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De drôles d’images pour illustrer une réalité moins gaie

J’ai commencé ma lecture de L’écume des jours avec quelques appréhensions. J’avais entendu dire qu’il s’agissait d’un roman classique assez particulier à lire, plutôt difficile à saisir. Après avoir reçu tous ces commentaires, j’avais un peu peur de m’y plonger, mais un classique est toujours une œuvre qui mérite d’être lue. C’est donc ce que j’ai fait, je me suis plongée dans l’univers de Boris Vian et je n’ai pas été déçue. L’univers Ce roman raconte l’histoire d’amour de Colin et Chloé, deux personnages qui évoluent entourés de leurs amis Chick, Alise, Nicolas et Isis. Colin est persuadé d’avoir trouvé en Chloé ce qui lui manquait pour avoir une belle vie, lui qui a déjà une vaste maison et assez d’économies pour vivre paisiblement sans avoir à travailler. Par contre, lorsque Chloé tombe malade, la situation dégénère rapidement. Quand le nénuphar est découvert sur le poumon de la jeune femme, c’est le début de la fin, autant pour le couple principal que pour les autres personnages orbitant autour de lui. Plus j’avançais ma lecture, plus je comprenais …

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Les passeurs de livres de Daraya : le pouvoir des livres sur fond de guerre

Tout a commencé par une photo publiée sur la page Facebook de Humans of Syria. Deux hommes, entourés de livres, une bibliothèque secrète. Il n’en fallut pas plus pour piquer la curiosité de la journaliste Delphine Minoui, spécialiste du Moyen-Orient. Il est difficile de décrire ce livre qui dépeint autant les horreurs de la guerre en Syrie que la beauté et le pouvoir des mots. De faire cohabiter ces deux thèmes semble presque absurde et, pourtant, nous n’avons pas ici affaire à une fiction, mais bien à des parcelles d’une véritable histoire, d’une bibliothèque secrète et des hommes qui y trouvent espoir, force et résilience. De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans …

Club de lecture : L’autre moitié du soleil

Dimanche 22 octobre 2017 Pour une seconde fois en 24 heures, nous nous retrouvons au café Chez l’Éditeur. C’est toujours un plaisir de nous retrouver dans ce café lumineux, entouré de livres, sur cette grande table de bois autour de laquelle les discussions coulent de soi. Cette fois-ci, pour notre seconde séance de notre club féministe, nous sommes en effectif réduit, à quatre autour de la table et nous nous demandons bien comment nous allons meubler notre temps. En plus, les deux participantes n’ont pas terminé le livre du mois. C’est des choses qui arrivent, surtout lorsqu’on donne à lire un livre de 660 pages tel que L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie. On profite du petit groupe pour se payer la traite avec les plus gros breuvages chauds possible, parfait pour la clémente température d’automne. On se rappelle qu’en septembre, lors de notre première rencontre, on était en pleine canicule. Considérant les lectures non terminées nous décidons de changer notre première question habituelle — qu’en avez vous pensez? – pour comprendre ce qui …

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« Ce sont des choses qui ne se font pas » Sauf pour Emma!

Je suis une grande amoureuse de l’œuvre de Sophie Bienvenu, je vous en ai déjà parlé ici, ici et ici. Alors lorsque j’ai su qu’elle publiait un premier livre pour les jeunes, j’ai d’emblée voulu le découvrir. Or, en sachant que ce roman jeunesse parlait de stéréotypes de genre, qu’il abordait les questions du féminisme, de la liberté et de l’affirmation de soi, je ne pouvais pas être plus heureuse! Je plaide pour des œuvres jeunesse inclusives, non-moralisatrices et féministes. Illustré par la Montréalaise Camille Pomerlo, La princesse qui voulait devenir générale est un roman jeunesse qui brise les stéréotypes attachés aux genres. Emma rêve d’être générale, tandis que son frère rêve d’être une reine. Leur père, le Roi Philippe, les empêchera d’être ceux qu’ils rêvent d’être, parce que « ce sont des choses qui ne se font pas ». Cette phrase sera au centre de tout ce que son père dira et croira. Heureusement, Emma croit en ses rêves et en sa volonté d’être ce qu’elle veut vraiment être. Elle quittera donc le royaume …

À la recherche de la mer et du temps perdu

On rêve tous de tomber sur la parfaite lecture de vacances. Celle qui nous permettra vraiment de décompresser, de nous perdre dans un monde qui n’est pas le nôtre, mais surtout d’avoir le sentiment de s’arrêter et de prendre le temps pour s’émerveiller. On a beau arpenter les librairies, les sites Internet et les suggestions de nos amis, rien n’y fait; on ne trouve jamais la perle rare. Car rien n’est moins sûr qu’un excellent livre. C’est notre propre perception qui influence nos choix, nos intérêts. Et ce qui fait un bon livre à bien des égards n’en déçoit pas d’autres pour autant. C’est une entreprise difficile certes, jusqu’au moment où vous le trouvez. Caché dans le fond d’une bibliothèque, ce livre dont vous ignorez tout est sur le point de vous hypnotiser pendant des semaines, et vous ne savez même pas encore dans quoi vous vous engagez vraiment. C’est cette histoire d’amour que j’ai vécue le mois dernier alors que je suis partie découvrir l’Amérique centrale durant quelques semaines. Ayant angoissé pendant plusieurs semaines …

