All posts tagged: Guerre

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Ma visite au théâtre Prospero

Il y a quelques temps j’ai dû me rendre au Théâtre Prospero afin d’assister à la pièce de Théâtre Don Juan revient de guerre, une pièce d’Ödön von Horváth, mise en scène par Florent Siaud. C’est une pièce qui raconte l’histoire de Don Juan qui revient perdant de la guerre et fait face à une société hors du commun, complètement changée. Il se retrouve perdu dans ce néant de nouveauté et fait face à son passé, un amour perdu. J’ai adoré la lecture de celle-ci. On doit l’avouer qu’une lecture scolaire obligatoire est plus agréable lorsqu’on apprécie la lecture de celle-ci. Puis, lorsque j’ai vu la pièce jouée, j’ai été fascinée et éblouie. Cette heure et trente minutes a passée trop rapidement, le spectacle était fini que j’en aurais écouté encore plus. L’après-guerre au centre de la pièce La réécriture d’Horváth de Don Juan semble démystifier ce personnage célèbre au théâtre, tout en lui imposant une désunion avec la société, particulièrement les femmes, élément majeur dans l’histoire de Don Juan depuis la création du personnage. Le …

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« Les fleurs, ce sont les poèmes de la nature »

La littérature jeunesse est une façon délicate d’aborder avec les enfants et les adolescents des sujets plus difficiles et complexes. En lisant des histoires abordant des thèmes tels que le racisme, l’homosexualité, le terrorisme et dans ce cas-ci, la vie dans un camp de réfugiés, les enfants apprennent à parler de ces sujets plus sensibles, développent leur sens critique et par le fait même, leur compassion, leur empathie et leur ouverture d’esprit. L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur d’Andrée-Anne Gratton et Oussama Mezher est l’histoire d’une petite fille, Samia, qui comme le titre l’indique, n’a jamais vu une fleur de sa vie. Elle est née et habite avec ses parents dans un camp de réfugiés situé entre deux pays en guerre. Son quotidien n’est pas composé de couleurs, de fleurs, de nature. C’est son voisin Mayi qui lui dira cette phrase d’une telle beauté et poésie pour lui décrire ce que sont les fleurs et c’est aussi à ce moment qu’il décidera que Samia doit voir une fleur, une fois au moins dans sa …

Dans l’oeil du soleil: au coeur des motivations de chacun.

Dans l’oeil du soleil nous transporte au coeur de Kaboul, sous la plume d’une journaliste tentant de comprendre les motifs derrière un attentat qui tua trois de ses connaissances. S’ensuit un récit de filiation dans lequel, en jouant avec des retours en arrière et une multiplicité des voix, Deni Ellis Béchard dresse le portrait de Clay, Justin et Alexandra venus à Kaboul pour différentes raisons et qui n’en repartiront jamais : tous les trois morts dans une explosion de voiture. Qu’est-ce que ces trois personnes, dont les liens semblent être de surface, faisaient dans cette voiture? Où est passé le conducteur, la quatrième personne? Qui sont Clay, Justin et Alexandra? Qu’est-ce qui les a poussés à venir en Afghanistan? Voilà quelques-unes des questions qui poussent le personnage principal, jeune journaliste dont le nom est si peu mentionné, à enquêter. Alors que son but premier est de faire un article, c’est plutôt l’envie de faire un roman qui la pousse à continuer, en se rapprochant petit à petit de ces gens qu’elle a à peine connus. « Mon roman serait différent : …

De l’effet pénible de la répétition: « Une femme à Berlin » de Marta Hillers… et Brigitte Haentjens

C’est la fin de la Deuxième guerre mondiale, à Berlin, en 1945. La guerre est remportée par les Alliés. Les Soviétiques ont la tâche, alors, de libérer Berlin de la dictature nazie. La ville est envahie par les soldats de Staline et le corps féminin est lui aussi un territoire à occuper. Les femmes doivent dès lors inventer leur résistance, et pour éviter le pire, elles choisissent de « coucher pour manger ». C’est ce que raconte le texte de Marta Hillers, Une femme à Berlin. Ce qui se passe dans la cave où elles se réfugiaient. Dans leur monde, les viols sont répétés, routiniers, habituels. Lors de la publication du texte, l’auteure est anonyme. Il faut repenser à l’Allemagne post-nazie : le peuple traumatisé tait toute l’ampleur des crimes commis, se cache derrière la honte, refoule toute la douleur des conséquences de cette guerre. Ce n’est qu’à sa mort, en 2001, que l’identité de Marta Hillers est révélée, celle qui a écrit cette « autre » guerre, celle des femmes. Les femmes ayant vécu ces atrocités peuvent désormais cesser de …

