Défis littéraires
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La déesse des mouches à feu selon l’équipe du Fil rouge

TPoly08_Deesse_250out d’abord, je tiens à dire que nous sommes incroyablement contentes de voir l’engouement qui a suivi la mise en ligne de l’événement En 2015, je lis un livre québécois. Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes plus de 600 participants à relever le défi! C’est excessivement motivant de voir que les maisons d’éditions, les organismes culturels, les médias et les passionnés de littérature se sont donné le mot pour partager ce défi qui tient réellement à favoriser la lecture d’oeuvres littéraires québécoises et le milieu de l’édition québécoise. J’avoue que j’ai été moi-même impressionnée de voir notre défi se retrouver dans un article publié par Radi0-Canada, mais c’est motivant de voir qu’on peut, en achetant un livre québécois, à la fois favoriser et donner un coup de pouce à la littérature québécoise et aux excellents auteurs!

Pour ceux qui veulent discuter de leur lecture mensuelle, se donner des conseils littéraires ou simplement partager notre amour pour la littérature québécoise, nous avons créé ce groupe Facebook qui permet cette communication. Donc, voilà, j’entre dans le vif du sujet: vous parler de la première lecture commune du défi, soit La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen! Pour se faire, nous avons décidé de vous présenter les opinions de nos collaboratrices au sujet de cette lecture et nous allons vous poser des questions à la fin de l’article afin de susciter une discussion! Pour y participer, il vous suffit de commenter à la fin de cet article! Vous verrez que nous sommes presque toutes tombées sous le charme de la déesse!

Ce que j’en ai pensé 

Je me suis, d’emblée, laissée porter par le langage de l’oeuvre. Le personnage principal de Catherine a su, dès les premières lignes, m’emmener dans son petit monde d’adolescente qui se cherche. Écrite dans la langue du Saguenay, je pense qu’il faut retourner au temps de notre adolescence pour réellement apprécier l’oeuvre. Il y a des bouts plus trashs que d’autres, mais on reste tout de même dans un récit initiatique où Catherine se découvre. Certains diront peut-être qu’il est difficile de cerner les pensées de la jeune fille, mais je pense que cela contribue à la construction du personnage: il s’agit d’une ado de 14 ans, c’est normal que tout ne soit pas clair, analysé et compris. Catherine vit au feeling, comme seuls les ados savent le faire. L’innocence et le fait de se croire imbattable contribuent, à mon sens, à faire de Catherine un personne tout à fait réaliste.

08-madamechose_sitewebIl faut dire aussi que j’aime beaucoup Geneviève Pettersen et que je l’ai connue dans ses chroniques de Madame Chose dans La presse. Dans celles-ci, elle aborde des thèmes plus légers, mais toujours avec beaucoup d’humour. Le ton de Pettersen est unique et on sent la connivence entre Madame Chose et l’auteure de La déesse des mouches à feu. Pour ceux qui ont craqué pour le ton un peu sarcastique,  l’humour, l’humilité de Madame chose, vous devez lire Vie et mort du couple. Premièrement, ça se lit super facilement et deuxièmement, ça fait rire. Il y avait longtemps que je ne m’étais pas surprise à rire à haute voix (je suis plus du genre petit sourire de lectrice quand je lis!). Bref, c’est drôle, vrai, sans aucune prétention et surtout, c’est le ton que j’aime tant de Madame Chose.

Ce que Karina en a pensé

Il y a des romans comme ça, dès le premier coup d’œil nous savons que nous allons aimer notre lecture. Effectivement, ma première impression pour La Déesse des mouches à feu fut la bonne. L’histoire est plutôt simple; une jeune adolescente vivant dans une famille dysfonctionnelle a un entourage plutôt «douteux» et consomme de la drogue. Nous retrouvons une écriture familière, ce qui nous permet de se mettre dans la peau d’une adolescente. Geneviève Pettersen réussit à nous envelopper de l’ambiance que vit la «déesse», que ce soit par la musique qui a une très grande importance dans le roman ou par les lieux. On s’attache à cette jeune femme et à son maudit caractère.

