Poésie et théâtre
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Ma visite au théâtre Prospero

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Il y a quelques temps j’ai dû me rendre au Théâtre Prospero afin d’assister à la pièce de Théâtre Don Juan revient de guerre, une pièce d’Ödön von Horváth, mise en scène par Florent Siaud. C’est une pièce qui raconte l’histoire de Don Juan qui revient perdant de la guerre et fait face à une société hors du commun, complètement changée. Il se retrouve perdu dans ce néant de nouveauté et fait face à son passé, un amour perdu.

J’ai adoré la lecture de celle-ci. On doit l’avouer qu’une lecture scolaire obligatoire est plus agréable lorsqu’on apprécie la lecture de celle-ci. Puis, lorsque j’ai vu la pièce jouée, j’ai été fascinée et éblouie. Cette heure et trente minutes a passée trop rapidement, le spectacle était fini que j’en aurais écouté encore plus.

L’après-guerre au centre de la pièce

La réécriture d’Horváth de Don Juan semble démystifier ce personnage célèbre au théâtre, tout en lui imposant une désunion avec la société, particulièrement les femmes, élément majeur dans l’histoire de Don Juan depuis la création du personnage. Le metteur en scène offre au public un nouveau visage au mythe populaire, une image de la société allemande perdante en abattant le libertin cynique, égoïste et destructeur. L’après-guerre signifie que les rôles en sociétés ne sont plus les mêmes, Don juan s’étonne donc de ce changement sans même s’y habituer.

Une scénographie taciturne 

La voix de l’étrangeté semble clairement adoptée lors des représentations. Ce choix offre une résonance ambiguë qui vient accroître le mystère entourant déjà la pièce. Au 1er acte, c’est novembre, les gris bleus se mêlent afin de créer une atmosphère pluvieuse et maussade. Au 2e acte, la même morosité est habilement installée, que ça soit par le jeu lent des acteurs ou la trame sonore abstraite et ténébreuse (des bruits de guerre, le tonnerre et une musique douce). Finalement, au 3e acte, la pièce décolle du réel, rappelant ainsi, encore une fois, l’ambiguïté constante autour de la pièce. Je n’avais jamais vu une mise en scène comme celle-ci. Siaud n’a pas peur d’aller de l’avant et d’user d’une remarquable créativité.

Don Juan réinventé et des personnages étranges

Les personnages, soit trente-cinq femmes et Don Juan, joués par six femmes et un homme, représentent des inconnus vautrés dans des passions les plus cyniques insinuant un désespoir alarmant et cru. Il est nécessaire de soulever l’inspiration expressionniste de la mise en scène. En effet, les visages des acteurs deviennent maîtres de l’interprétation théâtrale d’Horváth. À maintes reprises, les acteurs dévoilent au public des expressions faciales effrayées et effrayantes, rappelant la célèbre œuvre de Munch, Le Cri; ce choix expose une vision subjective du metteur en scène, afin de représenter la noirceur de la pièce.

Don Juan garde minimalement l’essence de son personnage, son aura sexuelle: il est toujours un tombeur de femmes. Si son aspect essentiel reste inchangé, Don Juan est vaporeux, lunatique, étrange et fragile, ce sont les femmes qui deviennent maîtresses de son destin, contrairement à toutes les autres pièces mettant en vedette le mythe. Encore une fois, cette nouvelle vision du personnage me réjoui, c’est un Don Juan qui a moins de pouvoir et des femmes qui prennent leur vengeance contre un homme égoïste.

Un malaise signifiant

Il y a plusieurs malaises dans la représentation, que ce soit représenté par des personnages hésitants ou de longs silences, mais la fin témoigne d’un malaise encore plus saisissant. Retour à la réalité, quand tout est fini, la salle encore plongée dans le noir, demeure silencieuse. Les applaudissements tardent, pas par déception, les spectateurs se laissent le temps de réagir, de comprendre, puis de féliciter. Le metteur en scène, qui est venu discuter de la pièce dans ma classe, nous a expliqué être satisfait par cette réaction du public. Le  public doit prendre le temps de vivre la pièce, comme il le mentionne. C’est du moins, selon mon opinion, un malaise agréable.

Cette pièce était incroyable, et bien qu’elle ne soit plus affichée au théâtre je vous encourage à lire cette pièce qui représente et critique l’Allemagne d’après guerre.

Qu’est-ce qui vous étonne au théâtre ?

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« Je crois que s’il y a autant d’opinions que de têtes, il y a aussi autant de façons d’aimer qu’il y a de cœurs. » (Anna Karénine, Tolstoï) Je suis une optimiste de la vie, je crois que tout arrive pour une raison et que le meilleur est toujours à venir. Étudiante en écriture de scenario et création littéraire à l’Université de Montréal, les livres ont toujours fait partie de ma vie. Je suis une amoureuse de la nature, lire au sommet d’une montagne est un idéal pour moi, autant que relaxer dans mon bain un bouquin à la main. Mon programme d’étude m’encourage à me surpasser et me fixer des objectifs, comme celui d’écrire un roman avant mes 25 ans. Le cinéma est également une passion pour moi, me réjouissant sans cesse de films de la nouvelle vague française. Mes deux passions sont donc en parfaite symbiose pour une amoureuse de l’art comme moi.

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