Hiroshima, une ville d’amour malgré tout

En 1945, Hiroshima était la cible d’une attaque atomique des États-Unis. En 1959, Resnais réalise un film anti-guerre, Hiroshima mon amour, dans le but de réconcilier les peuples, mais à la fois de créer un poème d’amour et de mort. C’est Marguerite Duras qui scénarise le film à la demande du populaire défunt réalisateur. « Je me souviens de toi. Cette ville était faite à la taille de l’amour. Tu étais fait à la taille de mon corps même. Qui es-tu? Tu me tues. J’avais faim. Faim d’infidélités, d’adultères, de mensonges et de mourir. Depuis toujours. Je me doutais bien qu’un jour tu me tomberais dessus. Je t’attendais dans une impatience sans borne, calme. Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu’aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. » En parcourant les allées de la librairie de mon quartier, j’ai décidé d’acheter le roman Hiroshima mon amour, pour finalement pouvoir goûter à l’écriture de la grande Marguerite Duras, dont j’avais longtemps entendu les mérites et les éloges. Quoi …

Des albums résistants: le phénomène de la littérature subversive pour la jeunesse

Je me suis mise à m’intéresser aux « albums résistants » en littérature jeunesse suite à une conférence donnée par Marie-Christine Beaudry  dans le cadre d’un séminaire à l’UQÀM. On appelle « textes résistants » les livres qui offrent une résistance à la lecture, c’est-à-dire qui ne donnent pas nécessairement de réponses à nos questions, qui nous font réfléchir, qui nous ébranlent ou qui nous laissent perplexes. Ces albums subversifs laissent parfois les lecteurs en suspens, finissent mal ou sur une surprise. Ils abordent des sujets controversés ou difficiles tels que la mort, la maladie, le handicap physique, la violence, etc, invitent à des réflexions philosophiques et surtout, ne proposent pas nécessairement de solution ou heureuse ou magique qui règle tout. Intéressée, je suis partie à la recherche de ces livres. Je suis tombée sur quelques uns par hasard en fouillant dans les rayons, d’autres m’ont été suggérés. Puis, je me suis rendue compte qu’une section spéciale était réservée à ces livres, à la bibliothèque, sous l’appellation de livres « coups de poing », suggérant l’accompagnement d’un …

Imre Kertész, l’être sans destin

C’était il y a quelques années déjà. C’était à l’époque où j’étudiais la littérature à l’Université de Sherbrooke. C’était dans un cours qu’offrait Patrick Nicol. C’était un cours sur la littérature du monde. C’était la première fois que j’entendais parler d’Imre Kertész. Imre Kertész est né le 9 novembre 1929 à Budapest, dans une famille juive. 1944 il fut déporté au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Il fut libéré à Buchenwald en 1945. […] Après deux ans passés sous les drapeaux, il mène depuis une vie d’écrivain indépendant et de traducteur d’auteurs de langue allemande tel que Nietzsche, Hofmannsthal, Schnitzler, Freud, Roth, Wittgenstein et Canetti qui tous ont eu une influence sur sa création littéraire. Encore trop habituée à la littérature dite classique, je dois avouer que j’ai ressenti un certain malaise au début du cours, tous les romans au programme étaient plutôt de la vague actuelle. Mon malaise s’est rapidement transformé en curiosité et finalement en fascination pour ce type de littérature. Au programme, il y avait Foe de J.M. Coetzee, La lenteur de Milan …

L’orangeraie, une histoire d’actualité

Une amie m’a conseillé de lire L’orangeraie de Larry Tremblay il y a quelques mois. Depuis cette discussion, je l’ai contemplé en librairie à maintes reprises, puis finalement acheté. J’ai apprécié cette lecture de la première page à la cent-soixantième par son écriture charmante et directe. Cet ouvrage m’a fait ressentir un amas d’émotions différentes allant de la joie à la nostalgie, à la tristesse, émotions parfois difficiles à camoufler, surtout lors de mes séances de lectures quotidiennes dans le métro. L’orangeraie, c’est l’histoire de deux jeunes jumeaux, Aziz et Amed, vivant quelque part au Moyen-Orient sur l’Orangeraie familiale avec leurs parents. La vie semble paisible dans leur petit coin de paradis, jusqu’au moment où tout bascule, où la guerre supprime toutes traces de sérénité et tache le destin de rouge de cette famille. C’est la démonstration d’une union entre deux frères dont leur enfance s’efface pour laisser la place à un destin beaucoup plus noir que prévu, c’est l’histoire d’une enfance volée par les injustices de ce monde. « Il régnait dans la maison une …

La guerre de Malala

Je ne vous le cacherai pas, je suis jalouse et fascinée par la vie de cette jeune femme qui semble avoir tellement plus accompli que moi. C’est lors de ces lectures qu’on peut réaliser que nous vivons dans le gros luxe. Il est certain que la situation au Québec et ses commissions scolaires n’est pas très jolie jolie avec l’austérité et ses coupures. Nous avons cependant la chance de pouvoir envoyer tous et toutes les enfants à l’école (mais avec quel service ! Bon! Je ne me lancerai pas dans ce débat!). Et puis, ce qui est plutôt triste, c’est qu’alors qu’au Québec on se bat pour de meilleurs services pour nos enfants et futures générations, le père de Malala, propriétaire d’une école, envoyait gratuitement des enfants à son école. Parce que l’éducation est ce qui est le plus important ! Dans cette lecture, j’ai fait la rencontre d’une jeune femme qui aime passionnément son père et son école (parce que l’un ne va pas sans l’autre). Malala nous apprend à les aimer autant qu’elle. …