Littérature étrangère
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Un film, Tchékhov et les femmes

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Après des études en Lettres, j’en avais un petit peu soupé des classiques de la littérature internationale. Si bien que, pendant un bon bout de temps, j’ai laissé ce genre de côté, que j’avais exploré un peu par obligation, pour m’approprier plutôt la littérature québécoise et son langage qui est aussi le mien. J’y vivais davantage une proximité dans les sentiments décrits, dans la langue, dans les mœurs, ce qui me rejoignait mieux. Si vous voyiez le contenu de ma bibliothèque, vous verriez qu’elle a un fort penchant (et elle aussi est à veille de craquer!) pour les auteurs du Québec, pour ces mêmes raisons.

Par où tout a commencé

Puis, vint un jour où je suis tombée en amour avec le film de Rafaël Ouellet sorti en 2014, Gurov et Anna. Difficile à vous en expliquer la ou les raisons en version journaliste cinématographique que je ne suis pas. Je vous dirai simplement que ce film m’a séduite par ses sujets traités, imbriqués les uns dans les autres: la littérature, la banalité de la vie versus le vertige de vouloir tout balancer et se jeter dans le vide, le désir, la fidélité et l’amour impossible. Dans le film, les personnages principaux sont Ben, le professeur d’université en littérature, mari et père, qui devient rapidement obsédé par la jeune et charmante Mercedes, son étudiante. Ils attisent le feu sur fond d’analyse de la nouvelle de Tchékhov, soit La Dame au petit chien, que Ben prend plaisir à disséquer pendant son cours. J’ai vu plusieurs fois le film et cette toute dernière fois, boom! Il a fini par me donner envie de lire ladite nouvelle.

Rencontrer Tchékhov

L’idée de me lancer dans la littérature russe m’apparaissait intimidante au départ et d’autant plus avec l’âge vénérable de la parution. La Dame au petit chien d’Anton Tchékhov a été publié pour la première fois en 1899, ce qui ne date tout de même pas d’hier! On a pu la découvrir d’abord dans un hebdomadaire nommé La pensée russe, journal prônant la démocratie et la pensée libre. L’édition que j’ai lue, soit celle de Gallimard, provient d’une traduction française (fort bien faite) datant d’une quarantaine d’années et l’ouvrage s’intitule La Dame au petit chien et autres nouvelles. La parution comprend en tout 15 nouvelles de l’auteur. Toutes des courtes histoires racontant des liaisons improbables, des jeux complexes de séduction, sous trame d’un brin de philosophie. Un melting pot faisant émerger en nous un peu de réflexion.

Du Tchékhov, c’est très agréable à lire. Aucunement ardu contrairement à ce que j’ai pensé avant de me lancer, et très accessible aussi. Ses histoires sont construites de descriptions juste assez imagées pour s’en faire un scénario, portées par des personnages qui peuvent facilement se transposer dans notre époque actuelle. J’ai beaucoup aimé son approche singulière apportant un brin de cérébral dans tout ce tourbillon d’émotions. Rien de mieux qu’un extrait pour se convaincre d’y donner intérêt, voici un des nombreux passages que j’ai particulièrement aimé:

« Pourquoi l’aimait-elle tant? Les femmes l’avaient toujours pris pour autre chose que ce qu’il était, ce n’était pas lui qu’elles aimaient en lui, mais un être né de leur imagination, qu’elles avaient avidement recherché à travers leur vie; puis, quand elles s’apercevaient de leur erreur, elles continuaient à l’aimer. Et pas une seule d’entre elles n’avait été heureuse avec lui. Le temps passait, amenant d’autres rencontres, d’autres liaisons, d’autres ruptures, mais jamais il n’avait aimé; c’était tout ce que l’on voulait mais pas de l‘amour.

C’est maintenant seulement, alors que ses cheveux commençaient à grisonner, qu’il aimait véritablement, pour la première fois de sa vie. »

Inspirations

Paraîtrait que La dame au petit chien, ainsi que beaucoup d’autres de ses œuvres, serait autobiographique et très fortement inspiré de ses relations amoureuses compliquées. En lisant Tchékhov, on sent toute la montée d’émotions de part et d’autre des personnages et aussi toute la déception de l’impossibilité qu’ils s’imposent en n’allant pas au bout de leur histoire inachevée. Une écriture pudique qui fait transparaître l’époque lointaine d’où provient l’auteur. Mais autres temps, pas pour autant autres mœurs. Encore aujourd’hui son écriture touche. Il est aussi, d’ailleurs, encore étudié dans les départements de littérature de ce monde. Fait intéressant, Tchékhov a été médecin pratiquant, mais a commencé à écrire pendant ses études, surtout pour renflouer les coffres de sa famille et pour passer le temps. Sa source d’imagination et son sujet de prédilection ont toujours été les femmes. Surtout celles sensibles, rêvant d’une autre vie et particulièrement inaccessibles. Anton Tchékhov a publié lors de sa courte existence des centaines de nouvelles, récits, romans ainsi que du théâtre. Il est décédé en 1904 de la tuberculose, à 44 ans seulement. La Dame au petit chien est assurément une belle introduction à son œuvre qui a su, avec raison, traverser les années.

Et vous,  y a-t-il des classiques littéraires que vous aimeriez lire prochainement?

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