Littérature québécoise
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Hiroshimoi: le beau qui fait mal

Il y a quelques semaines, Véronique Grenier, auteure du nouvel ouvrage Hiroshimoi, tenait une séance de signature en plein coeur du Mile-End. L’endroit n’avait pas été choisi au hasard. En effet, c’est dans la minuscule boutique des créateurs de La Montréalaise Atelier que se tenait l’événement. Un magnifique chandail créé par La Montréalaise y était présenté, prêt-à-porter qui mettait le roman de Grenier à l’honneur.

 Je m’y suis donc rendue, bravant le froid. Je suis arrivée devant l’atelier avec les pieds congelés. L’errance que je venais de me taper pour trouver l’endroit m’avait frigorifiée. Le local était tout petit. À l’intérieur, une poignée d’individus aux yeux souriants, certains un verre de vin blanc à la main. Ils se massent autour des vêtements et des livres qui parsèment l’endroit. Je n’entre pas à l’intérieur avant quelques instants. Je sonde.

Dos aux grandes fenêtres qui bordent la rue, j’observe le dos de Véronique Grenier, cette femme minuscule dont les écrits touchent et marquent. Quelques personnes font la file devant la table où elle écrit, son livre en main. D’autres ont décidé de s’offrir le magnifique chandail qui a été créé en collaboration avec La Montréalaise Atelier. Je suis de celles-là; le livre, je le possède déjà. Je décide finalement d’entrer et de me joindre à la file de gens qui l’attendent patiemment en souriant. L’auteure prend le temps de parler avec chacun de ceux qui ont choisi de venir à sa rencontre. Elle écoute, en souriant, elle remercie avec reconnaissance chacun de ses lecteurs.

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Pis arrive mon tour. Son livre, je l’ai lu. Je l’ai lu et dévoré.

Hiroshimoi.

J’avais guetté la sortie de son livre avec attention. Les chroniques que Grenier tient pour Urbania m’avaient toujours plu. Beaucoup. Son style, qui ne ressemble à celui de personne, est franc et juste.

Son livre fait le même travail. Il lance des émotions à la pelletée. Il vient mettre des mots d’une beauté incroyable sur un amour qui dévore et qui brise, sur un amour qui devrait s’arrêter, mais qu’on n’ose défaire par peur de l’explosion.

Hiroshimoi est un petit ouvrage d’une soixantaine de pages. Bref, mais poignant.

Écrire court, mais écrire fort. Peut-être est-ce d’ailleurs là où réside toute la beauté de l’ouvrage; dans ses phrases qui, bien que brèves, viennent remuer des émotions chez le lecteur, dans ses mots qui arrivent à faire monter les larmes aux yeux parce que trop vrais, trop beaux, trop touchants.

C’est peut-être ça, au fond, écrire.

Réussir à redonner une vie à des évènements qui ont été écrits mille fois. Les rendre uniques à nouveaux, les rendre personnels parce qu’ils vivront à l’aide de mots qui auront été choisis, pesés, sentis.

Et c’est cela, au fond, que Grenier réussit si bien.

Avec Hiroshimoi, Véronique Grenier touche le grand. Et j’ai eu la chance immense de pouvoir lui dire en face. En vrai. Elle m’a souri, pleine de reconnaissance et de gentillesse, on a discuté un peu, puis je suis sortie de la boutique avec une dédicace et un incroyable chandail.

Le froid valait la peine d’être bravé.

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Andréanne a toujours été décrite par sa mère comme étant quelqu’un d’intense. Elle, se considère plutôt comme une passionnée. Passionnée des livres, les premiers amours de sa vie. Les trompeurs de solitude, les créateurs de grandes espérances, les générateurs de grandes tristesses, aussi. Passionnée des voyages, des horizons infinis, des rencontres dans toutes les langues. Des chocs, des déséquilibres qui surviennent au cœur des autres continents, comme au sein de sa propre ville. Passionnée de l’enseignement, de la culture qu’elle arrive à transmettre aux esprits qui s’ouvrent, des rires qu’elle crée, des grandes illuminations qui éclairent les regards de ses petits élèves. Passionnée de la vie et de sa beauté, de son incroyable grandeur et de son incomparable cruauté. Passionnée.

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