All posts tagged: santé mentale

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Quand le roman aide à accepter la maladie mentale d’un proche

La santé mentale est un thème qui m’interpelle particulièrement dans la littérature. Ayant un proche qui vit avec une maladie mentale, les romans qui traitent de ce sujet ont souvent eu un grand effet thérapeutique sur ma personne en m’aidant à mieux comprendre les symptômes d’une maladie mentale et à conserver un regard humain sur cette réalité, sans jamais sombrer dans la haine ni la colère. Parmi mes découvertes littéraires des dernières années, quelques ouvrages abordant ce thème m’ont apporté beaucoup de bien, notamment Borderline (2000) de Marie-Sissi Labrèche, Pivot de Marie-Ève Cotton (2017), La cloche de détresse (1963) de Sylvia Plath, Demain j’étais folle (2014) d’Arnhild Lauveng, Matricide (2017) de Katherine Raymond, et Profession du père (2015) de Sorj Chalandon. Aucun ne m’a toutefois autant ébranlée que Neurotica (2014) de Mélanie Gélinas. L’innocence de l’enfant, la douleur de l’adulte Dans la première partie de ce roman fragmenté, on suit l’histoire d’Anna Ouellet, âgée de huit ans, dont la mère souffre d’une « maladie des émotions », comme le dit la jeune narratrice. Le récit débute avec l’automutilation d’Anna, qu’elle réalise …

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Mathieu Villeneuve et sa folie du Nord

Dans Borealium tremens, histoires de fond de rang, alcoolisme et prophétie se mélangent pour créer une épopée plus grande que nature… Le premier roman de Matthieu Villeneuve nous transporte dans un Saguenay-Lac-Saint-Jean démesuré, un royaume à cheval entre le réel et l’imaginaire. J’ai plongé la tête première dans cet univers, emportée par la beauté des mots. Il en ressort une sorte de poésie douce-amère. L’histoire est celle de David qui, après une errance de plusieurs années dans l’Ouest, décide de s’installer dans un rang perdu du Lac-Saint-Jean pour retourner aux sources et écrire un roman. Ayant reçu une maison abandonnée en héritage, il se met en tête de la rénover et cultiver ses terres. Or peu à peu, l’alcoolisme et les fantômes ont raison de lui et on assiste à sa lente descente vers la folie. Les lieux « Dans le lac ancien, souvenance du glacier qui recouvrait tout le continent, même le vent restait inaudible. La tourbière est une bête préhistorique endormie qui agonise depuis des millénaires. » — Borealium tremens, p.138 Les lieux parfois fabuleux jouent un …

Reste encore un peu : se reconstruire malgré la douleur

Quand j’ai reçu le roman, j’étais curieuse de découvrir l’écriture de Perrine Madern. Après la lecture de la quatrième de couverture, j’ai commencé à douter à savoir si cette lecture était vraiment faite pour moi, à cet instant de ma vie. J’ai lu beaucoup de romans d’amour mélancolique dans ma vie. Je m’y reconnaissais et leur contenu était quasiment thérapeutique. En vieillissant, je me suis graduellement éloignée de cela. Malgré mes appréhensions, l’histoire a réussi à me captiver. Je n’ai pas moins aimé le roman parce que je ne m’y reconnaissais pas en ce moment. Je crois que j’ai plutôt lu le tout d’un autre œil, avec de l’empathie et une sagesse nouvelle, et je me suis sentie fière de mon cheminement et reconnaissante de ma vie d’aujourd’hui. L’histoire de Loue À la suite d’une rupture douloureuse, Loue s’éteint peu à peu, jusqu’au jour où elle se réveille dans une ambulance. À l’hôpital, le médecin constate que son IMC est très inquiétant et craint pour la vie de la jeune femme. Loue est transférée en psychiatrie …

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Matricide de Katherine Raymond : la relation mère-fille au-delà du deuil

Les relations mère-fille représentent un sujet foisonnant dans la littérature, qu’on pense à Borderline de Marie-Sissi Labrèche, à Une femme d’Annie Ernaux, ou à des pièces de théâtre comme Tout comme elle de Louise Dupré.  Avec Matricide, Katherine Raymond s’inscrit dans la lignée de ces autrices qui ont abordé ce sujet avec brio.

Poésie, poésie québécoise, colère, la fin du monde est en osti. stopstopstop,

Découverte : La fin du monde est en osti (pis moi avec)

      La colère est un sentiment que je trouve légitime. Les milieux militants que je fréquente m’ont appris rapidement à ne pas tomber dans le « tone policing » – soit la police du ton. Les gens ont le droit d’être en beau fusil, et de ne pas se taire. Publié récemment aux éditions stopstopstop, La fin du monde est en osti de Saint-Claude est un hymne à cette colère, à ce désir de la revendiquer et de l’utiliser à bon escient. La colère serait, en ce sens, politique. Ici, elle se veut également poétique. « Le soleil est tombé Ramassez-lé tabarnak! »       On m’a offert ce recueil en cadeau – allô Ronan! – et je n’étais pas toute de suite prête à le lire. Je savais que ça allait me rentrer dedans. Je savais que ça allait rouvrir des plaies qui étaient encore sanguinolentes. Je l’ai gardé au fond de ma sacoche pendant près d’un mois sans l’ouvrir. Je le feuilletais parfois, mais sans jamais trop vouloir m’y plonger. …

Faire fi de la couverture : Quelque part entre toi et moi, d’Annie Quintin

           Pour souligner les trois ans du Fil rouge, une partie des fileuses ont décidé de se rejoindre au Village au Pied-du-Courant pour célébrer les livres; pour s’aimer et aussi pour s’échanger des livres (obviously). Comme je suis arrivée la dernière, ben il n’y avait que les restants sur la table à pique-nique. Martine me tend les délaissés, et je tombe sur le roman d’Annie Quintin, Quelque part entre toi et moi. Pour vrai, la couverture m’inspirait zéro, bitch de même. J’ai presque envie de dire qu’on avait l’air d’une petite gang de witches à ricaner d’une couverture un peu lame (selon nos goûts de fancy, hein), mais ce serait (presque) une exagération, alors je ne le dirai pas. Bref, personne ne le voulait, ce livre. Je commence à lire la quatrième de couverture : Quotidien, relations amoureuses, trouble obsessionnel compulsif. Je trouvais que ça avait l’air bon, moi. J’étais super inspirée. J’ai décidé d’affronter leurs regards pleins de jugements (ben non, j’en mets un peu, mais quand même!) et je suis …