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Club de lecture : Les désordres amoureux

Mardi, 12 décembre, café Zoha

Ce mardi en est un de tempête. Une douce tempête qui couvre tout sur son passage, les arbres deviennent lourds, tout comme nos pieds qui essaient tant bien que mal de se frayer un chemin sur les trottoirs qui n’ont toujours pas été déneigés. C’est donc avec nos tuques enneigées et de la brume dans nos lunettes qu’on entre dans le café Zoha. Tout est calme, l’ambiance des fêtes est bien installée dans la place. Ce sera parfait pour notre rencontre.

Finalement, la tempête aura eu raison de quelques participantes, c’est donc à cinq qu’on débute notre discussion sur le dernier livre du mois; Les désordres amoureux de Marie Demers.

Alors que certaines ont passé un bon moment de lecture parsemé de rires à voix hautes, d’autres sont loin d’être friandes du style de l’auteure.

Le rythme et l’écriture

 » le rythme est intéressant » mentionne l’une des participantes.

Par contre, on se tanne vite des anglicismes, je ne pense pas vraiment être le public cible pour ce type d’ouvrage.

On se questionne donc sur le style de l’auteure. Ça fonctionne pour certaines, moins pour d’autres. C’est vrai qu’on ne lésine pas sur les anglicismes, ils sont intrinsèques au texte, à la plume de l’auteure, tout comme les dialogues, les jeux de mots, le langage commun. Certaines trouvent aussi que l’écriture est froide, qu’il y a un certain détachement face aux émotions, d’autres rient par moments. Il faut se le dire, Les désordres amoureux ne manque pas de situations loufoques et d’anecdotes croustillantes.

On s’interroge aussi sur les va-et-vient et les sauts dans le temps qui structurent le roman. Alors que le style ne fait pas l’unanimité, on s’accorde pour dire que la non-linéarité du texte est intéressante, qu’elle apporte quelque chose de plus à l’histoire et à notre lecture.

Outre l’écriture même, nous nous attardons aussi à la place de l’écriture dans le récit. Ouvertement écrit comme une autofiction, on retrouve le personnage de Marianne qui, suivant plusieurs désordres amoureux, s’exile quelques mois en Colombie pour écrire son premier roman. L’écriture prend donc une place importante dans le texte de Demers et les réflexions qui en ressortent trouvent écho chez nous. Il y a quelque chose d’intéressant dans son rapport à l’écriture, dans ses réflexions sur les premiers jets, sur le travail derrière la création, sur la question du talent. C’est d’ailleurs cet aspect qui raccroche quelques participantes au récit.

 

La littérature  jeune adulte au Québec, c’est quoi ? 

Il faut avouer que, tout au long de la séance, nous avons discuté beaucoup plus longuement du concept de littérature jeune adulte que du roman même. Pourquoi? Parce qu’en écoutant une entrevue avec l’auteure, à Plus on est de fous, plus on lit,  nous avons appris que la littérature jeune adulte au Québec, est justement le sujet de son doctorat.

Sans pour autant en arriver à une réponse claire – outre l’intérêt à un jour lire ce qu’a écrit Marie Demers à ce sujet – on se questionne sur la pertinence d’une telle catégorie, sur sa tendance castrante et/ou rebutante, sur les barèmes qui la structurent.

Il nous semble qu’entre 18 et 35 ans – c’est la catégorie d’âge que donne l’auteure pour définir les lecteurs touchés par le jeune adulte- il y a tellement d’évolution, de changements, qu’il est difficile de définir ce que constituerait une littérature qui touche à un si vaste public.

Et puis si quelqu’un de 40-50-60 ans aime ce type d’oeuvre, est-il « castrant » de donner une catégorie d’âge et un titre un peu infantilisant à un style littéraire? N’avons-nous pas déjà assez de genres qui portent parfois avec eux des préconceptions (romance, chick- litt, science-fiction)

En même temps, peut-il être intéressant de regrouper sous un même titre ces récits qui racontent le passage à l’âge adulte, sous toutes ses formes ? Peut-il être aidant de les catégoriser, pour mieux les retrouver ?

Finalement…

Autour de chocolats chauds, c’est  surtout de cette grande balise qu’est la littérature jeune adulte qu’on discute. Aux États-Unis, le genre est plus que populaire, communément appelé Y-A, on y retrouve souvent des récits mélangeant romance, aventure, science-fiction, fantastique mais ici, au Québec, on semble parler d’écrits qui parlent à notre génération, écrit par notre génération. Bref, c’est un grand flou qui entoure ce terme.

On ne peut pas dire que Les désordres amoureux a fait l’unanimité chez les participantes. Par contre, il nous a permis de discuter longuement de sujets qu’on ne prend que très rarement le temps d’aborder – sauf, peut-être si c’est justement notre sujet d’étude-  et de se questionner sur la catégorisation des oeuvres, que ce soit en librairie, en bibliothèque ou bien même dans nos têtes.

Ce fut bien intéressant de se pencher sur ce sujet durant cette dernière rencontre et de se retrouver, une dernière fois, autour d’un bon breuvage avant de remettre les pieds dehors, sous la douce tempête qui contraste fortement avec la Colombie dépeinte dans l’oeuvre.

 

 

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Le fil rouge est un blogue littéraire créé par deux amies, Marjorie et Martine, toutes deux passionnées par la littérature et par les vertus thérapeutiques de celle-ci. Notre approche face aux bouquins est liée à la bibliothérapie, car nous pensons sincèrement que la lecture procure un bien-être et que les oeuvres littéraires peuvent nous aider à cheminer personnellement. Nous tenons aussi à partager notre amour pour les bouquins, l’écriture, la création et sur les impacts positifs de ceux-ci sur notre vie et notre bien-être. Notre mission première est de favoriser la découverte de livres et de partager l’amour de la lecture, car ceux-ci peuvent avoir des impacts sur nos vies et sur notre évolution personnelle. Que ce soit le dernier roman québécois qui fait parler de lui, le vieux classique, le livre de cuisine ou bien même le livre à saveur plus psycho-pop, chez Le fil rouge, on croit fermement aux effets thérapeutiques que peuvent apporter la lecture et la littérature. Voilà pourquoi les collaboratrices et les cofondatrices se feront un plaisir de vous faire découvrir des bouquins qui leur ont fait du bien, tout simplement.

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