Au-delà des livres
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Meilleur avant… la télévision

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J’ai toujours eu un sentiment d’ambivalence lorsqu’un roman ou une bande dessinée était adapté au cinéma ou à la télévision. Un livre, c’est un tout. Un monument de papier. Une architecture complexe de mots. Je remets véritablement en doute l’expression Une image vaut mille mots. Rien ne vaut mille mots. L’image, c’est l’arrêt de mon imagination. C’est avoir tout cru dans le bec sans faire le moindre effort d’esprit. Mon pouvoir créateur se meurt devant les scènes qui défilent sous mes yeux. En effet, elles défilent. J’ai à peine le temps de les savourer qu’elles ont filé sous mes doigts. Les gens qui me connaissent bien le savent; j’aime dicter mon propre rythme. La lecture me le rend bien.

Ma première expérience d’une adaptation cinématographique

Je me rappelle de la première adaptation cinématographique que j’ai eu la chance de voir sur grand écran. Vous vous en doutez peut-être. Nous nous côtoyons depuis déjà quelques temps chers lecteurs et chères lectrices. Hé oui! Il s’agit du long-métrage Harry Potter à l’école des sorciers. À l’époque, j’avais 10 ans. Je jubilais de voir se dévoiler sous mes yeux tout ce que j’avais créé dans ma tête. Hagrid fut probablement ma plus grosse révélation (c’est le cas de le dire!).  Je n’avais pas encore la capacité d’analyse d’aujourd’hui et je ne comprenais pas la valeur de la comparaison. Cela dit, je n’ai tout de même pas abandonné la lecture de la série comme les paresseux de ce monde que j’entends déjà me répéter : À quoi ça sert de lire les livres? Ils vont faire les films. Malheureux et mal-affamés, vous n’aurez que la pointe de l’iceberg.

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Crédit: Weheartit

Mes études en littérature et cinéma

En prenant de l’âge, je me suis davantage intéressée au cinéma. Merci à mon Cégep qui combinait les cours en Arts et lettres pour les profils littérature et cinéma. J’ai appris les bases de certains mécanismes propres au domaine du cinéma et j’ai découvert, entre autres choses, le cinéma d’ici et le cinéma d’auteur. Ma toile d’araignée culturelle s’emplissait de mouches, les unes plus juteuses que les autres. Lorsque Netflix et HBO, influenceurs professionnels à la procrastination, ont envahi mon univers, j’ai continué à comparer et mon sentiment à l’égard des adaptations est devenu de plus en plus ambigu. En fait, la série Le Trône de Fer est la figure de proue de mon ressentiment blessé. Je m’explique.

La révélation Le Trône de Fer

Attention! Le reste de cet article contient des divulgâcheurs.

Je me suis lancée il y a un peu plus d’un an dans le binge watching des saisons 1 à 6 du Trône de Fer. Une grande histoire d’amour a commencé à s’écrire entre l’univers créé par la plume de Georges R.R Martin et moi. Je serai claire et concise : je suis littéralement en amour avec la série. Évidemment, je me suis donc aussi jetée sur les livres, cela va de soi. Quel désarroi! C’est qu’une décision exceptionnelle a été prise; George R.R Martin, étant un écrivain à la production plutôt lente, a autorisé HBO à continuer d’avancer dans la série télévisée, et ce, au-delà de ce que nous avons pu lire jusqu’à maintenant dans la série littéraire. J’en suis tombée à la renverse. Quelle erreur!

Déjà, plusieurs éléments se trouvant dans les livres sont complètement changés, voire inexistants dans la série. Vous me direz c’est normal. C’est pratiquement comme cela pour chaque adaptation. Or, où cela diffère, c’est que certains événements ont été ajoutés dans la série télévisée. Et je ne traite pas ici de détails insignifiants, mais bien de la mort de certains personnages des plus importants, du moins sous mon œil, et d’alliances par le mariage des plus cruelles. Je pense particulièrement à la mort de Stannis Baratheon et à celle de Shireen, sa fille, qui meurt dans les circonstances les plus atroces, alors qu’elle est brûlée par ses propres parents sur le bûcher. Détrompez-vous, il y en a d’autres. Mance Ryder, Barristan Selmy, Tommen Baratheon, Margaery Tyrell et j’en passe. Tout cela, car les téléspectateurs ne pouvaient pas attendre. Bon Dieu que nous sommes des êtres impatients!

La saison 6 est sortie en avril 2016, alors que le sixième tome devrait (selon les rumeurs) sortir cette année. Rien ne nous indique que les événements auxquels nous avons assisté dans la série se retrouveront dans le livre. Les plus grandes surprises pourraient évidemment ne pas nous surprendre vu le gâchis de la série et même que celles-ci ne pourraient jamais se retrouver à l’écrit. Spoiler alert : Je vous apprends donc que Jon Snow pourrait très bien demeurer dans l’autre monde (malheur pour les téléspectateurs et surtout pour les téléspectatrices, qui se sont trop plaintes de sa mort, raison pour laquelle on l’a fait revenir selon les rumeurs ) et que le Grand Septuaire est toujours bien en place avec ses fanatiques religieux qui posent problème à Cersei Lannister.

Quand on compare, on se console… FAUX

Malheureusement, le tout finit par me déplaire, car je compare. J’ai dans mes habitudes de lire les livres avant de voir leur adaptation. Question de principe. Cette expérience me confirme que je dois garder mes bons rites et je n’ai toujours pas fini de lire la série littéraire, imaginez. Aujourd’hui, j’ai de la difficulté à ne pas rouspéter lorsque mes amis parlent de certains détails dans la série télévisée. On entend toujours ma petite voix en bruit de fond : Oui, mais ça, c’est ce que HBO en a fait. C’est agaçant pour tout le monde, mais c’est tout de même la vérité. En même temps, ils ne peuvent pas m’en vouloir. Honte à HBO et George R.R Martin, pas à moi!

C’est la première fois que je suis confrontée à une série télévisée qui prend de l’avance sur la série littéraire et je vous avoue franchement que je le vois comme un faux pas de leur part. J’espère sincèrement que le sixième tome saura nous surprendre et demeurer aussi rafraîchissant que les précédents malgré son frère jumeau arrivé un peu d’avance. D’un autre côté, je croise les doigts pour que Lady StoneHeart, personnage emblématique dans la série littéraire, apparaisse dans la série télévisée. Une admiratrice a le droit de rêver.

Et vous, avez-vous ce sentiment d’ambivalence face aux adaptations cinématographiques? Avez-vous déjà été confrontés à une série télévisée ou à un film qui prenait de l’avance sur l’œuvre littéraire?

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Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

Un commentaire

  1. Joelle says

    Personnellement, je considère toujours l’original et l’adaptation comme deux œuvres indépendantes. J’essaie de ne jamais les comparer. Les livres sont bons pour les détails et l’immersion tandis que les adaptation apportent souvent un regard différent.

    J’aime

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