Bande dessinée et roman graphique
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Mangamania

Depuis quelques semaines j’ai l’impression de retomber en enfance. Je me suis remise aux mangas. Lorsque j’avais neuf ou dix ans, mon frère et mon cousin m’ont introduite à l’univers de la bande dessinée japonaise avec les tomes de Dragon Ball. Certains pourraient dire qu’il ne s’agit pas d’une lecture pour enfant, mais bon. Je ne comprenais pas tout et je passais outre sur plusieurs aspects qui apparaissaient comme banaux pour une jeune fille d’à peine quatrième année du primaire. J’aimais l’humour des personnages. J’adorais Sangoku, être naïf et ô combien attachant. J’ai donc farfouillé à travers les quarante-deux tomes de Akira Toriyama. Ayant apprécié mon expérience, j’ai vagabondé de Yu Gi Oh à Naruto, sans jamais vraiment accrocher.

Il aura fallu que j’aie vingt-quatre ans et toutes mes dents pour replonger dans le monde des mangas. C’est sous la forme de Death Note qu’est apparu mon nouvel amour de la bande dessinée japonaise. Netflix avait été un préambule à ma découverte puisque j’y avais écouté quelques émissions de la série adaptée. Il aura suffi d’un clic pour retrouver les livres à la bibliothèque de l’université. Vous auriez dû voir la tête de la bibliothécaire lorsqu’elle s’est rendue compte qu’elle devait poinçonner le livre à l’envers. Moi, je jubilais, j’avais dix ans à nouveau.

12271580_10153299967343391_1374669503_oÀ la base c’est le concept global de Death Note qui m’avait attirée. Le «Death Note» est un livre dans lequel le détenteur peut écrire le nom des personnes qu’il désire voir mourir. La mort et moi, cela ne fait qu’un. En tant que sujet de littérature bien entendu (ce qui peut vous passer par la tête, parfois, les lecteurs!). Bref, j’étais prenante pour ce genre d’aventure. Mais alors là, mon amour pour l’humour japonais n’avait plus aucune raison d’être. Je vous le confirme, Death Notes n’a rien de rigolo.

En somme, c’est l’histoire de Light Yagami, un lycéen de dix-sept ans détenant une intelligence hors de l’ordinaire (c’est important de le spécifier vu la suite des événements). Ce jeune homme a une conception pessimiste de la société dans laquelle il vit qu’il qualifie de corrompue et d’injuste. Il aspire à devenir un policier afin de faire rayonner des valeurs de justice et d’équité. Son père est d’ailleurs un chef réputé de la police de sa ville.

Un jour, alors que Light s’ennuie en classe, son regard tombe sur un cahier se trouvant par terre dans la cour de son lycée. Le lycéen, intrigué, ramasse le cahier et lit le mode d’emploi qui se présente comme suit : « la personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt ». Au départ, Light est plutôt sceptique et décide de mettre le cahier à l’épreuve. Il s’avère que le mode d’emploi ne ment pas. Dès lors, Light décide d’utiliser le «Death Note» pour punir les criminels et promouvoir la justice dans la société. Il cherche donc à mettre en place un monde parfait duquel il sera Dieu et où le mal sera complètement éradiqué.

Or, Light ne connaît absolument rien aux Dieux jusqu’à ce qu’il rencontre Ryûk. Ryûk est un Shinigami (Dieu de la12268722_10153299968593391_817167196_o mort) et l’ancien propriétaire du «Death Note». C’est lui qui a volontairement échappé son cahier sur la planète terre afin de tuer l’ennui. Une relation de réciprocité se développe entre Light et Ryûk alors qu’en parallèle une véritable chasse aux criminels est lancée.

Le détenteur du «Death Note», qui se verra bien vite baptiser Kira par ses fans, peut tuer n’importe qui à condition qu’il connaisse le nom et le visage de la personne en question. Il peut également choisir la façon dont celui-ci meurt et à quel moment. Il s’agit d’un pouvoir énorme, mais qui, malheureusement, ne passe pas inaperçu. Bien vite, les nombreuses morts inexpliqués sèment le doute chez Interpol et plus particulièrement, chez le mystérieux détective L. Entre L et Light s’amorce alors un combat sans fin truffé d’échanges endiablés et de confrontations psychologiques de haut niveau.