Ce que Anick en a pensé

Je ne lis plus beaucoup, par manque de temps. Par chance, je prends le métro, ce qui me permet un répit de ma téléphonie cellulaire du démon et me donne un peu le temps de lire (les rides de métro ne sont jamais assez longues!). La déesse des mouches à feu, je ne l’ai pas lu dans le métro, je l’ai lu «toute d’une traite» un soir de semaine (YOLO, t’sais). Ça faisait longtemps que je n’avais pas été emportée de cette façon par un roman. Je me sentais à ma place, comme si je faisais partie de la gang de Catherine. L’écriture est crue et franche, comme je l’aime. C’est une histoire d’adolescents, de drogues et de quêtes de liberté; d’amour, d’amitié et d’apprentissage de la vie. J’ai ri à cause des descriptions tellement exactes que je me surprenais à m’imaginer dans l’histoire. J’ai aussi pleuré, parce que même si c’est l’histoire d’une petite crisse (ce n’est pas moi qui le dis, c’est la dédicace), on s’attache. Les petites crisses, quand j’en croise, elles m’énervent avec leur attitude désagréable, le trop-plein de maquillage dans leur face et leurs vêtements qui révèlent trop les formes qu’elles n’ont pas encore. Maintenant, je me rappelle toujours qu’il y a une histoire comme celle de Catherine derrière ces jeunes filles que je ne pourrais même pas m’imaginer. Je vous conseille fortement le livre de Geneviève Pettersen et j’attends impatiemment son deuxième roman!

Ce que Kimberley en a pensé 

Pour ma part, c’était la première fois que je lisais une œuvre littéraire québécoise écrite littéralement comme les jeunes parlaient dans le temps et j’ai trouvé cela intéressant et différent. Aussi, comme j’ai grandi dans les années 90, j’ai beaucoup connecté avec les références culturelles dans le livre, mais étant plus jeune que Catherine, je n’ai toutefois pas eu le même genre de repères et d’expériences qu’elle. Pour être totalement honnête, Catherine n’est pas un personnage qui m’a été sympathique, je maudissais son immaturité. Sa personnalité étant si loin de la mienne, je n’arrivais pas à comprendre ses décisions et son cheminement. Néanmoins, l’histoire était intéressante et l’auteure a une plume fascinante. J’ai beaucoup aimé le style narratif du roman et j’ai trouvé intéressant qu’il n’y ait aucun dialogue direct au sein de l’œuvre. Tous les dialogues étaient rapportés par la protagoniste, la jeune Catherine. De plus, j’ai trouvé que les personnages avaient tous, ou presque, une profondeur qui les rendait quasi-réalistes, notamment les parents de Catherine. Avec du recul, ce livre aurait complètement été mon genre dans ma jeunesse, mais j’ai 25 ans maintenant et je n’ai plus beaucoup envie de lire des romans concernant de jeunes adolescents. On dirait que j’ai passé cet âge et ça me plaît moins. Je réitère toutefois que La déesse des mouches à feu était très bien comme premier roman, je resterai définitivement à l’affût des prochains romans de Geneviève Pettersen, mais j’aimerais la voir écrire un roman avec un personnage adulte comme protagoniste pour que je puisse plus ‘connecter’ avec le personnage.

Ce que Louba en a pensé 

Ces temps-ci, le buzz est palpable autour du roman La déesse des mouches à feu (si beau titre) de Geneviève Pettersen (alias Madame Chose), sorti en 2014 chez Le Quartanier. Jadis, du temps où je vivais encore dans la grand’ ville de Québec, que je travaillais à la coop étudiante de l’uni et où j’affectionnais particulièrement la section librairie, La déesse des mouches à feu et moi on se lançait souvent des regards. Je lui ai finalement concédé une place dans ma bibliothèque parente à la tour de Pise. Je consomme les livres comme d’autres les sacoches et les souliers (faut pas se mentir, j’ai aussi mon p’tit côté sacoche). J’ai de la misère (ho calvaire…c’est plus fort que moi) à croiser une librairie sans m’arrêter et me ruiner le portefeuille.

