Littérature québécoise
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M’étendre sur l’asphalte

«J’ai la tête qui éclate
J’voudrais seulement dormir
M’étendre sur l’asphalte
Et me laisser mourir»

«Le monde est stone», Starmania

J’étais déjà charmée par le titre du roman jeunesse de Julie Bosman, qui représente la chanson «Le monde est stone», l’une de mes chansons préférées de la comédie musicale Starmania. Je me suis alors demandé si j’allais me retrouver dans un monde digne de Starmania? Ou encore dans une histoire où on retrouve une comédie musicale, ou qui sonne comme une comédie? N’aimant pas lire la quatrième de couverture avant de commencer ma lecture, je me gardais la surprise. Et j’ai rapidement constaté que l’idée du titre vient de l’époque. Je me suis retrouvée dans le corps d’une jeune femme de 12 ans, et dans un univers où on retrouve une petite odeur de fixatif.

M’étendre sur l’asphalte parle des douleurs qu’on vit lors de l’adolescence : des premiers amours, des premières passions, des premières frustrations face à nos parents qu’on voudrait tant changer, des amitiés qu’on crée et qu’on perd, des montagnes russes d’émotions… et dans ce cas-ci, des premiers deuils.

Bye-bye enfance

Julie s’en va au secondaire. Elle n’attend que les changements. Elle attend le jour où elle aura enfin une grosse poitrine, où elle sera femme et tout le contraire de sa mère. Julie regarde son grand frère avec admiration et souhaite avoir sa liberté. Julie a également un voisin qui est son ami d’enfance, avec qui elle s’amuse à garder une petite innocence. Mais pendant le début de l’été, cet ami disparaît pour toujours. Julie perdra alors avec lui une partie de son enfance et de son innocence. Avec sa meilleure amie Belinda, elle essayera de jouer à la jeune femme.

Cette découverte de soi et l’histoire de Julie me font beaucoup penser à la série La lumière blanche d’Annick Poitras, qui a bercé mon adolescence. Dans les deux cas, on retrouve une jeune préadolescente qui vit des changements corporels et qui perd un être cher et significatif.

Dans le cas de Julie, elle prend conscience de toutes les pressions et les injustices sociales que vivent les femmes. Elle constate la charge mentale avec laquelle vit sa mère, et ce n’est pas ce qu’elle souhaite pour son futur. Elle veut être libre comme son grand frère et chouchoutée comme son petit frère. Elle n’a pas envie de «trimer» comme sa mère (dodo-boulot-souper-ménage-s’occuper-du-p’tit-ménage-etc.-etc.). Elle veut être comme ses idoles : des femmes libérées. Une Diane Dufresne aux seins nus sur son album. On retrouve une sensibilisation aux droits de la femme dans sa libération. Car il ne faut pas oublier que la femme des années 80 n’avait pas les mêmes conditions ni les mêmes rôles que celle d’aujourd’hui.

Psichht Psichht les années 80!

On retrouve énormément de références aux années 80 dans le roman. J’aime cette époque, j’aime ce qu’on y retrouve, mais je me suis demandé si c’était «attirant», intéressant, pour les jeunes québécois-e-s d’aujourd’hui, considérant que c’est un livre jeunesse? On pourrait plutôt croire que l’autrice s’est fait un cadeau en l’écrivant.

Les références touchent divers sujets, mais particulièrement la musique, qui a une grande importance, comme celle de la merveilleuse Diane Dufresne, ou encore de David Bowie!

On peut faire un parallèle avec la populaire série Stranger Things, qui aborde beaucoup les années 80 dans la culture générale (pop) connue de tous, par exemple Donjon et Dragons, Ghost Buster, etc.. Mais contrairement à ce qui en est pour Stranger Things, Julie Bosman a fait en sorte que les années 80 ne soient pas seulement accessoires à son histoire, mais qu’elles fassent partie de l’ambiance et de la personnalité des personnages. Il m’était donc plus facile de comprendre les références et la psychologie du personnage et de m’identifier à elle. 

Était-ce un bon choix? Je ne le sais pas, cependant, j’ai adoré ma lecture.

Étant une enfant des années 90, je comprends les références. Ma mère est une grande fan de Diane Dufresne et j’ai toujours aimé les comédies musicales, alors je reconnaissais les succès de Starmania et de David Bowie. Je reconnaissais aussi les noms qui font partie de la culture pop québécoise des années 80.

Pour le plaisir de l’histoire, de se retrouver dans le corps d’une jeune préadolescente, j’ai beaucoup apprécié ma lecture.

Avez-vous déjà lu un livre qui vous a rappelé votre enfance?

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