Poésie et théâtre
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887 et la mémoire de Lepage

Paru le 16 novembre dernier, ce volume illustré de la dernière pièce de Robert Lepage, 887, réussit à immortaliser le brio de l’auteur. (Laurence a d’ailleurs parlé de ses impressions de la pièce ici.)

Le défi, en portant le théâtre sur papier, était de ne pas dénaturer la mise en scène magistrale de Lepage ainsi que de réussir à conserver cette unicité si caractéristique de l’auteur : l’utilisation de la technologie.

Savamment illustré par Steve Blanchet, 887 plonge dans les méandres de la pensée du Robert Lepage d’aujourd’hui, entrelacée de celle du petit Robert des années 60-70.

Pour moi, le théâtre, ça commence ici: dans un lit à deux étages avec ma soeur Lynda dans une chambre d’enfant de l’appartement 5 du 887 de l’avenue Murray, dans le quartier Montcalm à Québec. […]

Quand, tout à coup, l’un deux eut l’idée d’utiliser son ombre pour illustrer son histoire. À l’aide de la lumière des flammes, il fit apparaître sur les murs de la carrière des créatures plus grandes que nature. Les autres, ébahis, y reconnurent tour à tour le fort et le faible, l’opprimé et l’oppresseur, le mortel et le dieu.

C’est ainsi que dans les jeux d’ombres inoffensifs d’un enfant on peut retracer les origines du théâtre.

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Les illustrations permettent d’apprécier la mise en scène de la pièce, car elles nous donnent un visuel des didascalies, rendant ainsi justice aux modifications scéniques et à l’usage de la technologie. De plus, elles sont d’une simplicité et d’une justesse qui vont de pair avec l’ensemble des souvenirs habilement dépeints.

Cadeau idéal pour les amateurs de théâtre, ce volume est un vrai petit bijou littéraire et historique : sur fond de FLQ, de Nuit de la poésie et de Révolution tranquille, on explore la mémoire individuelle de Lepage autant que celle collective du peuple québécois. L’illustration de la couverture dicte le ton, le bloc appartement ayant vu grandir le petit Robert sert à dépeindre un portrait de cette société de l’époque, si différente, mais à la fois si unie.

La lecture de 887 est agréable, elle nous fait rire, sourire et réfléchir : réfléchir à ce passé québécois riche d’enjeux à défendre ou à débattre et réfléchir à ce présent encore marqué du légendaire Speak White.

D’ailleurs, l’expression « speak white » provient justement de cette époque-là, où, dans les champs de coton, les propriétaires terriens, qui craignaient les rebellions des esclaves noirs, leur interdisaient de parler créole. On leur disait « speak white », parle comme un Blanc. 


Le Fil rouge tient à remercier Les éditions Québec Amérique pour le service de presse.
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Vanessa est prof de littérature dans un p'tit cégep de région. Ce qui l'épanouit, c'est d'être près d'une bibliothèque où les tablettes rondissent sous le poids de ses lectures, d'une table de chevet trop encombrée, d'une grosse douillette de loup avec un café et un signet qui a vu défiler les années. Vanessa en mange matin, midi, soir, entre amies, entourée d'étudiants, seule ou au club littéraire de son village. Toutefois, elle considère qu'il ne faut jamais forcer la lecture et qu'un livre se doit d'être lu au moment opportun. Elle comble le tout de cinéma, de séries télévisées (avec un faible pour celles américaines), de sports et de son chien Mika (une labrador noire trop énergique, mais juste bien colleuse quand c'est le temps). Et oui, elle a bel et bien 389 livres dans sa liste de souhaits Renaud-Bray et ça n’inclut pas ceux de sa PAL.

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