Le roman m’a suivi en terre gaspésienne. La couverture continuait de me faire les yeux doux pour que je le lise. Enfin un soir, je l’ai ouvert (le moment où je lis le plus, c’est juste avant le dodo) et j’ai lu quelques pages. Je l’ai refermé. Je n’étais pas certaine de la voix, du choix de l’oralité et de vouloir mettre les deux pieds dans cet univers; parce que veut, veut pas, on est directement plongé dedans jusqu’au cou. On est de la fête de Catherine, avec sa mère, son père pis son amie Véronique. Je n’ai pas vécu mon adolescence dans le même type d’environnement qu’elle, pis Christiane F. m’a plutôt donné le goût de rester ben loin de la drogue, n’empêche que j’ai cette époque estampée au fer rouge sur le cœur. J’ai attendu que le temps passe, quelques jours ou semaines, j’ai lu d’autres trucs. Puis je me suis lancée, pour de vrai cette fois-ci.La plus grande qualité de ce roman, selon moi, c’est sa capacité de tout me faire voir comme si je regardais un film, pis même encore plus. J’ai l’impression d’être directement dans le film. Je suis spectatrice, mais aussi actrice. Je suis le personnage qui ne sait pas encore que sa vie est sur le point de basculer, mais qui se doute quand même un peu de ce qui s’en vient. Des sensations dans le corps et dans la tête et des images comme les bottes sur la trail du campe sont ancrées dans ma tête pour un bon bout.

Ce roman m’a permis de faire un grand pas vers la redécouverte de mon adolescence. Dans la même vague, j’ai avalé d’un coup Cœur de slush de Sarah-Maude Beauchesne, paru chez Hurtubise.Pour moi, s’il y a bien une chose qui est importante dans la vie, c’est de garder son cœur d’enfant et d’être capable de découvrir ou de redécouvrir quelque chose chaque jour. Avec La déesse des mouches à feu, j’ai le goût de faire plus de place à l’adolescente que j’ai été, parce que j’ai aussi eu mes grands moments.

Ce que Catherine en a pensé

Ayant un préjugé tout à fait favorable pour les Éditions du Quartanier, quand j’ai su que la merveilleuse Madame Chose (qui a d’ailleurs annoncé le 31 janvier 2015 qu’elle ne continuerait pas son courrier du cœur. Mon cœur est anéanti. Vous me trouverez, en position fœtale et en sanglots, dans mon lit, attendant impatiemment son prochain roman.) de La Presse y publiait son premier roman, j’ai fait une petite danse du bonheur. Puis, j’ai porté attention à l’engouement de ce roman dans les médias et dans mon entourage, et j’ai eu peur. 

