Littérature québécoise
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La spirale de l’emploi qui paie bien

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Subordonnée d’Isabelle Gaumont, c’est un roman qui raconte l’histoire de Simone Beaubien, une Montréalaise bien ordinaire. Ce dernier mot fait pourtant toute la différence. En effet, cette jeune femme dans la vingtaine expérimente une vie ordinaire. Elle occupe un emploi ordinaire, a une relation amoureuse ordinaire et répète une routine hebdomadaire des plus ordinaires. Dans toute cette banalité, elle n’est pas heureuse, car tous les aspects de sa vie sont bien médiocres.

Quand les choses clochent

Simone est une femme vaillante. Elle travaille à un rythme effréné, et surtout constant, en plus de cumuler les heures supplémentaires, afin d’être une employée modèle et de rapporter le plus d’argent possible à la compagnie pour laquelle elle travaille. Pourtant, personne ne lui reconnaît le moindre mérite. L’immeuble de bureaux où elle travaille est un lieu hostile où la compétition entre les employés et l’obsession des patrons pour les rendements rendent l’atmosphère très difficile à vivre.

Les choses ne s’améliorent pas lorsqu’elle est à la maison. Les rares moments où elle peut prendre un peu de répit, elle les passe avec un homme qui ne s’investit pas dans leur relation et qui a un fort penchant pour l’alcool.

Finalement, le personnage principal qui est également la narratrice a une piètre opinion d’elle-même. Bien qu’elle réussisse très bien au niveau professionnel, elle a tout de même l’impression qu’elle est mal informée sur tout le reste, que ce soit sur l’actualité ou les arts. Elle passe donc tous ses temps libres à essayer d’accéder à toujours plus de connaissances, afin de ne pas être prise au dépourvu si une personne lui posait un jour une question sur un sujet précis.

Bref, cette femme n’est pas heureuse.

Quand les choses explosent

Les journées passent donc, identiques les unes aux autres, mais paraissant toujours plus longues et désagréables. Par contre, Simone devient légèrement impatiente devant tous ces clients mécontents et ces collègues aussi désagréables les uns que les autres. Malgré tout, rien ne semble freiner Simone qui est plus productive que jamais, jusqu’à ce qu’un superviseur l’oblige à profiter de l’un des services offerts par la compagnie, c’est-à-dire cinq séances gratuites chez un psychologue. Peu convaincue de l’idée, puis du psychologue lui-même, elle se présente tout de même à ses cinq rendez-vous et finit par les apprécier.

Quand les choses se rétablissent

C’est finalement par le biais de plusieurs changements drastiques et d’un arrêt de travail de trois mois que les choses finissent par s’améliorer pour Simone Beaubien. Bien que ce livre ait été écrit sur un ton badin, il traite tout de même d’un sujet important. Simone représente malheureusement un trop grand nombre de personnes qui choisissent, comme elle, un emploi sérieux, stable et qui paie bien, mais pour lequel ils n’ont que peu, voire pas d’intérêt.

«Je déteste mon emploi, mais je ne peux pas démissionner. Sinon, adieu mon ancienneté. Cela m’obligerait à accepter des horaires dont personne ne veut et ferait fondre le peu d’avantages sociaux gagnés à perdurer. Je déteste mon emploi. Et je déteste le désigner avec un pronom possessif. […] J’ai la forte impression qu’en disant « mon » emploi, je me l’approprie et que je n’en sortirai jamais. […] Par contre, « mon » petit chèque de paye, c’est « mon » petit chèque de paye.»

De nos jours, plusieurs semblent oublier que le travail est une chose à laquelle nous consacrons d’innombrables heures, tout au long de notre vie. Si le travail en question paie bien, mais n’apporte aucun plaisir, aucune satisfaction et aucun sentiment du devoir accompli, est-ce réellement un bon emploi? Se baser sur le salaire lorsqu’il est question de choisir une profession est aberrant. Ce livre rappelle de manière assez cynique ce qui se passe dans une telle situation. Bien que les phrases soient écrites de manière à faire sourire, en comparant chaque chose à son équivalent monstrueux, on se rend compte à la fin du roman qu’un message est passé.

Bref, ce livre d’Isabelle Gaumont est léger, facile à lire, mais également très sérieux au bout du compte; j’ai bien aimé cet équilibre. Je l’ai lu à petites doses, sur une longue période, mais je reprenais facilement la lecture là où je l’avais laissée. C’est une chose assez rare dans mon cas. Lorsque je délaisse un livre durant un bout de temps, j’ai souvent besoin de beaucoup de motivation pour le reprendre. Pourtant, cela a été facile avec Subordonnée.

Il s’agit donc d’un roman que je conseillerais, surtout aux jeunes qui hésitent à se lancer dans un domaine qui les passionne, mais où il est difficile de percer. Subordonnée pourrait bien les influencer à choisir de se lancer dans ce qui les captive, car il montre bien – ceux qui le liront comprendront – qu’on a qu’une seule vie à vivre.

 Connaissez-vous d’autres titres de livre qui sont, comme celui-ci, un peu moralisateurs?

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