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Jane Eyre : un conte de fées réinventé

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Mal du pays, morosité, panne de lecture, voilà ce que je vivais quand je me suis plongée dans l’Angleterre victorienne de Jane Eyre.

Jane Eyre est une jeune orpheline qui vit chez sa tante. Détestée par cette dernière, tyrannisée par son cousin, elle est envoyée dans un pensionnat dirigé par un pasteur qui aime humilier les élèves. Dans cet établissement, Jane Eyre connaît la faim, le froid et la maladie. Elle en retire tout de même une solide éducation qui lui permettra de se trouver un poste de gouvernante dans un riche manoir anglais. Elle tombe amoureuse du propriétaire, Edward Rochester, un homme plutôt laid et taciturne, mais brillant et cultivé. Ses sentiments s’avèrent être réciproques et voilà l’occasion idéale pour Jane Eyre, la petite orpheline sans avenir, de s’élever socialement, de se soustraire à sa condition et de trouver fortune.

Conte de fées renversé : un modèle différent

« Quand vous êtes venues à moi, dans Hay Lane, hier soir, j’ai pensé sans raison à des contes de fées, et j’ai bien failli me demander si vous aviez ensorcelé mon cheval. »

Voici la prémisse idéale d’un conte de fées traditionnel. Comme le classique personnage de Cendrillon, Jane Eyre est pauvre, seule et a peu d’espoir d’échapper à sa condition. Un prince charmant se présente et voilà l’occasion de renverser son destin. La jeune fille rencontre d’ailleurs pour la première fois son bien-aimé, telle une scène de conte de fées, au détour d’un chemin, alors qu’il chevauche son destrier noir. Mais Jane Eyre n’a rien à voir avec Cendrillon. Elle n’est pas jolie et son charme repose plutôt sur son intelligence. De plus, elle ne cherche ni à faire fortune ni à s’élever socialement. Jane Eyre cherche la liberté et elle refuse de se détourner de ce but même pour le confort et l’amour.

« Je ne suis pas un oiseau et aucun filet ne me prend au piège. Je suis un être humain libre, ayant une volonté indépendante que j’exerce maintenant pour vous quitter. »

Edward Rochester est finalement celui qui est contraint par sa position sociale. Il est certes riche, mais il a dû se plier à la volonté paternelle, ce qui a eu de lourdes conséquences sur sa vie et son histoire. Prisonnier des choix qu’il s’est vu imposer, ce personnage cynique et à l’humour douteux a réussi à susciter ma compassion.

Conte gothique

L’ambiance de Jane Eyre fait aussi partie du charme de ce roman. Le récit est empli de mystère, notamment grâce à l’imagination de Jane imprégnée des histoires de nourrices de son enfance. De plus, des évènements étranges se déroulent à Thornfield. La nuit, des rires hystériques troublent le sommeil de Jane et des résidents du manoir sont mystérieusement attaqués. Pourtant, Edward ne semble pas vouloir investiguer, au grand désarroi de Jane.

Jane : un personnage lucide

Je me suis beaucoup identifiée à Jane, à sa quête de liberté, loin d’être idéalisée. Jane fait preuve d’une très grande lucidité tout au long du roman tant dans ses analyses des personnes qu’elle rencontre que dans celle de ses propres faiblesses. Moi aussi je cherche à être libre : moi aussi je me heurte à mes propres failles. Jane est aussi une artiste qui s’exprime à travers le dessin. Sa plus grande force repose sans doute sur cette vie intérieure qui lui permet d’être heureuse malgré la fatalité.

Je n’ai pas encore complètement émergé de Thornfield. Je suis toujours dans ce roman où la pluie et le vent cognent aux fenêtres. Ce roman m’a fait voyager et m’a présenté un personnage féminin fascinant. Et la pluie des landes anglaises m’a permis, le temps de quelques pages, d’oublier le froid yukonnais qui me fait regretter Montréal.

Et vous, quel livre vous a permis d’oublier un peu votre mal du pays ou votre morosité passagère?

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