Littérature québécoise
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Beaucoup de thé et du rhum bon marché: Nikolski

Hiver 2012

J’en suis à ma dernière année du secondaire et mon professeur de français nous demande de lire un passage qu’il a photocopié d’un livre québécois. M’imaginant déjà finissante, je n’ai pas beaucoup envie de participer à l’exercice, pourtant, je suis la première à finir l’extrait, assise sur le bord de ma chaise, je veux que mon professeur me parle d’avantage de ce livre. En terminant le cours, je me promets de lire ce roman dans son entièreté bientôt. C’est seulement deux ans plus tard que j’en termine la lecture après l’avoir trouvé dans une bouquinerie sur Mont-Royal pour moins de trois dollars et deux autres années après que j’en fais la critique.

Printemps 1989

«Un avant-goût de la fin du monde» (Page 252)

L’histoire de Nikolski débute en septembre 1989, pour ensuite se promener sur une période de dix ans. Nikolski, c’est un compas et l’élément clé à cette aventure littéraire. C’est l’histoire de trois personnages début vingtaine, Noah, qui entame des études universitaires, Joyce, qui recherche un peu d’action à travers la vie urbaine et le narrateur inconnu (« Mon nom n’a pas d’importance »), suivant la mort de sa mère qui se retrouve sur l’île surpeuplée de Montréal. Trois destins qui se rencontrent plusieurs fois, tous reliés par un point commun ignoré. C’est un roman d’aventure qui fait voyager par l’inscription des allusions aux pirates, aux îles, aux cartes postales, aux déplacements, et j’en passe.

« Peu à peu, l’ambition de perpétuer les traditions familiales s’insinua dans son esprit. Il lui semblait inconvenant que l’arrière-arrière-petite-fille d’Herménégilde Doucette consacrât sa vie à éviscérer des morues et faire des devoirs de sciences naturelles. Elle était destinée à devenir pirate, morbleu ! » (Page 61)  

Nikolski est le premier roman de l’auteur, Nicolas Dickner, qui lui vaut les louanges des critiques avec une écriture vivifiante et de nombreux prix littéraires comme le Prix des libraires du Québec ou le Prix Anne-Hébert. Ce livre postmoderniste met en relation des personnages intrigants et attachants à la fois; divisés habilement en cinq parties distinctes et en plusieurs chapitres courts, les personnages sont développés profondément chacun leur tour, l’auteur décidant de se concentrer sur un personnage par chapitre. La quête identitaire reste somme toute la ligne directrice des personnages, malgré les nombreuses péripéties.

« Son arbre généalogique était comme tout le reste : une chose fugace, qui fuyait avec le paysage. » (Page 36)

La première de couverture est belle, l’écriture est stylisée, l’histoire est intrigante et forcément le lecteur est passionné. Amatrice d’aventures, le roman me permet d’en vivre une, alors à défaut de ne pas pouvoir voyager et de devoir aller à l’école chaque jour, je me permets un périple intellectuel à travers les mots de Dickner.

Pour ceux que Nikolski a déjà charmés, le denier roman de Nicolas Dickner, Six degrés de liberté est également un chef d’œuvre de la littérature québécoise moderne.

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« Je crois que s’il y a autant d’opinions que de têtes, il y a aussi autant de façons d’aimer qu’il y a de cœurs. » (Anna Karénine, Tolstoï) Je suis une optimiste de la vie, je crois que tout arrive pour une raison et que le meilleur est toujours à venir. Étudiante en écriture de scenario et création littéraire à l’Université de Montréal, les livres ont toujours fait partie de ma vie. Je suis une amoureuse de la nature, lire au sommet d’une montagne est un idéal pour moi, autant que relaxer dans mon bain un bouquin à la main. Mon programme d’étude m’encourage à me surpasser et me fixer des objectifs, comme celui d’écrire un roman avant mes 25 ans. Le cinéma est également une passion pour moi, me réjouissant sans cesse de films de la nouvelle vague française. Mes deux passions sont donc en parfaite symbiose pour une amoureuse de l’art comme moi.

2 Comments

  1. Savais-tu que le roman a paru avec trois couvertures différentes (en fait, la même, mais dans trois intensités de couleur)? J’ai bien aimé le clin d’œil de l’éditeur au fameux «Livre à trois têtes»!

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  2. Ping : Tarmac ou l’adolescence en banlieue nord-américaine | Le fil rouge

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