Chroniques d'une anxieuse
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Chroniques d’une anxieuse : ma vie d’insomniaque

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J’ai jamais compris pourquoi je me réveillais avec ce feeling là. Celui qui te crie en pleine figure : «tu vas passer une sale journée». Quand t’as juste le goût de pleurer, de brailler ta vie, de gueuler le plus fort possible, de rester dans les couvertures et d’attendre que ça passe. Attendre que la réalité ait moins les airs d’un cauchemar. Et espérer que ton estomac se dénoue un peu, juste un peu.

Stresser toute la journée c’était apparemment pas assez, il fallait que ça continue dans mes rêves, durant la nuit, jusqu’au petit matin. Pour mes angoisses, ça existait pas un moment d’répit. Jamais. Elles s’amusaient à me réveiller à chaque fois à trois heures du mat’, à me mettre sous le nez tout ce que j’essayais d’oublier à travers mon sommeil.

Je n’avais pas le droit au repos.

J’ai passé tellement de nuits à fixer mon plafond. À me remettre en question. À réfléchir à mille et un trucs que je finissais par trop analyser, par surinterpréter, par tout déformer. Le réel avait changé, il n’était plus celui qu’il était, c’était à présent la réalité d’Alex, anxieuse de profession, où la terre entière conspirait à son malheur.

C’était ma vie d’insomniaque.

J’ai essayé des p’tits trucs. Ben, ben plein de p’tits trucs. Dès que je me réveillais avec cette foutue envie incompréhensible de pleurer, venue de nulle part, soudainement, juste parce que ma tête enchaînait rêve après rêve idées noires après idées noires, j’essayais de penser à autre chose. De m’imaginer dans un champ de tournesols, étendue les yeux fixés sur un ciel bleu, où je devinais des licornes à travers les formes abstraites des nuages. À chaque fois qu’une pensée parasite revenait me hanter je m’entêtais à penser à mon champ de tournesols.

Mais des fois y’en avaient qui étaient vraiment coriaces. Voraces.

Pourquoi il a réagi comme ça? Qu’est-ce qu’il me cache? Pourquoi elle pis pas moi? Champ de tournesols. J’ai oublié d’avertir mon boss. J’ai oublié tellement de choses ces temps-ci. Champ de tournesols. J’aurais pas dû faire ça. J’aurais pas dû dire ça. Tournesols, nuages, licornes. J’suis certaine qu’elle me déteste maintenant. J’suis tannée d’être comme j’suis. Tournesols.

Pense à des tournesols.

Faut que j’arrête de perdre du temps. Me semble que j’perds trop de temps à penser. TOURNESOLS. Concentre-toi sur les tournesols, câline.

Pis la nuit suivante c’était la même histoire. Encore et encore. À trois du mat’, mon cadran biologique ouvrait mes quenoeils, et mes pensées recommençaient leur jeu pas très l’fun. De toute façon je l’ai jamais trouvé l’fun ce p’tit jeu là.

C’est dangereux la nuit parce que tu te retrouves vraiment tu-seul. Pis le tu-seul c’est pas évident. T’es seul avec toi-même, dans le silence de la nuit, avec personne qui peut te remettre les deux pieds sur terre. T’es seul avec tes pensées, avec ta tête, avec tes larmes qui coulent doucement sur l’oreiller.

T’es vraiment tu-seul.

Avec tes démons, tes angoisses les plus intimes, tes secrets les mieux gardés. Pis tu capotes.

Pis à un moment donné tu finis par être tellement tanné de toujours les confronter, de récidiver avec ton champ de tournesols, que tu les écoutes pour essayer de mieux les comprendre. Pour tenter de guérir un peu.

Je sais. C’est pas facile. Mais à soir t’es allé un peu loin. Personne t’haït. Personne te déteste. Tu n’as pas mal agi. Tu n’es pas en danger de mort. Il t’aime beaucoup, vraiment. Faire des erreurs c’est normal, c’est humain, autant s’y faire tout de suite.

Et, crois-moi, la vie est ben faite pareil. Ça y arrive souvent d’être pas mal belle.

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Anxieuse à temps plein et insomniaque à temps partiel, Alexandra se nourrit à grands coups de mots, de phrases et de livres qui font rêver. L’écriture lui a toujours servi d’exutoire avec lequel elle pouvait coucher sur papier ses folies et ses nombreux tourments. Elle adore tout particulièrement se perdre dans les couloirs infinis des bibliothèques, mais également dans les corridors de l’Université de Montréal où elle fait un baccalauréat en Littérature comparée et cinéma. Elle se passionne pour les films cultes, les traversées autour du globe, les arts, la musique, la photographie, bref, elle s’intéresse à tout et veut tout savoir! Son but ultime : vaincre ses peurs et aller à la conquête du bonheur!

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