Autour des livres
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Autour des livres : Rencontre avec Fanny Britt, écrivaine

Quand l’une des fileuses demande aux autres des recommandations de lecture, rares sont les fois où l’un des livres de Fanny Britt n’apparaît pas dans la liste des titres suggérés. Que ce soit Hélène, Louis ou Tessa, les personnages imaginés par cette auteure québécoise marquent les cœurs à la recherche d’un peu de douceur. En plus d’avoir une dizaine de pièces de théâtre, deux bandes dessinées et un essai à son actif, son premier roman Les maisons est en lice pour le Prix littéraire des collégiens 2017. À notre grand bonheur, elle a très gentiment accepté de répondre à notre questionnaire « Autour des livres ».

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture ?

Les livres étaient partout, chez nous. Ma mère était une grande lectrice et les livres avaient une grande valeur. Ma mère n’avait pas beaucoup de sous et je me souviens que toutes les dépenses étaient comptées. Une fois, elle a trouvé un billet de cent dollars sur la rue (littéralement!). Je me souviens avoir été marquée par le luxe extrême qu’elle s’était payée avec cet argent inespéré tombé du ciel : un immense livre beaucoup trop cher pour ses moyens à l’époque. C’était Le bouquet, un grand livre du linguiste Claude Duneton répertoriant les expressions françaises les plus inusitées. Il était plus gros qu’un dictionnaire et a trôné de nombreuses années dans le bureau de ma mère.

2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant ? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture ?

Je ne peux pas dire que j’ai un rituel de lecture. La lecture fait partie de moi, je lis de toutes les manières, dans le bain, dans le métro, au lit, dans le salon, quand j’ai le temps, quand je n’ai pas le temps. C’était pareil quand j’étais enfant. Je me souviens que lorsque j’ai reçu un des livres de la série d’Anne of Green Gables, vers 8 ou 9 ans, à Noël, j’ai quitté la fête en prétextant la fatigue pour me retrouver au lit avec mon livre, pour le commencer. J’ai toujours été couche-tôt, mais je me demande parfois si c’est surtout parce que j’ai hâte d’aller lire.

3. As-tu une routine d’écriture, des rituels ? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire ?

Pas forte non plus sur la routine et les rituels d’écriture. Très jeune j’ai pris l’habitude d’écrire dans toutes sortes de conditions, dans le bruit ou le silence, le lieu privé ou public, fatiguée ou reposée. Ce qui ne veut pas dire que j’écris tout le temps, que je « performe » toujours, loin de là. Les jours d’écriture médiocres sont bien plus nombreux que les jours exaltés. L’état d’esprit idéal serait : avoir dormi suffisamment, pas de mal de tête, pas de soucis digestifs, devant une fenêtre avec vue sur quelque chose de venteux.

4. Quels sont les livres qui t’ont donné envie d’écrire ?

Dans l’enfance : les livres de Lucy Maud Montgomery et Judy Blume et Roald Dahl et Jacques Prévert et Charlotte, Anne et Emily Brontë. Jeune adulte : le théâtre de Serge Boucher, Jean-Marc Dalpé, Caryl Churchill, John Osborne. L’hiver de force, de Ducharme.

5. Quel est le livre qui t’a le plus fait cheminer personnellement et pourquoi ?

Impossible de donner une seule réponse à cette question. La poésie de Paul Éluard, tendre et fiévreuse et d’une grande simplicité, a été marquante pour moi et m’a fait survivre au début de la vingtaine, que j’ai eu douloureux. La précision et la largeur des propos d’Annie Dillard me portent depuis plusieurs années aussi. La nouvelliste Lorrie Moore écrit comme je voudrais écrire.

6. Si tu pouvais vivre dans un monde littéraire, ce serait lequel ?

Si j’étais naïve, je répondrais « dans le Yorkshire des sœurs Brontë ». Mais ce serait sans compter la tuberculose, les sols infestés, la pollution et l’infantilisation systématique des femmes. Même l’Avonlea d’Anne Shirley puait l’inégalité et le conformisme. Mais j’y ai tout de même rêvé longtemps.

7. Quel livre relis-tu constamment sans même te tanner ?

La poésie d’Emily Dickinson.

8. Quel est ton mot de la langue française préféré ?

Éperdu(e).

9. Quel livre aurais-tu aimé avoir écrit ?

Ça m’arrive à peu près chaque fois que je lis un livre qui me souffle. J’aurais aimé écrire The woman upstairs de Claire Messud, j’aurais aimé écrire Chante avec moi d’Olivier Choinière, j’aurais aimé écrire Jane Eyre de Charlotte Brontë, j’aurais aimé écrire La vie secrète des jeunes, de Riad Sattouf.

10. Si tu écrivais ta propre biographie, quel serait le titre ?

« Jamais contente ».

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