Littérature canadienne
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Comment je suis tombée amoureuse de Andrew Kaufman

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J’étais fatiguée. J’avais envie d’une lecture légère, rapide, simple et qui ne me sollicite pas trop. Du coup, j’ai pris de livre, Minuscule, juste parce qu’il n’était pas très épais. En plus, il avait pile la tête de l’emploi… Finalement, j’ai plongé dans le monde de l’auteur, ai lu le livre d’une seule traite, et me suis jetée sur ses autres romans. Andrew Kaufman a fait beaucoup plus que me divertir : il m’a fait rire, il m’a fait réfléchir, il m’a fait penser à mes amis, il m’a nourrie… il m’a fait beaucoup de bien.

Minuscule

Tout commence par un banal cambriolage dans une banque. Mais au lieu de prendre de l’argent, le voleur demande aux personnes présentes de lui donner l’objet qui a le plus de valeur sentimentale à leurs yeux. À son départ, il leur dit : «En sortant d’ici, je vais emporter 51% de votre âme avec moi. Cela va se traduire par d’étranges conséquences dans vos vies. Mais voici le plus important : apprenez à la faire repousser, ou vous mourrez.»

À partir de là, chacun des cambriolés va se faire assaillir par des épreuves plus fantas(ti)ques les unes que les autres : l’une fuit son tatouage de lion qui a pris vie, une autre se transforme en bonbon, l’un voit sa mère se multiplier dans sa maison… ils sont une quinzaine à se confronter à leurs blocages et à tenter de se sauver.

L’auteur les force à faire face à ce qui les empêche d’avancer dans leur vie avec humour, douceur, mais aussi avec tellement de psychologie ! Je défie quiconque de ne pas se reconnaître ou de ne pas retrouver un de ses proches dans ces épreuves.

Tous mes amis sont des superhéros

Déjà emportée par Minuscule, j’attendais beaucoup de celui-ci, et il ne m’a pas déçue.

C’est l’histoire d’amour entre Tom et Super-Perfectionniste. Le jour de leur mariage, Super-Hypno, jaloux, hypnotise Super-Perf pour qu’elle ne voit plus Tom. Celui-ci devient donc sélectivement invisible, ce qui est bien ennuyeux.

Tom nous raconte comment il a rencontré Super-Perf, comment il s’est intégré à la communauté des superhéros de Toronto, et comment il va trouver une solution pour que l’amour de sa vie puisse à nouveau le voir.

Cette fois, Andrew Kaufman prend les caractéristiques de ses personnages (autant qualités que défauts) pour en faire des super-pouvoirs. J’ai littéralement fondu devant Super-Sofa, Super-Dimanche, Super-Je-danse-trop-bien, Super-Stress… Tout comme dans Minuscule, on se demande rapidement : «Et moi, quel Super- serais-je ?» ou alors on éclate de rire en rencontrant un de nos amis parmi les superhéros décrits.

Les Weird

Ce dernier livre raconte l’histoire de la fratrie Weird, cinq enfants auxquels leur grand-mère a fait des dons à la naissance. Ainsi reçoivent-ils sécurité, espoir, sens de l’orientation, pardon et force. En fin de vie, la grand-mère reconnaît qu’en fait, ses dons ont plutôt été des malédictions qui ont empêché ses petits-enfants de vivre pleinement leur vie : celui qui cherche toujours la sécurité ne saura pas prendre le risque d’un changement ; celle qui ne perd jamais espoir est finalement prisonnière de ce dernier ; celle qui ne peut se perdre ne saura pas non plus s’abandonner dans les bras de quelqu’un d’autre ; celle qui pardonne sans condition se fera abuser en permanence ; et celui qui est fort aura toujours quelque chose à prouver.  Elle leur demande donc de se retrouver autour d’elle avant sa mort pour qu’elle puisse lever ces «malédons».

Comme toujours avec Andrew Kaufman, les héros remettent en question leur vie en profondeur, avec humour et douceur. On aime les enfants Weird et oui, on se reconnaît en eux. On leur souhaite de récupérer une vie imparfaite et normale, où ils pourront faire leurs erreurs et finalement trouver le bonheur.

J’en veux encore !!

J’ai tout simplement adoré l’humour, la candeur, l’amour qui se dégagent des écrits d’Andrew Kaufman. Mettre en scène des personnages qui doivent faire face à des questions aussi profondes, mais avec autant de simplicité et d’émotions n’est vraiment pas une chose évidente. Il dédramatise tout, rien n’est jamais grave ou définitif. Ses personnages sont si humains et si normaux au milieu de leur histoire extraordinaire, qu’ils sont extrêmement touchants. Alors qu’on est clairement dans l’imaginaire et le fantastique, on a vraiment l’impression que chacune des situations pourrait nous arriver.

C’est un tel coup de cœur que je l’ai déjà fait lire à ma sœur et à plusieurs amies. Chacune s’y est retrouvée, mais pas toujours à l’endroit prévu par les autres, d’ailleurs. Ce sont définitivement des livres qui ouvrent à la réflexion sur soi, mais surtout au dialogue avec les autres.

Je suis vraiment tombée en amour avec Andrew Kaufman. En attendant de lire ses prochains écrits, je vais relire encore et encore ceux qui sont déjà traduits en français, et je vais en parler encore et encore avec mes proches.

Et vous, pour quel auteur êtes-vous tombé(e)s en amour dernièrement ?

 

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Un commentaire

  1. Votre article est dynamique et donne envie de découvrir Andrew KAUFMAN.
    Dans un autre style, je suis en train de tomber à nouveau amoureuse de Philippe Claudel. Dès que j’ai terminé « L’arbre du pays Toraya », j’en livre une critique sur mon blog, unchateaudansle93.

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