Littérature québécoise
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Ne faire qu’un, envers et contre tous

Dans ce premier roman de Marie-Hélène Larochelle, Danill et Vanya, j’ai été surprise de la façon dont je me suis vue devenir complètement fascinée par cette histoire qui semblait toute simple au départ. Sans toutefois être un thriller psychologique, ce roman nous entraîne tout de même dans une quête qui côtoie meurtre, mensonge, agression sexuelle et identité.

La prémisse semble fort simple : un couple très amoureux, Emma et Gregory, perdent leur enfant et décident de se tourner vers l’adoption internationale, c’est ainsi qu’ils deviennent les parents adoptifs de deux jumeaux, Danill et Vanya. Les premiers temps avec les bébés sont difficiles, ils semblent vivre avec des problèmes liés à une dépendance à l’alcool, alors d’emblée on ne trouve rien de douteux ou de louche avec les bébés qui sont distants, froids et incroyablement près l’un de l’autre.

C’est au fil des pages qu’on y découvre une famille, qui semble parfaite de l’extérieur, mais qui est pourtant plongée dans des rapports froids et dépourvus de chaleur. Les jumeaux, cette entité, ne semble pas s’attacher à leurs parents et réagissent de façon fort violente et agressive… On en vient à se questionner, ont-ils des problèmes plus sérieux? Ces deux garçons ne font qu’un, ils ne sont qu’une entité, un ensemble, qui n’a besoin de personne. Ils se suffisent à eux-mêmes et ne se lient d’amitié avec personne d’autre, pas même avec leurs parents dévoués. Ils sont fermés sur tout ce qui les entoure, mais ouverts sur leur bulle commune, ce monde qui leur appartient, ce monde où eux seuls parlent le même langage.

Les deux font la paire 

Malheureusement, on ne s’attache que très peu à ces garçons qui frôlent la folie. Plus l’histoire avance, plus on découvre leur côté sordide, noir et incroyablement dérangeant. On en devient dégoûté par ces deux jeunes hommes et on ne comprend pas comment ils ont su dégringoler ainsi.

C’est plutôt, à leur mère, Emma qu’on s’attache, mais souvent plus parce qu’on a pitié de cette femme prête à tout pour ses fils, qui se retrouve toujours mise à l’écart. J’ai trouvé dommage de voir cette femme douter de ses capacités parentales, de l’amour de ses enfants, de son rôle dans leur éducation. Emma a quitté sa vie professionnelle où elle était designer pour s’occuper de ses fils, mais on sent qu’elle ne s’épanouit pas entièrement dans ce rôle, parce que les jumeaux ne la laissent tout simplement pas les approcher.

Amoureuse du beau, du griffé, du design, Emma peut nous sembler superficielle, tout comme son mari Gregory qui devient complètement obsédé par la visite du magazine Dweel dans leur demeure digne des magazines de design. J’ai toutefois tenté de rester sans jugement devant ce besoin du luxe, parce que l’auteure m’a laissé voir une belle vulnérabilité chez ses deux personnages tout comme un désir sincère d’aimer et d’élever ses enfants.

Bref, j’ai trouvé ce premier roman fort réussi et j’ai été agréablement surprise de la tournure des événements. Les jumeaux m’ont semblé beaucoup plus troublés, troublants et déséquilibrés que je l’imaginais. Cette professeure de littérature, agréée de l’université York, a su créer un roman où l’étrangeté gagne les lignes et nous rend fascinés par ces fameux jumeaux…


Le fil rouge tient à remercier les éditions Québec-Amérique pour le service de presse.

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