All posts tagged: relations de couple

Le chavirement de nos cœurs

La peur est une dictature bien présente dans nos existences communes. Elle se cache sous différentes formes étranges. Elle fait de nous des êtres exigeants du moment présent et de ses conséquences immédiates sur nos vies. Cette peur nous rend parfois bestiaux ou même amorphes. Elle fait de nous des êtres humains curieux et aussi sensibles qu’un mollusque. J’ai la malheureuse tâche de vous affirmer que nous sommes tous une huître. Nous sommes parfois ceux ou celles qui ne peuvent concevoir de s’ouvrir aux autres de peur de tout perdre, ceux ou celles qui ne désirent rien d’autre que de disparaître et de ne déranger personne. Et pourtant, nous trouvons tous le courage de nous ouvrir, d’apprendre et de nous épanouir, car chaque petit trésor en nous a droit à son moment de grâce. Nous appréhendons la peur plutôt que de l’accepter et de faire d’elle cette vieille amie. Même si elle résonne à nos oreilles comme un vieux cauchemar, elle reste un passage obligé qui, au final, nous permet de nous ouvrir davantage à …

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Ici, ailleurs : Fuir pour oublier

J’ai découvert Matthieu Simard un peu par hasard, sur les tablettes de ma librairie de quartier de l’époque. J’ai commencé avec La tendresse attendra et je n’ai pu m’empêcher de lire sans attendre tous les autres livres de sa bibliographie, les uns après les autres, en un court laps de temps, dans mon petit appartement de Verdun. J’attendais Ici, ailleurs comme j’ai pu attendre mes Moon Shoes, bien entourés au stylo dans le catalogue Sears, en ’94. Résumé Marie et Simon ont fui la ville en espérant renaître à la campagne. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont destinés à une fin tragique; ils seront le couple du « meurtre suivi d’un suicide ». Fisher dira qu’il ne l’avait pas vu venir, les Lavoie diront que nous étions pourtant « du ben bon monde », Alice ne dira rien et nos sangs se mélangeront dans les craques du plancher de la maison centenaire que nous venons d’acheter. Nous sommes invités à les suivre dans leur quête d’oublier le drame qui les a poussés …

(Biblio)thérapie de couple, évoluer ensemble par la lecture

Tous les couples peuvent (et vont sans doute) passer par des moments difficiles. C’est ce qui nous est arrivé, à mon copain et moi : horaires de travail opposés, inquiétudes respectives, etc. Notre quotidien avait raison de nous peu à peu. Il nous fallait sauver le bateau. C’est à la suite d’une discussion autour de l’îlot de cuisine que l’idée nous est venue : il nous fallait trouver des activités communes afin de passer du temps ensemble, comme avant, et ainsi raviver la flamme. Nous sommes deux êtres très (mais très) différents. Lui : amateur de jeux vidéo, maniaque de jeux de société, sportif et surtout amoureux de bandes dessinées. Moi : amatrice de yoga, maniaque de thés, adepte de cocooning et surtout amoureuse de romans. Nous avons un intérêt qui n’est pas trop éloigné : la lecture. C’est alors que l’idée d’une bibliothérapie de couple nous est apparue comme une solution plausible. Comment exploiter cet intérêt commun afin de nous faire évoluer ensemble?  Voici certains conseils, qui sont loin d’être universels, afin de réussir …

Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies, par Christiane Singer

«Impossible d’extirper de la vie de l’autre, comme on le ferait de tiques dans le pelage d’un chat, les rencontres qui importent pour lui. Par un mystère, impossible à élucider, ce sont précisément toutes les rencontres d’une vie qui nous font peu à peu advenir. Chaque rencontre me livre d’étrange manière, tantôt une lettre, tantôt un mot, tantôt une virgule, un blanc qui, peu à peu, mis bout à bout vont composer le libellé d’un message à moi seul adressé. Ou mieux encore : chaque rencontre ardente détient une pièce biscornue du puzzle qui finira par me composer une vie et qui, avec la multiplication des pièces disposées, va lentement, dans un dégradé de couleurs, laisser apparaître les grands contours, les grands thèmes de ma destinée. Et ce sont les autres qui me livrent – souvent à leur insu – la clef de mon énigme.» J’aurais pu choisir n’importe quel autre passage du livre pour introduire mon article, parce que chaque phrase de l’essai de Singer est d’une grande justesse et d’une beauté vaste et …

Je pense le contraire

J’avais déjà annoncé la date de sa mort à ma conscience. Après quelques contes de fées illusoires et plusieurs coups de couteau, j’ai jeté les armes. Je n’ai jamais voulu que ce soit une bataille. La guerre, elle se nourrit de haine et de jalousie. C’est la raison pour laquelle j’en étais venue à la conclusion que l’amour, ce n’était pas pour moi. Puisque qu’apparemment l’un n’allait pas sans l’autre. Puis, il y a eu lui… Celui qui s’est avéré être le bouleversement de tout mon univers. Je ne mentirai pas. L’époque des commencements amoureux fut marquée par l’empressement. La chasse à l’amour était ouverte. Si ce n’était pas celui-là, ce serait celui-ci. Humains interchangeables, poupées de peau à volonté. C’était à en perdre la tête, à en perdre les sens, à ne plus comprendre. Selon les dires de nos médias sociaux et les derniers hashtags, nous sommes une cohorte de va-vite, de consomme et déguerpis. Aujourd’hui, maintenant, demain et alors? Tinder et ses semblables figureraient comme l’unique héritage d’une génération Y écartellée entre deux …

La crise nocturne

Tous les deux à chacune des extrémités du lit. L’un face au mur, l’autre face au néant. La guerre des sexes avant le sommeil est chose commune chez l’espèce humaine. Comme si nous pensions que le rêve allait nous faire oublier ce moment désagréable que l’on appelle le réel. La femme, elle, ne s’endort pas. Les deux camps savent que c’est un peu leur faute. Les excuses restent coincées dans les bâillements timides qui se forment au fond des gorges sèches. La colère goûte le désert. Puis, il y a l’orgueil. Grande passagère de nos voyages nocturnes avec turbulence. L’apogée du silence arrive à son aboutissement. Un corps nu recroquevillé sur lui-même n’est pas beau dans sa solitude. Accompagné de cette fierté vagabonde, il est exécrable. La femme, elle, réfléchit. Son partenaire ne bronche pas. Elle, plus vulnérable, mais plus boudeuse, se retourne. Elle est maintenant devant l’immensité d’un dos qui s’impose comme l’obstacle. La femme, elle, se souvient. Elle se souvient ces dix jours où l’homme fut parti. Elle revit cette absence comme un …