L’amour contre tous

Eva et Ruda sont deux jeunes amoureux. Ils s’aiment passionnément et leurs parents acceptent leur amour malgré leur différence d’âge. Le seul problème est qu’ils sont amoureux à une période de l’histoire où on ne peut célébrer leur amour à sa juste valeur. Cet amour sera cependant leur plus grande force dans les épreuves qu’ils devront vivre. Eva et Ruda n’est pas un roman, mais plutôt un journal à quatre mains. Alors qu’originalement le livre est écrit en deux parties, pour sa première traduction française les éditeurs ont trouvé pertinent de changer de personnes entre chaque chapitre, ce qui me permettait de suivre leur parcours au même rythme. La première traduction française a été faite par une maison d’édition québécoise, car après la guerre Eva et Ruda sont venus habiter et terminer leurs jours à Montréal! Plus qu’une histoire d’amour Eva et Ruda se sont aimés lors de la Seconde Guerre mondiale, en fait juste avant qu’elle éclate. Je ne peux toujours pas l’expliquer, mais je reste captivée par les histoires qui se déroulent lors …

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Ma visite au théâtre Prospero

Il y a quelques temps j’ai dû me rendre au Théâtre Prospero afin d’assister à la pièce de Théâtre Don Juan revient de guerre, une pièce d’Ödön von Horváth, mise en scène par Florent Siaud. C’est une pièce qui raconte l’histoire de Don Juan qui revient perdant de la guerre et fait face à une société hors du commun, complètement changée. Il se retrouve perdu dans ce néant de nouveauté et fait face à son passé, un amour perdu. J’ai adoré la lecture de celle-ci. On doit l’avouer qu’une lecture scolaire obligatoire est plus agréable lorsqu’on apprécie la lecture de celle-ci. Puis, lorsque j’ai vu la pièce jouée, j’ai été fascinée et éblouie. Cette heure et trente minutes a passée trop rapidement, le spectacle était fini que j’en aurais écouté encore plus. L’après-guerre au centre de la pièce La réécriture d’Horváth de Don Juan semble démystifier ce personnage célèbre au théâtre, tout en lui imposant une désunion avec la société, particulièrement les femmes, élément majeur dans l’histoire de Don Juan depuis la création du personnage. Le …

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« Les fleurs, ce sont les poèmes de la nature »

La littérature jeunesse est une façon délicate d’aborder avec les enfants et les adolescents des sujets plus difficiles et complexes. En lisant des histoires abordant des thèmes tels que le racisme, l’homosexualité, le terrorisme et dans ce cas-ci, la vie dans un camp de réfugiés, les enfants apprennent à parler de ces sujets plus sensibles, développent leur sens critique et par le fait même, leur compassion, leur empathie et leur ouverture d’esprit. L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur d’Andrée-Anne Gratton et Oussama Mezher est l’histoire d’une petite fille, Samia, qui comme le titre l’indique, n’a jamais vu une fleur de sa vie. Elle est née et habite avec ses parents dans un camp de réfugiés situé entre deux pays en guerre. Son quotidien n’est pas composé de couleurs, de fleurs, de nature. C’est son voisin Mayi qui lui dira cette phrase d’une telle beauté et poésie pour lui décrire ce que sont les fleurs et c’est aussi à ce moment qu’il décidera que Samia doit voir une fleur, une fois au moins dans sa …

Dans l’oeil du soleil: au coeur des motivations de chacun.

Dans l’oeil du soleil nous transporte au coeur de Kaboul, sous la plume d’une journaliste tentant de comprendre les motifs derrière un attentat qui tua trois de ses connaissances. S’ensuit un récit de filiation dans lequel, en jouant avec des retours en arrière et une multiplicité des voix, Deni Ellis Béchard dresse le portrait de Clay, Justin et Alexandra venus à Kaboul pour différentes raisons et qui n’en repartiront jamais : tous les trois morts dans une explosion de voiture. Qu’est-ce que ces trois personnes, dont les liens semblent être de surface, faisaient dans cette voiture? Où est passé le conducteur, la quatrième personne? Qui sont Clay, Justin et Alexandra? Qu’est-ce qui les a poussés à venir en Afghanistan? Voilà quelques-unes des questions qui poussent le personnage principal, jeune journaliste dont le nom est si peu mentionné, à enquêter. Alors que son but premier est de faire un article, c’est plutôt l’envie de faire un roman qui la pousse à continuer, en se rapprochant petit à petit de ces gens qu’elle a à peine connus. « Mon roman serait différent : …

De l’effet pénible de la répétition: « Une femme à Berlin » de Marta Hillers… et Brigitte Haentjens

C’est la fin de la Deuxième guerre mondiale, à Berlin, en 1945. La guerre est remportée par les Alliés. Les Soviétiques ont la tâche, alors, de libérer Berlin de la dictature nazie. La ville est envahie par les soldats de Staline et le corps féminin est lui aussi un territoire à occuper. Les femmes doivent dès lors inventer leur résistance, et pour éviter le pire, elles choisissent de « coucher pour manger ». C’est ce que raconte le texte de Marta Hillers, Une femme à Berlin. Ce qui se passe dans la cave où elles se réfugiaient. Dans leur monde, les viols sont répétés, routiniers, habituels. Lors de la publication du texte, l’auteure est anonyme. Il faut repenser à l’Allemagne post-nazie : le peuple traumatisé tait toute l’ampleur des crimes commis, se cache derrière la honte, refoule toute la douleur des conséquences de cette guerre. Ce n’est qu’à sa mort, en 2001, que l’identité de Marta Hillers est révélée, celle qui a écrit cette « autre » guerre, celle des femmes. Les femmes ayant vécu ces atrocités peuvent désormais cesser de …