Littérature étrangère
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Les buveurs de lumière : une dystopie chaleureuse

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Jenni Fagan, auteure écossaise couronnée de nombreux prix littéraires, nous amène en 2020, dans la communauté fictive de Clachan Fells, en Écosse. Le monde entier est plongé dans une ère glaciaire; la température, en mars, atteint -56 degrés. Je ne me sentais donc pas trop déboussolée, après le temps que nous avons eu récemment! 😉

L’histoire se déroule dans un quartier de caravanes, où vivent Constance Fairburn et sa fille Stella, transgenre. C’est là que débarque Dylan MacRae, jeune homme qui a vécu toute sa vie dans un cinéma indépendant de Londres avec sa grand-mère et sa mère. Cette dernière lui a, à son plus grand étonnement, légué une des caravanes dans ce coin de pays. Entourés d’autres personnages excentriques, ces êtres tentent de survivre. Car il s’agit bien de survie : l’école est fermée, on empile les vivres, et on ne se balade pas à n’importe quelle heure du jour, et surtout pas habillé.e.s n’importe comment.

À travers tout ça, c’est le récit de ces trois personnages qui habite le roman. D’abord, Stella, la préado en quête identitaire de genre, et qui n’a pas la langue dans sa poche, livre ses pensées de manière authentique et avec une grande vivacité. Elle-même est entourée de l’amour de sa mère Constance, fervente survivaliste et femme indépendante, qui fume des joints les soirs et qui a deux amants. Puis, il y a Dylan, un citadin barbu et tatoué, qui, au fil des pages, vit le deuil des deux femmes qui l’ont élevé. Il tente tant bien que mal de comprendre sa place à Clachan Fells, mais aussi dans ce monde, dans lequel il est désormais seul. Le gin qu’il décide de distiller dans sa caravane lui tient compagnie, un peu comme celui que faisait sa grand-mère.

Elle se concentre, tentant d’absorber l’énergie des soleils au plus profond de ses cellules et ainsi, lorsqu’ils s’enfonceront dans l’hiver le plus sombre depuis deux cents ans, aux minutes les plus calmes, quand le monde entier connaîtra une absence totale de lumière — elle se mettra à briller, briller, briller.

– Les buveurs de lumière, Jenni Fagan, p. 11

La catastrophe naturelle mondiale que le livre met en scène est donc en filigrane. Le temps froid permet de rapprocher les gens, dans la vie comme dans la fiction. En effet, la tendresse vient tisser les liens entre ces personnages, qui, au final, montrent ce qu’il y a de plus humain en temps de crise. Il faut boire la lumière, comme le faisaient les buveurs de lumière d’un autre temps, dit Stella, car il faut l’emmagasiner le plus possible avant qu’elle ne disparaisse avec les glaciers. Il faut faire des réserves de chaleur, en somme, puisqu’il fera bientôt trop froid pour sortir voir la lumière du jour… Or, à mes yeux, ce sont les protagonistes eux-mêmes qui dégagent cette lumière dont ils ont tant besoin. Car si l’écriture est parfois un peu trop dense, car truffée de métaphores, le récit est d’une beauté et d’une humanité qui, ironiquement, réchauffe nos cœurs.

Connaissez-vous des romans qui réchauffent?

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