All posts tagged: mémoire

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Une fileuse au FIL (partie 2) – Rien d’autre que cette félicité

«FIL» est l’acronyme du Festival international de littérature, événement d’envergure qui s’est déroulé cette année à Montréal du 20 au 29 septembre. Avec la mission de partager et de faire vivre la littérature, le FIL présente une série de soirées multidisciplinaires où elle est mise en scène, en musique et en images.  Samedi le 21 septembre au soir, je m’installe dans la salle du Théâtre Outremont. Sur la scène encore vide se déploie un décor convivial qui rappelle un bureau de travail chargé par la paperasse. Sur les deux tables traînent des carnets de note, et des boîtes jonchent le sol. Je suis curieuse et j’ai hâte que la représentation commence. J’adore l’autrice Nancy Huston et je suis venue assister à la mise en lecture de son texte Rien d’autre que cette félicité, dirigée par Jennifer Alleyn, avec la comédienne Pascale Bussières. Dès son entrée sur scène, la comédienne s’installe au bureau et prend les traits d’une mère qui écrit une lettre à sa fille Lily. Elle la recommence plusieurs fois, ne sachant pas quel …

Le drap blanc de Céline Huyghebaert : Retracer les souvenirs

Retrouver le père absent Après le décès de son père, Céline constate qu’elle ne l’a pas vraiment connu, qu’il lui est quasi étranger. Il s’agit en quelque sorte d’un reproche qu’elle lui fait, mais surtout qu’elle se fait à elle-même. Ce projet de recherches se veut personnel, mais aussi documentaire et journalistique, car l’autrice y présente, entre autres, l’analyse de la signature de son père par une graphologue, parsème les pages du livre de photos d’archives et tente de récolter toutes les bribes d’informations à son sujet à l’aide d’entrevues enregistrées auprès de sa famille et de ses ami-e-s. La mémoire comme seule matière Elle interroge des proches avec des questions précises qu’elle reposera quelques années plus tard afin d’y déceler des éléments nouveaux, singuliers, qui lui permettront de définir Mario, son père. Céline désire confronter les paroles dites par les interviewés parce que la mémoire est une source instable et que les mots choisis ou modifiés par chaque individu peuvent être porteurs de sens inédits. Le temps fait la différence, bien que remuer les …

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L’histoire du vieil homme sur un banc

Il y a quelques mois, ma mère m’a offert un livre en me faisant promettre de le lire au plus vite. Fidèle à moi-même, j’ai ignoré son précieux conseil et j’ai fait à ma tête. Je vous confirme aujourd’hui que c’était une erreur de ne pas l’avoir écoutée. La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel est une petite merveille de la littérature, une œuvre qui nous semble bien ordinaire à première vue et qui s’avère être une révélation. Monsieur Linh a vécu la guerre. Il a survécu, avec sa petite fille, à ce qu’il y a de plus cruel et de plus laid en ce monde. Ils ont réussi à fuir et à se réfugier dans un pays inconnu, aux antipodes de tout ce qu’ils connaissaient. Monsieur Linh essaie alors tant bien que mal de prendre soin de la seule famille qui lui reste en s’isolant de tout ce qui l’entoure. Cette carapace sera brisée lorsque, durant sa promenade, un homme jovial au visage triste décide d’entamer la conversation. Naît alors une douce …

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La fin de mon parcours à la maîtrise

C’est la fin. Il y a maintenant deux ans, presque jour pour jour, je vous faisais part de ma décision de commencer mes études aux cycles supérieurs en études littéraires. Rappelez-vous, je venais de trouver mon directeur de maîtrise, je lisais toute l’oeuvre de Nothomb et je voguais tranquillement sur les eaux tumultueuses de l’esthétique de la laideur. Cela ne vous dit rien? Je vous réfère au texte Un long voyage de solitude : mon parcours à la maîtrise pour vous mettre à jour. En fait, ce que vous êtes en train de lire est la suite. Qu’est-ce qu’il y a en eu du chemin de fait depuis le 7 mars 2016! C’est la fin. Vraiment. Ma date de dépôt est le 4 mai. La vie est bien faite. Le 4 mai, c’est le May the 4th be with you, la journée mondiale de Star Wars. En ce jour de mai, je serai adoubée grande Jedi de la galaxie. Mon entraînement de Padawan sera enfin complété. Un crayon pour sabre laser et la force mentale …

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Du livre au film : The Glass Castle

À Noël dernier, une pluie de livres s’est abattue sur moi à mon plus grand plaisir, et à celui de mon portefeuille. J’avais demandé les mémoires de Jeannette Walls, The Glass Castle (Le château de verre), car j’avais vu le film sorti en 2017 quelques mois auparavant, et je l’avais bien aimé. J’aime toujours comparer une œuvre d’un médium à l’autre me permettant ainsi d’unir une œuvre à travers deux de mes passions. Normalement, je lis le livre en premier et ensuite j’écoute le film, mais cette fois-ci, j’ai su qu’un livre existait après le visionnement de l’œuvre cinématographique seulement. Laissez-moi donc vous présenter ce livre que j’ai adoré et ce film qui ne m’a pas déçue. Le livre où Jeannette se dévoile Le livre dépeint la vie de Jeannette Walls, une vie de nomade favorisée par ses parents marginaux : sa mère, artiste en tout genre (peinture, écriture de théâtre, de romans, de nouvelles) et son père, inventeur alcoolique ayant pour but de construire un château de verre qui révolutionnera leurs vies et leurs problèmes …

