Auteur : Andréanne Lauzon

Lèche-Vitrines et la douceur de nos dix-huit ans

Beaucoup connaissent Sarah-Maude Beauchesne pour son blogue Les fourchettes. Son écriture franche et sensible m’a toujours beaucoup plu. Voilà que l’an dernier, elle faisait paraitre son premier roman jeunesse Cœur de slush. On y retrouvait les aventures d’une jeune fille qui vit les premiers émois de la fin de son adolescence. En février, c’est le tome 2, Lèche-vitrines, qui a paru. Et on l’attendait, la suite des aventures de Billie Lou. Après que Pierre ait touché son cœur pis le reste, on voulait savoir ce qui était arrivé à l’adolescente. Billie a dix-huit ans. Sa vie change, parce que la fin du secondaire est arrivée, que sa mère est revenue d’un grand voyage, mais surtout parce qu’elle a donné son cœur à quelqu’un qui l’a un peu magané. À dix-huit ans, après avoir fait l’amour pour la première fois, Billie se demande où elle s’en va. Elle se demande si le cœur peut vraiment suivre tous ces grands chambardements. Dans la grande ville qu’est Montréal, elle peut essayer d’oublier les grands yeux bleus de Pierre, elle …

Kaléidoscope : la bonne nouvelle que l’on attendait

De nombreux livres sont lus chaque année par nos enfants. Les bibliothèques scolaires ou municipales ainsi que les librairies regorgent de bouquins qui attendent patiemment la venue d’un petit être à éclairer. Or, comment s’assurer que les livres qui tomberont entre les mains de notre progéniture sauront aborder avec respect les valeurs que l’on souhaite ardemment lui transmettre? Et si les livres qu’ils lisent contenaient trop de clichés, d’idées préconçues, de fausses croyances? Et si les livres que l’on transmettait à nos jeunes en étaient exempts? Et si on leur faisait voir des sociétés sans sexisme, sans stéréotype, sans ces construits sociaux qui viennent miner les jeunes esprits? Et si la littérature pouvait être ainsi? Si la littérature que l’on transmet pouvait être un vecteur de marque dans la construction d’un monde meilleur? Voilà que l’équipe du Centre filles du YMCA a mis sur pied une plateforme incroyable qui vise à faire connaitre à tous ces livres qui véhiculent des messages d’équité. Le but? « Favoriser la représentation non stéréotypée des filles et des garçons et participer …

Hiroshimoi: le beau qui fait mal

Il y a quelques semaines, Véronique Grenier, auteure du nouvel ouvrage Hiroshimoi, tenait une séance de signature en plein coeur du Mile-End. L’endroit n’avait pas été choisi au hasard. En effet, c’est dans la minuscule boutique des créateurs de La Montréalaise Atelier que se tenait l’événement. Un magnifique chandail créé par La Montréalaise y était présenté, prêt-à-porter qui mettait le roman de Grenier à l’honneur.  Je m’y suis donc rendue, bravant le froid. Je suis arrivée devant l’atelier avec les pieds congelés. L’errance que je venais de me taper pour trouver l’endroit m’avait frigorifiée. Le local était tout petit. À l’intérieur, une poignée d’individus aux yeux souriants, certains un verre de vin blanc à la main. Ils se massent autour des vêtements et des livres qui parsèment l’endroit. Je n’entre pas à l’intérieur avant quelques instants. Je sonde. Dos aux grandes fenêtres qui bordent la rue, j’observe le dos de Véronique Grenier, cette femme minuscule dont les écrits touchent et marquent. Quelques personnes font la file devant la table où elle écrit, son livre en …

K : Un t’es-pas-tout-seul, format papier

À l’adolescence, je passais mon temps à lire, à errer dans les bibliothèques en quête de la nouvelle lecture qui changerait ma vie. Des frissons, des gorges nouées, des mains qui shakent. Des mots qui me transperceraient mieux qu’un regard. L’amour des mots, je l’ai cultivé très tôt. Peut-être que je me sentais tellement différente pis hors de tout que l’endroit où je me retrouvais le mieux, c’était avec les livres, dans les allées de bouquins vieux et plus intéressants que ces quelques jeunes qui les parcouraient. J’associe l’adolescence avec un tel moment de doutes et de craintes, de revirements et de sursauts, que j’admire peu d’auteurs comme les auteurs jeunesse. J’admire ceux qui prennent la plume pour dire aux ados qui se sentent tous mêlés-fuckés-pas-pareils-pas-beaux que ça va être correct. Qu’on est peut-être mêlé, mais qu’on n’est pas tout seul. C’est ça qu’on veut, au fond. On veut pas ressembler à la masse, ni plaire à tout le monde, on veut savoir qu’on est pas tout seul à vivre dans le tourbillon. Sophie Bienvenu …

Ce qui n’a pas d’âge

« Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. » Victor Hugo En février 2014, quand je suis partie pour l’Irlande dans le but d’y faire un stage dans une petite classe de maternelle, je trainais, dans mes bagages, des livres. Des albums jeunesse qui avaient su m’émerveiller. Des couleurs, des images, des mots que je voulais partager. Cette année-là, j’ai parcouru une dizaine de pays en conservant sur mon dos cet immense bagage qui était presque impossible à transporter. Au fil des jours, je me suis détachée des objets que je considérais superflus. Des vêtements trop chauds, des chandails usés, des cosmétiques que je n’utilisais jamais de toute façon… Mais je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser de mes albums jeunesse. Mes albums sont usés et incroyablement vivants. Ils ont fait rire des enfants sur tous les continents. Mes albums ont transporté des enfants dans des univers nouveaux et remplis de fantaisie. Ces albums, je les découvre au fil des jours avec tous les élèves …