Vous comprenez donc que ce n’est pas l’humour qui m’a charmée dans ce manga. En fait, il s’agit plutôt de l’intelligence des propos qui y sont avancés. Death Note aborde plusieurs thèmes fort intéressants tels que la justice, la peine de mort, le bien et le mal, et le sens de la vie. De fait, il traite de ces thématiques de façon pertinente et intelligente. Ces tomes ne s’adressent clairement pas aux enfants. Les personnages sont crus et surdoués, mais également méfiants, pessimistes et solitaires. Les images sont admirablement bien exécutées et orchestrées de façon justifiée avec le scénario du texte. En fait, c’est bien l’aspect visuel qui différencie Death Note des mangas lus précédemment puisqu’il ne met pas en lumière des scènes de combat, mais bien une quête humaine à travers plusieurs règles (celles régies par le «Death Note») et la moralité d’un garçon de dix-sept ans. Cela n’a rien à voir avec les kamehameha de Goku et les combat de carte Yu Gi Oh. Bref, c’est dans sa maturité et son intelligence que Death Note a su me faire succomber.

Je n’ai toujours pas terminé. J’en suis au sixième tome. Je ne décroche pas, malgré la fin de session qui approche. J’ai même acheté les cinq premiers tomes de la série Bleach. Il paraît qu’un amour de jeunesse ne meure jamais vraiment. Apparemment, les Japonais l’ont compris.

Crédit photos: Michaël Corbeil

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Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?» (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris) Les vers de Baudelaire auront été la source de son épanouissement en tant que bizarroïde de ce monde. La poésie, Marika la vit au quotidien à travers tous les petits plaisirs qui s’offrent à elle. Une grimace partagée avec une fillette dans le métro, la fabrication d’un cerf-volant dans un atelier strictement réservé aux enfants, un musicien de rue interprétant une chanson qui l’avait particulièrement émue par le passé, lui suffisent pour barbouiller le papier des ses pensées les plus intimes. Chaque jour est une nouvelle épopée pour la jeune padawan qu’elle est. Entre deux lectures au parc du coin, un concert au Métropolis et une soirée au Cinéma du Parc pour voir le dernier Wes Anderson, elle est une petite chose pleines d’idées et de tatouages, qui se déplace rapidement en longboard à travers les ruelles de Montréal. Malgré ses airs de gamine, elle se passionne pour la laideur humaine. Elle est à la recherche de la beauté dans tout ce qu’il y a de plus hideux. Elle se joint au Fil Rouge afin de vous plonger dans son univers qui passe des leçons de Star Wars aux crayons de Miron en faisant un détour par la voix rauque de Tom Waits et le petit dernier des Coen. Derrière son écran, elle vous prépare son prochain jet, accompagnée de son grand félin roux, d’une dizaine de romans sur les genoux et d’un trop plein de culture à répandre

7 Comments

  1. J’adore Death Note, j’ai lu le tomes et j’ai regardé la série 3 fois. Je ne m’en tanne pas. Dragon Ball c’est ma vie aussi. Tu vas aimer Bleach, Ichigo est un personnage tellement pur et bon et merveilleux.

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    • Marika Guilbeault-Brissette says

      Je ne savais même pas qu’il y avait un tome 13. À la bibliothèque de l’université, il n’y a que les huit premiers. Je vais devoir me débrouiller pour trouver les autres. 😉

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      • Il n’y a que les huit premiers ? Tu peux leur demander de commander les suivants, au moins jusqu’au 12 (parfois ça marche).
        Le treizième tome est un tome bonus, pour les fans. Il est présenté un peu comme un dossier avec des notes. On y apprend le nom de L, on a un récapitulatif de tous les personnages (date de naissance, de mort, relations, etc.). C’est intéressant et très sympa, mais pas essentiel. Vraiment pour les fans 🙂

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