Défis littéraires
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Ce qu’on a lu comme essai cette année #Jelisunlivrequébécoisparmois

Louba
les-tranchc3a9esJe ne suis pas mère, je n’ai aucune certitude que je le deviendrai un jour, aucune. N’empêche que j’ai le droit de m’exprimer sur le sujet et que j’ai relu, pour une deuxième fois, avec grand plaisir, non sans être traversée par plusieurs émotions et quelques frissons, Les tranchées de Fanny Britt (et invitées Madeleine Allard, Isabelle Arsenault (illustrations), Marie-Claude Beaucage, Alexia Bürger, Annie Desrochers, Alexie Morin, Geneviève Pettersen et Catherine Voyer-Léger). Cet essai est nécessaire. Du moins, il te dit que tu as le droit d’être toi, d’être encore un peu plus toi.

<< […] ai-je besoin de savoir avec précision qui je suis et ce que je revendique, pour avoir le droit de le revendiquer ? >>

Je suis la fille d’une mère, la nièce de plusieurs mères, la tante d’une petite merveille, la belle-sœur d’une mère et je suis cette femme qui court plus souvent qu’autrement après l’amour, tsé le vrai, le grand, l’authentique, le fou, dans un espoir pas si sourd que ça de peut-être bien fonder une famille moi aussi, enfin, je pense.

Je le voyais arriver, le nombre 27 depuis longtemps. Quand j’ai eu 27 ans, pendant quelques temps tout s’est effondré dans ma tête ou alors tout s’est mis à aller très, très vite, à tourner et tourner, jusqu’à ce que je me calme, que je me rebelle ou que j’accepte. Le 27 m’a fait cet effet-là parce que dans l’histoire qui m’est raconté depuis ma naissance, c’est l’âge qu’avait maman lorsqu’elle est devenue ma maman. Et ça se continuait ainsi : « […] c’était déjà vieux pour l’époque avoir un enfant à 27 ans. C’était clair pour moi, pas après 30 ans … ». Veut, veut pas, quand on vit en entendant toujours la même chanson, ça met un peu de pression. Heureusement que les époques changent, ça me laisse encore un peu de jeu.

Les tranchées, c’est l’état d’alerte constant que vivent toutes les femmes par-rapport à cette foutue « société », à leur corps (UNIQUE), à l’amour-détresse qu’elles ressentent face à tellement de choses, c’est la culpabilité incessante de vouloir toujours être au top du top (au top de quoi au juste?), c’est de vouloir être mère sans que ce ne soit le paradis attendu. Les tranchées, ce sont les sillons entre deux terres définies, l’endroit où chaque femme est unique, où elle tente d’exister (juste ça c’est déjà beaucoup), en dealant avec toutes les images, les idées, les histoires, imposées. Puis les préjugés… ils rebondissent aussi vite que des balles de ping-pong. On est déjà assez méchantes avec nous-mêmes… Les tranchées, ce sont aussi les marques de guerre sur le ventre, sous les yeux ou dans la tête lorsque le château de cartes s’effondre pour un murmure de travers. Les tranchées, là où s’agite la vraie vie, la réalité quotidienne de chacune de ces femmes, mères, futures mères, peut-être bien mère un jour, peut-être ou pas mère du tout parce que, juste parce que, des fois ça marche, des fois ça ne marche pas, mais tsé ça ne fait pas de toi une femme moins femme, une humaine moins humaine, hein!

À lire, à lire, à lire, mais tu n’es pas obligé non plus😉

Bonne lecture !
À lire aussi, si tu aimes bien Fanny Britt : Les maisons, Jane, le renard et moi et Louis parmi les spectres 


Martine

15133707_10153884432047413_633342315_oCe mois-ci, j’ai lu deux essais féministes qui se prêtaient très bien à notre événement du 22 novembre dernier à l’Arsenal. Lors du deuxième panel, la discussion tournait autour de l’importance de la prise de parole féministe collective. Le collectif Sous la ceinture, sous la direction de Nancy B.Pilon, était pris en exemple et on avait la chance d’avoir Nancy et Simon Boulerice avec nous pour en discuter! Dans la même optique de prise de parole collectif, le blogue Je suis féministe a publié un livre du même titre et ce fût mes deux lectures du défi du mois!

J’ai vraiment adoré mes deux lectures, par leur engagement, oui, mais aussi par leur façon accessible de parler de sujets plus tabous tels que la culture du viol, la prostitution, etc. Ces essais ouvrent la porte à des réflexions et à des discussions plus que nécessaires et toute la force et l’importance des essais y résident. Il est important (et heureusement, nous sommes choyés ces dernières années) de laisser la parole aux femmes par l’écrit comme engagement sociale et collectif.