(D’accord, je vais mettre quelque chose au clair. J’ai un petit côté hipster qui me suit depuis mon adolescence incomprise, pendant laquelle je croyais avoir des goûts tellement différents de ceux des autres. Cette facette de moi réapparaît une fois de temps en temps quand quelque chose que j’aime devient populaire: j’ai toujours une petite crainte qui me dit que le fait que ce soit populaire gâche mon plaisir. (C’est déjà arrivé, bon.) J’y travaille, je vous le jure.) Dans ma peur de ne pas apprécier ledit roman, je me suis mise à chercher inconsciemment des excuses pour ne pas le lire. Et c’est ici qu’entre en scène mon amie de toujours, Joëlle. Elle m’a convaincue (sans le savoir, elle ne l’apprendra qu’en lisant ceci) de le lire absolument! Et connaissant ses goûts, je lui ai laissé sa chance. OH QUE J’AI BIEN FAIT. Je croyais, à tord, que parce que mon adolescence n’avait de trash que la musique que j’aimais (et aime encore, secrètement), je n’allais pas m’identifier au personnage de Catherine. Pourtant, le talent de conteuse de Geneviève Pettersen, ainsi que son style direct mais fluide, m’ont permis d’apprécier l’aventure de sexe, de drogues et de punk rock de la protagoniste. Je me suis même surprise à ne plus vouloir arrêter ma lecture, y compris pour aller travailler ou dormir, et ce, pendant les deux jours qu’il m’a fallu pour terminer le roman. Et lorsque je l’ai eu terminé, je ne me suis plainte que d’une chose : le roman n’était pas assez long ! Même en cours de lecture, je réalisais parfois que j’avais lu un nombre de pages insoupçonné en un temps qui m’avait apparu très bref! En somme, si je résume le tout en un commentaire impressionniste: ce roman se lit vite, et il est excellent! Je nous souhaite un roman aussi intéressant pour le mois de février!

Ce que Elizabeth en a pensé 

La Déesse des mouches à feu, c’est avant tout une langue, un souffle d’écriture qui porte l’histoire d’une jeune fille passant de l’enfance à l’adolescence, avec toute la beauté et la cruauté qu’apporte ce passage. Catherine, on a envie de la gifler et de la prendre dans nos bras, de lui crier que ce n’est pas comme ça qu’on avance dans la vie et de lui dire que finalement, « ça va bien aller ». Elle fait remonter en nous tout ce qu’on avait comme illusion à l’adolescence, quand tout était compliqué et facile, et dur et doux, joyeux et morose. Une lecture incontournable dans le paysage contemporain de la littérature québécoise.

Questions pour susciter la discussion

  1. Avez-vous aimé? Oui ou non? Pourquoi?

  2. Vous êtes-vous retrouvés dans les événements et les personnages?

  3. Est-ce que cette connexion est importance lorsque vous lisez?

  4. Qu’avez-vous pensé de l’utilisation du langage dans ce roman?

  5. Trouvez-vous que ce roman s’adresse à un public adulte ou adolescent?

  6. Seriez-vous tenté de lire le deuxième livre de la même auteure («Madame Chose»)?

  7. Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette lecture commune?

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par

Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

8 Comments

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  2. Valérie says

    J’ai lu La Déesse il y a quelque temps déjà. Je l’avais acheté au Salon du Livre, le buzz était tellement fort à ce moment là que je ne pouvais qu’être intriguée.

    Tout d’abord, je suis née au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Donc, de lire un livre où mon accent est mis à l’honneur, c’était tout simplement génial. J’ai beaucoup aimé le style d’écriture super réaliste, presque cinématographique. L’histoire aussi est venue me chercher, quoique parfois, j’étais vraiment horrifiée par les agissements de Catherine. Disons que j’ai eu une adolescence d’ange comparée à la sienne. Je ne me suis pas beaucoup retrouvée dans le personnage, mais j’ai reconnu des gens que j’ai côtoyé au secondaire.

    Malgré tous les points positifs, je n’ai pas apprécié le roman autant que j’aurais voulu. J’avais vraiment envie d’aimer ça. Je ne l’ai pas détesté, comprenez bien. Je n’ai juste pas embarqué comme je peux le faire avec d’autres romans.

    Je pense que les adolescents devraient lire ce livre. Parce que c’est proche de ce qu’ils peuvent vivre et surtout que ça ne se passe pas si bien que ça. Ça pourrait peut-être leur enlever le goût de faire certaines erreurs 😉

    Je continuerai tout de même de suivre la carrière de Geneviève Pettersen. J’adorais son blogue Madame Chose, ses chroniques dans La Presse et maintenant j’adore celle dans Châtelaine.

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