Féminisme
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« Lazare mon amour » : petite incursion dans l’œuvre de Sylvia Plath

Héliotrope a décidé cet hiver de publier une courte plaquette écrite par Gwenaëlle Aubry, Lazare mon amour avec Sylvia Plath. C’est dans ces 75 pages qu’on découvre ou redécouvre une figure marquante de la littérature américaine et féministe, une icône fragile : Sylvia Plath. Il s’agit réellement d’un hommage qu’offre Aubry à Plath dans ce texte. On sent la fascination et la passion qui gagne l’auteure lorsqu’elle parle de Plath, cette femme qu’elle tente de comprendre encore et encore :

Un jour on me demande d’écrire sur une autre, poète ou romancière, qu’importe, vivante ou morte (plutôt). Et tout de suite ce nom s’impose : Sylvia Plath. Je relis ses textes hypertendus, électrifiés, je regarde ses photos-caméléons. Je fais défiler ses masques, je bats les cartes de son tarot : le rameau de peur et le Roi des abeilles, l’amante éblouie et la mère-épouse prisonnière de l’Amérique des années cinquante, les vierges folles, le vieux démon mélancolique, l’Oiseau de panique. À travers cette fragile image, cette icône suicidée, je cherche le point d’ajustement de l’écriture à la vie. Je cherche à comprendre ce que, par l’écriture, elle a sauvé de la vie et ce qui, de l’écriture, l’a sauvée elle aussi. Car je crois que Plath a été, dans les deux sens du terme, une survivante : pas seulement une qui est revenue d’entre les morts (Lady Lazare) mais aussi une qui a vécu à l’excès. 

En épluchant ses journaux intimes, ses poèmes, ses romans, Aubry porte un regard franc envers cette femme totalement envoutante. Bien que je connaissais Sylvia Plath pour en avoir entendu parler dans plusieurs de mes classes de littérature, je n’ai jamais eu la chance, encore, de me plonger dans son œuvre. Il reste que dès que j’ai refermé le texte, j’ai eu envie de m’y mettre.

Entièrement ancrée dans son époque, Plath est confrontée à son désir d’écriture et celui d’être mère. Sa réflexion sur la maternité, mais aussi sur son besoin de créer, d’écriture, est touchante. Quelques références à Une chambre à soi de Virginia Woolf sont présentées. Plath voulait tout faire, être mère, mais aussi auteure et ce fut un des défis de sa vie. J’ai trouvé judicieux que Gwenaëlle Aubry ajoute quelques extraits de la poésie de Plath comme de ses journaux intimes. Non seulement cela permet de défaire les nombreux masques de Plath, mais aussi de voir toute la femme derrière l’écrivaine.

Il faut dire aussi qu’on est à la fin des années cinquante et qu’elle n’a pas vraiment de modèle : d’un côté, les mères-épouses des magazines, vitrifiées dans leur cuisine, de l’autre les vierges folles, Woolf, Dickinson, ces autres sœurs stériles de Perséphone, qui, elles ont choisi, sacrifié l’une de leurs fécondités.

Le texte rend hommage oui à l’écrivaine, mais aussi à la femme, parce que comme toutes celles qui ont su combattre les préjugés et les idées reçues d’une société traditionnelle, Sylvia Plath est engagée dans son parcours artistique à montrer qu’elle n’est pas juste mère, qu’elle est une femme et surtout une écrivaine. On y découvre une féministe, entêtée et incroyablement engagée.

Je vous invite à plonger une petite heure, car ça se lit si rapidement, dans la vie et l’œuvre de Sylvia Plath. Cette petite intrusion dans la vie de cette figure suicidée, mais pourtant éternelle de la littérature américaine, saura vous donner envie de lire les textes orignaux de l’écrivaine. Ce fut mon cas et ainsi, je dois dire que Gwanaëlle Aubry a bien réussi son mandat.

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