Littérature étrangère
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Le rouge vif de la rhubarbe: la détermination d’une adolescente islandaise

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Lorsque je voyage, j’aime beaucoup lire des auteur.e.s du pays de la destination en question. J’ai l’impression de baigner dans leur culture, de me mettre au diapason du peuple qui m’accueillera sur son territoire, de m’imprégner des lieux que je visiterai. Récemment, j’ai voyagé en Allemagne et j’avais lu Une femme à Berlin, en plus de voir la pièce de théâtre. Quand je suis partie en Islande l’an dernier, j’ai lu un roman policier d’Arnuldur Indridasson et Rosa Candida d’Auður Ava Ólafsdóttir, que j’avais beaucoup aimé. C’est donc avec enthousiasme que j’ai appris que cette dernière visiterait Montréal en mars!

Fidèle à mon habitude, je n’ai pas réservé de place suffisamment d’avance pour l’entendre parler de son travail d’écrivaine, mais aussi, j’imagine, de sa belle Islande. Quelle déception! Je suis toutefois mitigée quant à son rapport au féminisme, elle qui donne une grande place aux personnages masculins et à la valorisation de la paternité dans certains de ses romans, comme Rosa Candida… Et son prochain roman s’annonce comme un questionnement sur la virilité. Elle affirme d’ailleurs, dans une entrevue accordée à La Presse, que

« [l]’image de l’homme que reflètent les médias, la publicité et les films est unilatérale. Ça peut être difficile de s’y identifier. Avec Rosa candida, j’ai voulu montrer qu’il y a d’autres types d’hommes. »

Pourtant, son écriture me touche particulièrement; elle a quelque chose de singulier qui a à voir avec l’Islande, à mon humble avis. Des romans qui inspirent de grands espaces, qui font respirer, qui sont zen, on dirait! Ils portent également un humour tout particulier, que nous ne reconnaissons pas vraiment chez d’autres scandinaves, voire d’autres européens. Son écriture originale, ses personnages un peu loufoques et les familles spéciales qu’elle met en scène dans ses histoires me permettent donc de faire fi de quelques désaccords politiques.

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Une soirée cocooning, pendant laquelle j’ai dévoré le roman d’Olafsdottir!

 

Ce rendez-vous manqué du mois de mars ne m’a pas empêchée de plonger dans son dernier roman, Le rouge vif de la rhubarbe. La narratrice, Àgustina, est une jeune adolescente à qui il manque les deux jambes. Or, cela ne l’empêche pas de vouloir grimper « la Montagne » et d’avoir beaucoup d’autres ambitions dans la vie.

Elle est élevée par sa grand-mère, Nìna, également une femme colorée : elle organise des soirées de couture et cuisine beaucoup de plats qui sentent bon, juste à les lire. En effet, sa mère est elle aussi partie étudier les oiseaux dans un pays où il fait chaud alors qu’Àgustina était toute jeune, mais elles échangent des lettres depuis sa tendre enfance, correspondances poétiques qui ponctuent le roman.

Mais pourquoi la rhubarbe? Je n’en avais pas pris conscience lors de mon voyage, mais apparemment, les champs de rhubarbe abondent en Islande et Olafsdottir a choisi de les mettre en valeur. Àgustina a une vue sur celui dans lequel elle aurait été conçue par sa mère et son père, absent depuis la naissance.

« Personne ne soupçonnerait qu’elle soit là, à la recherche de son origine, creusant pour trouver ses racines dans les ténèbres de la forêt de rhubarbe. » (p. 18)

Le roman est bourré de phrases absolument magnifiques. Les descriptions poétiques côtoient les phrases philosophiques, qui, bien souvent, reflètent la personnalité d’Àgustina. Celle-ci est d’ailleurs un modèle de résilience et de détermination: armée de ses béquilles, elle souhaite gravir les 840 mètres qui la séparent du sommet de la Montagne, sans oublier qu’elle chante dans un groupe de rock et aide sa grand-mère à faire du boudin de mouton. L’adolescente, forte de caractère, est un personnage vraiment intéressant, qui, je le pense, pourrait inspirer d’autres jeunes femmes à ne pas se laisser abattre par leur handicap.

« C’est sage d’économiser les mots. Beaucoup gagneraient à fermer leurs oreilles aux bavardages pour mieux se servir de leurs yeux » (p. 27)

dit Nìna, alors qu’Àgustina lui explique qu’elle ne trouve souvent pas les mots qui vont avec les images qui se trouvent dans sa tête. Cet extrait incarne pour moi l’écriture d’Auður Ava Ólafsdóttir: des mots simples, mais qui, loin d’être banals, créent des images qui évoquent toute la beauté de l’Islande, et la force de celles et ceux qui y habitent.

Et vous, lisez-vous des romans des pays où vous partez en voyage?

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Un commentaire

  1. J’ai cette même tradition de prendre dans mes bagages un livre qui se déroule dans le pays pour lequel je m’envole :)! Je n’ai pas encore eu la chance d’aller en Islande mais ça me fait clairement très envie!! En roman islandais, si tu ne l’as pas déjà lue, je te conseille vivement la trilogie de Jón Kalman Stefánsson!

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