Littérature québécoise
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À bâbord! Revue des possibles

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J’adore éplucher les articles de revues indépendantes qui abordent de front des enjeux sociaux d’actualité et qui osent l’éditorial. Cela permet sans aucun doute de se faire une tête politisée et aide à prendre position sur des sujets parfois lourds. Avec hâte et ravissement, j’ai donc lu la revue sociale et politique À bâbord! dont le plus récent numéro porte le thème « Abitibi : territoire des possibles ».

Revue des possibles

À bâbord! est une revue indépendante sans but lucratif qui vise entre autres à informer, à développer la pensée critique et à valoriser les rebelles et les rébellions partout au Québec et à travers le monde, sur des enjeux qui concernent l’organisation de la société. Les valeurs défendues par le collectif d’écrivains et écrivaines sont l’égalité, la liberté, le respect de l’environnement et la justice. Cela donne un bref portrait, et si dans le langage maritime, « à bâbord » signifie « à gauche » lorsqu’on regarde vers l’avant du bateau, ce n’est sûrement pas un hasard.

Abitibi, tu donnes le goût

IMG_0033Le thème spécial de ce numéro donne lieu à une série d’articles passionnants, remplis d’émotions, de vécu et d’une volonté palpable de faire connaître la beauté du territoire abitibien ainsi que sa vie culturelle, sociale et économique. Lorsqu’on parle du monde rural québécois, l’Abitibi ressort assez vite dans les discours… mais la connaît-on vraiment, cette Abitibi? À travers des articles à saveur historique sur les Fros, ces migrants d’Europe de l’Est venus s’installer à Rouyn-Noranda, ou des articles allant de l’industrie minière et ses secrets à l’art autochtone, en passant par l’amour des grands espaces, les pages qui se succèdent ont réussi à susciter mon intérêt et mon admiration pour les Abitibiens et Abitibiennes.

« L’autre moitié du show, c’est d’être assis la nuit, dans la neige, en regardant la lune danser à travers les silhouettes noires des conifères; c’est regarder un ciel étoilé qui n’est troublé par aucune pollution lumineuse. »

La seconde mine d’or, Guillaume Rivest

En Abitibi, on s’en doute, beaucoup d’enjeux sont teintés de la grandeur du territoire et du lien étroit entre l’Abitibi et la production minière. La lecture de ce dossier spécial est donc l’occasion rêvée de réfléchir aux points de contact entre enjeux sociaux et géographie.

À bâbord! : politique et revendicatrice

À l’aube de l’élection fédérale (j’ai reçu la revue au mois de septembre!), deux articles au début de la revue permettent de faire un rapide tour de l’ambiance populaire qui règne autour de chacun des partis, de la montée du conservatisme provincial et fédéral et, en bref, du peu d’engouement qui règne chez les progressistes à l’approche de cette journée d’élections. Toujours dans la politique, un article qui dénonce vivement le projet de loi 21 sur la laïcité permet de voir l’ampleur des conséquences de ce projet sur certains groupes trop souvent ciblés et exclus au Québec. 

Malgré ces portraits un peu déprimants, la voix prise par les militantes et les militants au Québec – mais à travers le monde également, notamment en Algérie et en Colombie – permet de ne pas dissoudre complètement l’espoir d’un changement vers l’égalité de tous et de toutes.

Coup de cœur

Dans cette lecture par article, j’ai flanché, sans surprise, pour un article de Martine Delvaux, autrice féministe bien connue, sur les adolescentes et l’anxiété. Pendant cette période de la vie, l’anxiété est commune, mais selon l’autrice, elle serait amplifiée par les conditions sociales et environnementales actuelles.

Je pense qu’il existe un intérêt pour les points de vue élaborés à partir de l’expérience personnelle, qui ont leur importance, et Delvaux, dont la fille a 16 ans, le met en valeur. En effet, elle observe des parallèles entre son propre passage à l’adolescence et celui de sa fille (plusieurs interrogations, remises en question, discussions, inquiétudes…), mais repère aussi la grande différence entre leurs parcours, qu’elle situe dans un manque d’espoir pour sa fille en regard du futur : à quoi s’attendre de mieux pour la suite des choses lorsqu’on analyse la crise environnementale? Sans tomber dans le cynisme, Delvaux valorise les initiatives diversifiées pour se relever devant la peur :

« « Nous » sommes aussi des déesses, des amazones, des sorcières. Fortes de ce qu’elles ont à perdre, les adolescentes sont prêtes à tout pour gagner un tant soit peu d’espoir, d’avenir et de vérité. »

Adolescentes, Martine Delvaux 

Je pourrais m’étendre encore, mais à vous de découvrir le reste. Pour ses articles en dehors des sentiers battus, pour la valorisation du savoir dans l’expérience, pour les points de vue féministes et engagés et pour les prises de position ouvertes, j’ai adoré À bâbord!

Et vous, quelle revue a su faire sa place sur votre table de chevet?

Le fil rouge tient à remercier chaleureusement le service de presse de l’équipe d’À babord! pour le numéro 80 de sa revue.

 

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