Le collectif Sous la ceinture aborde la culture du viol sous différents angles et selon différentes personnes : on y voit des poètes, des auteurs, des illustrateurs, etc. Chacun à leur façon, ils nous en apprennent plus sur ce sujet si controversé qu’est la culture du viol et démontent toute la nécessité d’ouvrir la discussion. Je dois avouer avoir versé des larmes au texte de Nancy B.Pilon qui est incroyablement touchant, vrai et merveilleusement bien écrit. Celui de Sophie Bienvenu est aussi venu me chercher intimement et m’a « brassée » de l’intérieur. À lire absolument.

Le collectif Je suis féministe aborde des questions et des points de vue multiples face au féminisme et il le fait de façon honnête et inclusive. J’ai beaucoup apprécié ma lecture, qui m’a fait réfléchir et me questionner, ce qui est à la base même de l’importance des essais québécois.

Une lecture nécessaire, d’un blogue d’une importance primordiale, dans cette prise de parole féministe québécoise, sur le web et ailleurs.

 

Marjorie

Comme Martine, j’ai aussi lu Sous la ceinture au début du mois. J’ai apprécié la multiplicité et la diversité des textes. C’est le type d’essai qui, de par ses voix qui se multiplient, permet une compréhension plus vaste d’un sujet tel que la culture du viol. C’est le type de lecture qui devrait être obligatoire, qui enseigne et touche, qui nous chamboule et nous instruit et qui, bien entendu, est nécessaire.

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Dans un tout autre ordre d’idée, j’ai aussi lu La vie secrète des Hassidim, un essai qui fait le portrait de la communauté Hassidim de Montréal; leurs valeurs, coutumes, enseignements, et qui aborde aussi l’important aspect des sorties de communautés. À l’aide de témoignages, de recherches et de discussions, l’auteure transporte son lecteur dans l’univers des juifs hassidiques en essayant de l’emmener le plus près possible des faits, des vérités qui se cachent derrières les portes closes de leurs appartements d’Outremont.

C’est surtout sous un angle sociologique que le tout est rapporté. On y parle de l’enseignement, des barrières invisibles entre eux et les autres, on y parle de modestie, de coutumes, de mariage, aucun sujet n’est laissé en suspend. C’est un portrait complet et intéressant qui ouvre la porte sur une communauté secrète et fermée, pour peu dire.

J’ai bien entendu fortement apprécié le quatrième chapitre, celui sur les sorties de communautés. C’est vraiment par cette porte de sortie que l’auteure a pu se rapprocher le plus intimement possible des Hassidim. Elle qui espérait entrer par la porte avant, c’est finalement par les témoignages d’hommes ayant quitté tout ce qu’ils ont connu qu’elle put en apprendre le plus.  Je trouve que le cheminement de l’auteure, les témoignages ainsi que l’aspect fortement sociologique font de La vie secrète des Hassimim un essai intéressant pour tous les curieux.

Pour un portrait plus littéraire, vous pouvez aussi lire Lekhaim!, un recueil de chroniques écrit par Malka Zipora, membre de la communauté Hassidique de Montréal.

Clara
Pas exactement un essai, mais définitivement de la non-fiction, Étouffer la dissidence : vingt-cinq ans de répression politique au Québec a été ma lecture pour le défi du mois. Les données recueillies par le groupe de recherche qui est à l’origine de la publication qui vient de paraître chez Lux éditeur fessent pas mal fort. Mais je ne vous en dit pas trop! Un article paraîtra bientôt à son sujet…

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Le fil rouge est un blogue littéraire créé par deux amies, Marjorie et Martine, toutes deux passionnées par la littérature et par les vertus thérapeutiques de celle-ci. Notre approche face aux bouquins est liée à la bibliothérapie, car nous pensons sincèrement que la lecture procure un bien-être et que les oeuvres littéraires peuvent nous aider à cheminer personnellement. Nous tenons aussi à partager notre amour pour les bouquins, l’écriture, la création et sur les impacts positifs de ceux-ci sur notre vie et notre bien-être. Notre mission première est de favoriser la découverte de livres et de partager l’amour de la lecture, car ceux-ci peuvent avoir des impacts sur nos vies et sur notre évolution personnelle. Que ce soit le dernier roman québécois qui fait parler de lui, le vieux classique, le livre de cuisine ou bien même le livre à saveur plus psycho-pop, chez Le fil rouge, on croit fermement aux effets thérapeutiques que peuvent apporter la lecture et la littérature. Voilà pourquoi les collaboratrices et les cofondatrices se feront un plaisir de vous faire découvrir des bouquins qui leur ont fait du bien, tout simplement.

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