Littérature québécoise
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Une théorie en amour, celle du drap contour

« Comment guérit-on de ne pas être la femme de la vie de l’homme de sa vie? »

La théorie du drap de contour de Valérie Chevalier relate l’histoire d’une jeune fille, Florence, et de ses passions amoureuses ou plutôt dirais-je de ses malchances amoureuses. C’est le reflet d’une véritable mosaïque amoureuse qui se forme tout au long du roman, parfois teintée de moments tristes et à d’autres moments d’une légère gaieté. D’une affliction amoureuse qui restera un amer souvenir tout au long de l’histoire de Florence, on revient rapidement à des moments plus doux, plus chaleureux pour l’esprit et qui nous permettent d’apprécier que cette jeune protagoniste reprenne espoir, reprenne son souffle à travers un flot de tristesse.

« Tu sais que tu as vraiment trouvé l’amour quand même plier un drap contour devient une activité agréable. Les contrariétés sont divisées par deux, et le plaisir, lui, est multiplié. »

De Thomas qui lui cicatrise le cœur pour longtemps à Émile et ses pains quotidiens, l’amour d’un été qui refroidi comme les saisons, Ernest et sa crise de la vingtaine, Florence connait plusieurs échecs amoureux qui la découragent et lui font perdre tout espoir en l’amour. Dans la mi-vingtaine et elle semble déjà ne plus croire en l’amour, cela lui permet d’avancer dans d’autres sphères de sa vie, de ne pas être seulement guidée par le désir de trouver le prince charmant, elle réussit bien au niveau de sa carrière et elle semble développer une sérénité par rapport à elle-même qui rappelle que dans la vie, il devrait être naturel de tomber en amour avec soi-même, avant d’avoir le coup de foudre pour quelqu’un d’autre.

« On sait qu’on est vraiment prêt à trouver l’amour lorsque même plier un drap contour seul se fait dans la sérénité. »

L’histoire de Valérie Chevalier ne raconte pas l’histoire d’une fille brisée par ses déceptions amoureuses, au contraire on y relate une femme qui ressent toutes émotions normales lors d’une rupture, mais qui reste forte et qui ne se laisse pas mener par une quête de l’homme idéal. Elle sait patienter et quand le bon se présentera, elle espère être là au bon moment tout simplement. C’est l’histoire de Florence qui, comme d’autres femmes de son âge, fait son chemin à travers la vie avec son flot d’aventures et de mésaventures et qui s’en sort plus belle et plus forte.

Au final, j’y vois dans ce roman bien plus que ce qui est écrit. L’auteure me fait penser sans même avoir le besoin de l’écrire qu’être femme n’est pas si facile, mais pas si compliqué non plus.

« Comment guérit-on de ne pas être la femme de la vie de l’homme de sa vie? »

Pas besoin de guérison, pas besoin de trouver l’homme de sa vie quand on est déjà la femme de notre vie.

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Comme Rory Gilmore, Laurence a toujours tendance à trainer un livre avec elle, même pour un simple trajet en voiture. Étudiante en édition, elle a trouvé le bon programme pour elle. Passionnée par la littérature et le cinéma, elle aime lire, surtout la littérature québécoise et le théâtre, et regarder des films de tous genres. Ses buts sont de ne pas succomber à la pression de performer et de vivre avec lenteur.

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