Réflexions littéraires
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Quand la fiction modifie nos perceptions

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Ce n’est probablement pas la première fois que nous mentionnons cela ici et ce n’est définitivement pas la dernière, mais les livres ont ce pouvoir, cette capacité de modifier notre vision du monde. Je ne peux plus compter le nombre de fois que cette transformation a opéré pour moi. Évidemment, nous sommes des humains facilement influençables, qu’il est possible de modeler. Des idées de partout viennent nous inspirer et l’univers littéraire regorge de petits trésors. Bien que cette expérience me soit arrivée à de nombreuses reprises, l’une de celles-ci est immanquablement la rencontre qui m’a le plus changée. Le monde de Bernard Werber a chamboulé ma conception de nos existences.

J’ai découvert l’auteur français à travers Les Thanatonautes, possiblement son roman qui a eu le plus grand impact sur moiEn fait, ce qui m’a particulièrement attirée dans son univers, c’est que les deux protagonistes principaux, Michael Pinson et Raoul Razorbak, deux jeunes chercheurs, se fixent comme mission d’explorer le continent des morts. Cette aventure les mène à cartographier ce qu’il appelle la « terra incognita » qui devient, au fil du temps, de moins en moins inconnue.

L’exploration de l’au-delà que font les deux voyageurs, aussi accompagnés de plusieurs acolytes plus les pages se tournent, se poursuivra sur cinq livres auquel Werber a donné le nom de Cycle des anges. Et laissez-moi vous dire qu’il faut se rendre jusqu’à la toute fin. Cette lecture est une vraie expérience, tant psychologique que physique. Vous ne la vivrez qu’une fois dans votre vie. C’est que l’écriture de Bernard Werber mélange mythologie, science, imagination, théologie et philosophie. Il nous pousse à réfléchir et nous mène dans des avenues inespérées. C’est un véritable voyage initiatique lorsque vous vous embarquez avec Werber. D’ailleurs, il en était de même avec sa première trilogie des fourmis.

D’une part, l’auteur a la capacité de nous convaincre de ses folies. Nous embarquons à fond dans ses théories sur la vie après la mort. D’autre part, il s’appuie sur des sources tellement diverses que nous pouvons adhérer de mille façons à ses idées. Voici donc ce qui en est.

Les sept murs

Dans le roman, lorsque nous trépassons nous faisons face à sept murs avant d’atteindre ce que l’on peut considérer comme le paradis. Ces derniers sont tous différents les uns des autres et se façonnent individuellement pour chaque ectoplasme.

Le premier mur : Il s’agit du territoire bleu. Il prend plutôt la forme d’un tube ou d’un entonnoir qui vous fait traverser l’univers jusqu’à un trou noir. Vous y rencontrez tous les autres individus qui sont passés de l’autre côté tout comme vous.

Le deuxième mur : Ce dernier se nomme le territoire noir, celui s’apparentant aux ténèbres. Les âmes sont alors confrontées à leurs plus grandes peurs et ils doivent y faire face pour parvenir au troisième mur comatique.

Le troisième mur : Il s’agit du territoire rouge. Complètement à l’inverse du dernier mur, celui-ci offre à l’âme ses plaisirs charnels les plus secrets et enfouis. Une fois de plus, il ne faut pas que l’individu se laisse engloutir par ses désirs afin de passer à l’étape suivante.

Le quatrième mur : Ce mur est comme une immense salle d’attente où les ectoplasmes patientent. En fait, il prend la forme d’une étendue infinie. Nous pouvons y placoter avec Elvis Presley ou faire un débat avec Karl Marx avant de passer à la phase qui suit.

Le cinquième mur : Il s’agit du territoire jaune, celui où réside la connaissance absolue. Tout le savoir de l’univers y est conservé. Imaginez à quel point il serait fou d’avoir accès à cela!

Le sixième mur : Le territoire vert est le monde de la beauté à son apogée. Tout ce que vous considérez comme l’idéal esthétique s’y trouve.

Le septième mur : Vous êtes enfin arrivés au paradis. Là, les anges vont effectuer la pesée de votre âme.

La pesée de l’âme

Lorsque vous êtes rendus à ce stade, les anges effectuent le jugement de l’âme à travers lequel chaque être, autant les minéraux, les végétaux, les animaux que les humains, se voit attribuer des points en fonction de leurs actions durant leur vie terrestre. Le but ultime étant d’atteindre 600 points afin de devenir un ange et de guider les nouveaux arrivants dans le paradis. Bien souvent, afin d’accéder à cette forme de vie, les ectoplasmes doivent passer par plusieurs réincarnations. Certains individus spirituellement supérieurs décident tout de même de retourner sur terre afin d’apporter une part angélique à la vie humaine.


Après ma lecture, j’ai complètement adhéré à cette vision. Je crois foncièrement au karma et quoi de mieux pour le représenter que la pesée des âmes. La réincarnation est aussi un élément qui m’apparaît très intéressant. Elle offre la possibilité de se tromper, de faire des erreurs et de pouvoir les corriger. Après tout, nous sommes humains. D’ailleurs, petit divulgacheur en vue, Hitler, après sa pesée de l’âme, est revenu à l’étape végétale. Cela arrive très rarement, mais parfois des individus sont rétrogradés à des phases antérieures vu leur comportement extrêmement reprochable. Dans le livre, Hitler est maintenant un bonzaï et nous savons à quel point leur vie est pénible.

Qui plus est, j’ai particulièrement apprécié que les âmes, qu’elles soient minérales, végétales, animales ou humaines soient considérées également. Tout le monde passe par le même processus. Tous les ectoplasmes doivent traverser les murs comatiques qui me paraissent d’ailleurs si crédibles. Quoi de plus véritable que de devoir affronter ses peurs et affirmer ses désirs charnels pour devenir un ange?

Ce voyage époustouflant aura donc fait en sorte que je reconsidère complètement ma vision de l’au-delà. Je sais que ce n’est que de la fiction, mais elle me permet d’espérer et de croire. C’est déjà beaucoup, n’est-ce pas?

Votre perception a-t-elle déjà été fondamentalement modifiée par un univers littéraire? Si oui, lequel?

Crédit photo: Michaël Corbeil

 

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par

Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

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