Poésie et théâtre
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Atteindre les étoiles en pleurant un peu

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Un bain poétique

Depuis quelques semaines, j’ai pris l’habitude de lire en prenant un bain (c’est une activité que je suggère fortement, quel bonheur que de vivre ce moment de lecture et de relaxation). Je tamise la luminosité dans la petite pièce en allumant une seule chandelle, elle suffit à éclairer les pages du livre que je tiens au-dessus de l’eau parfumée aux essences de menthe et d’eucalyptus, mes favorites. L’eau, très chaude, crée une légère brume au-dessus de mon corps qui n’est jamais entièrement submergé.

C’est là que j’ai commencé la lecture du recueil de poèmes Pleurer ne sauvera pas les étoiles de François Guerrette, paru aux Éditions Poètes de brousse en 2014. À haute voix, bien sûr. La poésie lorsqu’elle trouve une voix pour la prononcer est vivante, elle se délie sur la langue et se fait échos contre les murs bétonnés, elle les transperce. Elle flotte, elle fuit, elle danse.

J’ai emprunté le recueil à une amie, après qu’elle ait partagé avec moi un extrait qui se situe au début du recueil. Entre mes lèvres la nuit déborde, il fait noir comme à l’intérieur d’une école en feu. Je devais plonger, moi aussi, au cœur de l’univers de ce poète originaire de Rimouski. J’entendais qu’il y avait là une voix qui saurait me parler, une voix différente.

À voix haute

En lisant à voix haute, en entendant les mots sortir ainsi de leur caverne creuse et assombrie par la vaste solitude, cette voix, comme mon corps à moitié dans l’air ambiant, je prenais de longues pauses pour goûter les images et les souvenirs qui montaient, propulsés par les mots de mes émotions à ma tête. Qu’il n’est donc pas nécessaire de tout comprendre lorsqu’on lit de la poésie, comme lorsque l’on se retrouve face à une œuvre d’art. Il s’agit simplement de ressentir et de laisser monter ce qui vibre à l’intérieur de nous.

Ce recueil m’a touchée d’une telle manière que je suis rapidement passée chez le libraire pour m’en commander un exemplaire. Je préfère quand les livres m’appartiennent, ça me permet de m’exprimer à travers le texte. J’esquisse des cœurs à la mine de plomb, je trace des étoiles près de ce qui me semble important à retenir, je souligne, j’encadre et je m’exclame!

Il y a longtemps que je n’avais pas parcouru une poésie aussi belle.

Écrits intemporels

L’écriture de François Guerrette a cette puissance des poètes intemporels où les mots, les images dépassent les années et le simple quotidien. Son écriture nous projette aux racines mêmes du Monde et nous font frôler les étoiles, tout en traversant l’Histoire, celle qui nous crée.

Divisés par lettres, les chapitres nous parlent des femmes, des hommes, des enfants et de ce Monde que nous laissons derrière, de celui que nous construisons pour celles et ceux qui seront là demain.

La poésie rend certainement la vie plus riche, elle me semble capable de tisser des liens entre les âmes qui autrement, auraient tendance à s’évaporer dans le brouhaha des jours. La poésie fait resurgir un amalgame d’émotions et d’images en provenance des rêves, des souvenirs, des possibles…

J’ai toujours voulu voir le monde que les aveugles voient. Et raconter aux autres enfants les rêves que faisaient leurs ancêtres les yeux ouverts : des histoires d’amour et d’épouvantails au milieu d’une guerre d’éoliennes. Je suis prêt. Entre mes lèvres la nuit déborde, il fait noir comme à l’intérieur d’une école en feu.

Dans un café où règne une cacophonie inégale, où la musique n’a rien de la fréquence qui me brasse à l’intérieur, je relis certains passages du recueil et mes yeux s’assujettissent aux larmes.

La beauté, la justesse, la mélancolie.

Je ne ferai pas ici l’analyse du recueil, laissant à d’autres le loisir de s’y glisser, je me contenterai de ressentir.

Je n’apprends plus à marcher mais à tomber longtemps, la tête première, le cœur à l’air, les veines dures, je deviens l’appareil de ma peur. Je tremble de toutes les couleurs, comme une bête je souffre d’idées magiques.

Et toi, quel est ton tout dernier coup de cœur poétique?

GUERRETTE, François, Pleurer ne sauvera pas les étoiles, Les Éditions Poètes de brousse, 2014.

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