Littérature québécoise
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Faire fi de la couverture : Quelque part entre toi et moi, d’Annie Quintin

           Pour souligner les trois ans du Fil rouge, une partie des fileuses ont décidé de se rejoindre au Village au Pied-du-Courant pour célébrer les livres; pour s’aimer et aussi pour s’échanger des livres (obviously). Comme je suis arrivée la dernière, ben il n’y avait que les restants sur la table à pique-nique. Martine me tend les délaissés, et je tombe sur le roman d’Annie Quintin, Quelque part entre toi et moi. Pour vrai, la couverture m’inspirait zéro, bitch de même. J’ai presque envie de dire qu’on avait l’air d’une petite gang de witches à ricaner d’une couverture un peu lame (selon nos goûts de fancy, hein), mais ce serait (presque) une exagération, alors je ne le dirai pas. Bref, personne ne le voulait, ce livre. Je commence à lire la quatrième de couverture : Quotidien, relations amoureuses, trouble obsessionnel compulsif. Je trouvais que ça avait l’air bon, moi. J’étais super inspirée. J’ai décidé d’affronter leurs regards pleins de jugements (ben non, j’en mets un peu, mais quand même!) et je suis repartie avec.

      Et j’ai vraiment, vraiment, VRAIMENT (!!!) aimé ma lecture. L’illustration en couverture me donnait l’impression que j’allais plonger dans quelque chose d’hyper quétaine — bref, pas trop mon genre. Mais l’écriture d’Annie Quintin n’a absolument rien de kitsch. En fait, on a vraiment l’impression de partager la routine d’Ève et de Louis. Ce livre raisonne beaucoup chez moi puisqu’il est question de la place qu’une maladie mentale peut prendre au sein d’un couple. Bien que le partenaire revêt bien souvent le rôle de soutien émotionnel, il ou elle ne doit pas s’oublier à travers tout ça. La santé mentale est importante, et ce, des deux côtés. Je trouve ça vraiment pertinent et important de parler de l’envers de la médaille : comment se sent la personne qui cohabite avec quelqu’un.e vivant avec une maladie mentale.

         Ève est consciente que son trouble obsessionnel compulsif prend beaucoup de place dans sa — et leurs — vie. Louis se sent impuissant et perd tranquillement le contrôle lorsque sa copine, voulant à tout prix s’évader de la routine, commence à flirter avec un homme (trop-ark-gossant) presque parfait (mais pas pantoute finalement, on le devine rapidement).

      Ève et Louis décident de faire appartement à part, malgré qu’ils habitaient ensemble depuis plusieurs années déjà. Pour se protéger, se respecter, pour sortir de la routine. Bref, un choix qui leur appartient. Noble, selon moi.

 Comment est-ce qu’on a pu en arriver là, Louis et moi? Plier les lingettes. Repasser les lingettes. Replier les lingettes. Aligner les lingettes. 

        Il y a quelque chose de très sincère dans Quelque part entre toi et moi. On n’essaie pas d’enjoliver la maladie mentale ni d’en faire le thème central du roman. Le trouble fait partie de la vie d’Ève, mais ne la définit pas (trop).

     Je ne regrette aucunement d’avoir pris ce livre, même si je cachais un peu sa couverture quand je le lisais dans le métro, hihi. Morale : l’habit ne fait pas le moine, lolol.

Sinon, est-ce votre genre de choisir un livre par sa couverture?

*Le Fil rouge tient à remercier VLB Éditeur pour le service de presse.

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C’est maintenant vingt-deux hivers que Marie-Hélène a vu passer et c’est toujours avec son cœur d’automne qu’elle les affronte. Elle en est à sa deuxième année au baccalauréat en Études littéraires à l’UQÀM. Elle aurait très bien pu faire son BACC en cinéma, puisqu’elle adore tout ce qui entoure ce milieu, mais elle a préféré se concentrer sur son doux amour de toujours : la littérature. Très heureuse dans son 4 ½ Hochelaguien, entourée de son amoureux Anthony et de son chat Cyrano (ou Bébé, pour les intimes), elle s’occupe en cuisinant tout en buvant du vin, ou bien en lisant un peu n’importe quoi. Les mots de Plath et de Ducharme restent ceux qui ont le plus bercé son imaginaire et c’est dans la poésie et les romans graphiques qu’elle savoure le plus son expérience littéraire. Féministe, elle apprécie énormément la maison d’édition Remue-Ménage pour ses œuvres puissantes et conscientisées.

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