L’infini mémoire de notre temps

Rafaële Germain s’intéresse, dans cette petite plaquette jaune, à la mémoire, à l’oubli et aux nouvelles technologies qui ont modifié l’entièreté de nos rapports humains, mais pas que. Sous forme de petits fragments adressés à son père, la quête de Rafaële Germain est bien évidemment propre à elle-même et à son rapport intime avec la mémoire, les technologies et l’oubli. Elle touche cependant une société entière, me questionnant moi-même sur ces thèmes. Elle s’y attarde toutefois de façon très sincère et vulnérable en s’adressant à son père et en nous dévoilant des parts intimes de ce dernier et d’elle-même. Ainsi, elle s’interroge sur la transmission, l’importance d’avoir des racines, des ancrages réels et concrets. Inspirée par le décès de son père, l’auteur Georges-Hébert Germain, Rafaële Germain nous raconte comment son père était un homme qui aimait l’histoire, la recherche et comprendre les choses et qu’il l’a inspirée à faire de même. Dans une ère où l’on recherche de moins en moins et l’on oublie de plus en plus (car de toute façon, les données y sont si …

887 et la mémoire de Lepage

Paru le 16 novembre dernier, ce volume illustré de la dernière pièce de Robert Lepage, 887, réussit à immortaliser le brio de l’auteur. (Laurence a d’ailleurs parlé de ses impressions de la pièce ici.) Le défi, en portant le théâtre sur papier, était de ne pas dénaturer la mise en scène magistrale de Lepage ainsi que de réussir à conserver cette unicité si caractéristique de l’auteur : l’utilisation de la technologie. Savamment illustré par Steve Blanchet, 887 plonge dans les méandres de la pensée du Robert Lepage d’aujourd’hui, entrelacée de celle du petit Robert des années 60-70. Pour moi, le théâtre, ça commence ici: dans un lit à deux étages avec ma soeur Lynda dans une chambre d’enfant de l’appartement 5 du 887 de l’avenue Murray, dans le quartier Montcalm à Québec. […] Quand, tout à coup, l’un deux eut l’idée d’utiliser son ombre pour illustrer son histoire. À l’aide de la lumière des flammes, il fit apparaître sur les murs de la carrière des créatures plus grandes que nature. Les autres, ébahis, y reconnurent tour à tour …

Belva Plain et ses incontournables

Depuis mon enfance, j’ai la chance d’être entourée de livres, constamment. Chaque pièce de la maison, outre les toilettes, a des nombres incalculables de livres. J’enviais les romans de ma mère puisqu’ils étaient ceux de « grandes personnes ». Il n’y avait pas d’illustrations et ils contenaient plusieurs centaines de pages. À l’âge de huit ou neuf ans, j’ai décidé de faire la lecture d’un des romans de ma mère. Le roman que j’avais choisi m’attirait énormément, car il était uniquement vert foncé. Il n’y avait pas d’images sur la couverture ni aucune inscription sur la quatrième de couverture. Tout ce qu’on pouvait lire sur le rebord du livre était « Belva Plain », c’est-à-dire le nom de l’auteure. J’ai commencé à feuilleter quelques pages quand ma mère m’a surprise avec le bouquin. Elle m’avait dit qu’il n’était pas de mon âge. Elle m’a réprimandée de ne pas toucher à ses bouquins et m’a promis qu’un jour les portes de ses bibliothèques maison me seraient ouvertes. J’étais assez déçue, car en faisant le survol de Plain, j’ai pu découvrir que le …

Vi de Kim Thúy : Récits d’exils et recherche d’identité

Suite à la constatation que nous étions plusieurs collaboratrices admiratrices du travail de l’auteure Kim Thúy, nous nous retrouvons donc avec deux réflexions sur son dernier roman ! En espérant que vous l’aimerez tout comme nous! Ce que Marion en a pensé: Mon plaisir de lire la dernière oeuvre de Kim Thúy s’est combiné rapidement avec celui de retrouver son univers narratif, familier, composé de petits fragments d’histoires, d’exil, de rencontres, d’observations anecdotiques ou dramatiques, que nous avions déjà dans Ru et Mãn. Et malgré les petits bouts de récits qui composent le roman, c’est davantage un fil d’histoires, toutes reliées entre elles, que nous propose l’auteure, ce qu’elle affirme dans une rencontre à la librairie Paulines, à laquelle j’étais présente. Celle-ci avoue même écrire son roman tout d’un bout, et que c’est ensuite l’éditeur qui divise l’histoire en petits fragments, qui deviennent en quelque sorte porteurs de l’identité de l’oeuvre de Kim Thúy. À la lecture, on peut percevoir ce fil conducteur, qui se traduit autant par la filiation qui relie les personnages entre eux, que par …

Un long voyage de solitude : mon parcours à la maîtrise

J’ai décidé de m’embarquer dans cette aventure sur un coup de tête. J’en étais à la dernière session du baccalauréat. Je ne savais pas trop si j’étais prête à me plonger dans l’enseignement à temps plein, d’autant plus que le milieu me dégoûtait à ce moment. La période de ma vie se passant au Cégep avait toujours été la plus réjouissante en ce qui a trait à l’intérêt scolaire et pédagogique. Depuis cette époque, je me voyais très bien enseigner dans l’enceinte de mon bon vieil établissement joliettain. Sur les recommandations flatteuses d’un professeur de littérature de l’université, j’ai donc décidé de faire une demande d’admission à la maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Il est tout de même important de préciser que mon parcours n’est pas celui par lequel passent tous les étudiants s’inscrivant à la maîtrise en littérature. Je n’avais pas fait mon baccalauréat en études littéraires, mais bien en enseignement du français au secondaire. Par conséquent, je ne connaissais que quelques professeurs du département de littérature, dont ce …