All posts tagged: féminin

L’ambiguïté de Nelly

Lire Nelly Arcan, ça fait mal. Je ne peux fermer l’une de ses œuvres sans ressentir une crampe douloureuse au niveau de l’endroit qui produit pourtant si souvent des papillons frémissants. C’est que l’auteure pointe tout le monde du doigt. Elle frappe dans la mêlée, et ce sans épargner qui que ce soit. Elle atteint le père. Elle blesse profondément la mère. Elle traîne le masculin dans la boue. Or, c’est le féminin qu’elle tue. La question de la femme traverse l’œuvre d’Arcan. La lecture de son travail d’écriture implique une exploration de fond en comble du sexe mystérieux. C’est un voyage initiatique sur les terres inconnues du doute, de l’ambiguïté et de la dualité. Dans sa quête de réponse, la recherche d’un idéal physique est centrale et c’est la raison pour laquelle le regard occupe une place si importante dans la création de l’écrivaine. D’ailleurs, les ouvrages de l’auteure se prêtent tout naturellement à l’étude de la psychanalyse. Or, je souhaite me tenir le plus loin possible de mon domaine de prédilection dans le …

L’été de la poésie

Un été sans les hommes, c’est la période où Mia entreprend de se retrouver et ce, au sein de sa mère dans un centre de retraités au Minnesota. En découvrant l’infidélité de son mari avec une plus jeune, Mia débarque en psychiatrie. Cette trahison avec son Boris, son tout, l’a ramenée à des tourments bien plus profonds qu’elle-même. Après quelques mois à déprimer et à sombrer dans l’apitoiement et le désespoir, elle se tourne vers un été inclusivement féminin. Cette poétesse et grande intellectuelle enseignera la poésie à un groupe de jeunes filles tout en se liant d’amitié avec des amies de sa mère. Sa relation avec cette dernière comme avec sa fille viendra ponctuer le récit de réflexions entourant la féminité, l’amour de soi et les relations maternelles. Quoi que prévisible, la scène du « femme trompée par son mari », on s’attache rapidement à Mia, cette femme terriblement inspirée par la poésie et par les mots. « Quelque temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas …

Grandir avec les vieilles

Déjà en écrivant ces premiers mots, je me sens obligée de me justifier de l’utilisation des mots les vieilles dans mon titre. C’est comme si on avait une certaine pudeur à appeler les personnes âgées ainsi, que ce soit pour des questions de respect, de politesse et autres. Mais ce n’est pas le but de mon article, car le titre fait référence aux deux livres qui seront présentés dans cet article, soit Grandir de Sophie Fontanel et Les vieilles de Pascale Gautier. Loin de moi l’idée d’insulter ou de manquer de respect à ces personnes âgées, au contraire en choisissant ces deux livres, je me suis entièrement ouverte et laissée charmer par ces vieilles. J’ai ouvert mon coeur à un univers trop souvent non représenté en littérature (et comme partout ailleurs, on se souviendra qu’au cinéma, les femmes deviennent vieilles à 30 ans, contrairement aux hommes..) J’utiliserai donc le terme vieille, comme le font les auteures de ces deux romans, pour vous faire découvrir des femmes -avant d’être des vieilles-, leur quotidien, leur passé, leur futur, ainsi …