon dont elle est écrite, ou l’agitation parfois « mêlante » des personnages. Il reste que l’histoire m’a plu, elle me rappelle les pièces de Shakespeare dont j’ai toujours aimé l’écriture. Une famille entre vérité et mensonge Résumant l’histoire, …

Ce qu’on a lu comme album ou roman jeunesse en février #Jelisunlivrequébécoisparmois

La lecture de roman ou d’album jeunesse est toujours un plaisir. Souvent, ça me permet de retourner en enfance et j’adore vivre ce sentiment de nostalgie. J’aime aussi retrouver ces auteur-e-s ou personnages qui ont été mes premiers amours. Cela me permet de prendre des petites pauses de mes lectures un peu plus sérieuses, quoique certains sujets abordés dans ces romans peuvent parfois créer plus d’émotions, que ce soit par nostalgie ou par l’ouverture d’anciennes blessures. Ma lecture du mois de février n’était pas très légère. Effectivement, j’ai enfin pris le temps de lire «L’enfant mascara» du talentueux Simon Boulerice (j’ai pu remarquer sur le groupe Facebook «Un livre québécois par mois» que ce roman semblait très populaire). Je ne vous cacherai pas que j’adore le travail de cet auteur. Je suis tombée sous le charme de tous ses romans ou albums jeunesse. Boulerice a une plume franche, qui par ses propos, nous fait réfléchir. Les sujets qu’il aborde dans ses histoires nous remettent souvent en question. Dans «L’enfant mascara», Boulerice nous raconte l’histoire de Larry …

L’un comme l’autre, vous n’êtes probablement personne de Marie-Jeanne Bérard

C’est sur la route entre Montréal et Québec à 7 h le matin un samedi que j’ai ouvert Vous n’êtes probablement personne, premier roman de Marie-Jeanne Bérard (Leméac, 2016). L’esprit fatigué, j’allais assister à un enterrement. La neige s’est mise à tomber à la hauteur de Drummond. À Québec, c’était l’hiver. Au retour, j’ai terminé ma lecture. L’espace d’une journée, le texte de Bérard m’a accompagnée dans cet étrange rituel que l’on tend comme un pont entre la vie et la mort. Vous n’êtes probablement personne cadre les liens énigmatiques, à la fois distants et étrangement intimes, entre une jeune Montréalaise du nom d’Espérance et son maître de peinture japonaise, Toshio Ohta, de quarante ans son aîné. C’est avec une élégance singulière et un phrasé délicieusement fluide que se déplie le court roman de l’auteure québécoise. Par touches impressionnistes, celle-ci dépeindra l’univers épuré et infiniment silencieux du duo de personnages qui composent les tableaux en forme de vanité, semés de fleurs et d’instants diaphanes à peine chuchotés. Les chapitres se consomment à petites doses afin de se …

S’approprier ce qui nous appartient déjà

En tant que biologiste, je croyais que la seule façon de sensibiliser les gens à l’importance de protéger la nature, c’était d’énumérer les faits scientifiquement prouvés : « Un nombre X d’espèces est disparu dans le golfe du Saint-Laurent depuis cette année-là. » Ou encore « Après un déversement, un nombre Y de Québécois pourrait ne plus avoir accès à l’eau potable. » Le recueil J’écris fleuve m’a prouvé qu’on pouvait faire autrement : faire ressurgir nos sentiments pour la nature grâce à la beauté des mots et à la force de la littérature. Trente-cinq textes sur le même thème, mais sous des angles complètement différents. Certains abordent des souvenirs d’enfance sur les rives du fleuve, les châteaux de sable, les pique-niques et la première sortie de pêche père-fils. D’autres traitent de l’importance du Saint-Laurent dans leur processus d’écriture et leur vie d’auteur. Certains dénoncent ce qu’on lui fait subir avec ironie et insolence. On fait souvent référence à son histoire, à ses explorateurs et à ses appellations, mais on est loin du manuel scolaire. On a …