Littérature étrangère
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Une année avec les abeilles : plaisirs simples, calme et contemplation

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Ces temps-ci, j’ai besoin de calme. Ça ne fait pas vraiment changement au fond, mais c’est comme si je le ressentais encore plus fortement, ce besoin de nature, de silence et de contemplation.

Je ne me souviens plus de quelle manière, mais je suis tombée un beau jour sur une critique Goodreads de Une année à la campagne et la description du roman écrit par J. M. G. Le Clezio m’a tout de suite donné envie de le lire. Après maintes recherches dans diverses librairies, j’ai mis la main sur ce livre un soir d’été et il a immédiatement gagné la première place sur le trône de ma gigantesque pile à lire. Je ressentais que j’avais besoin de ce livre, c’était instinctif et comme toujours, j’ai bien fait de m’écouter, car cette lecture est arrivée tel un pansement sur une plaie.

Un jour, Sue Hubbell, biologiste de formation, ayant travaillé comme bibliothécaire, lasse de vivre en marge de la société de consommation de l’Est américain, décide de changer de vie. Avec son mari, elle part à la recherche d’un endroit où ils pourraient vivre loin des villes, suivant l’exemple du poète Thoreau. Après avoir cherché, ils trouvent cette ferme dans les monts Ozark, au sud-est du Missouri, et, ne connaissant rien à l’agriculture ni à l’élevage, ils décident de créer une « ferme d’abeilles ». Alors commence pour Sue Hubbell une aventure dont elle n’imagine pas les conséquences. Les saisons, les années passent, maintenant dans la solitude car son mari l’a quittée, et cette femme qui n’avait de la nature qu’une connaissance théorique découvre lentement l’immensité de l’univers qu’elle s’est choisi : sur ces quelques hectares de collines où, depuis la disparition des Indiens Osages, aucun être humain ne s’est vraiment arrêté, la vie a établi ses lois et ses règles, tissant un réseau de dépendances entre tous les habitants : les plantes, les insectes, les araignées, les serpents, les oiseaux, les mammifères, et même les parasites et les bactéries. L’entrée dans ce monde n’est pas simple. Pour Sue Hubbell, c’est un véritable bouleversement. Elle qui croyait — par son éducation, par ses études — tout savoir de la vie animale découvre sur ces arpents de terre que la vie naturelle est un bien meilleur professeur, parce qu’elle laisse le savoir germer et mûrir comme tout ce qui est vivant et vrai. – J. M. G. Le Clezio

Ce n’est pas que j’aime particulièrement les abeilles, quoique ce livre m’ait fait découvrir tout un autre aspect de leur intelligence et de leur mode de vie sociétaire. C’est plutôt dans le choix de Sue Hubbell de vivre éloignée, seule, mais totalement en harmonie avec ses valeurs et son environnement, que j’ai trouvé réconfort et j’ai été touchée. Cette femme qui était mariée au départ de son aventure et mère d’un garçon adulte a décidé de vivre seule dans une maison campagnarde et de créer une ferme d’abeilles. Après que son mari l’ait quittée, elle a redoublé d’ardeur face à cette nouvelle vie, à l’opposé de celle qu’elle avait avant : une vie bien conforme à ce que la société américaine attend d’une femme éduquée et mariée.

Vers la contemplation ultime 

L’écriture de Hubbell est simple, sans fioriture, mais jamais froide. Elle réussit à nous faire entendre sa voix, ses questionnements et ses réflexions. Elle se place comme observatrice du monde qui l’entoure, de ses abeilles fascinantes et du passage des saisons qui, quoique cycliques, restent profondément impressionnantes. J’ai aimé la façon de l’auteure de contempler la vie; avec des yeux purs et une vision vive de ce qui l’entoure. La réalité de l’auteure est racontée un peu sous forme de journal intime. Elle confie, sans s’adresser à personne en particulier, sans chercher à charmer ou à plaire, ses tâches quotidiennes et ces petits événements anodins qui font de sa vie, la sienne.

Je peux l’affirmer : il ne se passe rien digne d’en faire un livre. Or, c’est toute là la beauté de ce livre, à mon sens; c’est l’anecdote, le petit, le singulier qui est important. Son travail, son acharnement, sans plainte, juste totalement en harmonie avec ce qu’elle désire à ce moment est inspirant.

Une vie à la campagne

Cette femme qui a tout quitté pour cette vie à la campagne nous raconte ses 12 dernières années et ses apprentissages dans ce nouveau monde qu’est celui d’être en communion avec ce qui l’entoure : la nature, les abeilles, les chiens, les coyotes et la température. Tel un animal, elle se laisse porter au gré des saisons en s’adaptant au climat, elle laisse la nature la guider et elle est au service de ses abeilles. Son travail est périodique et s’adapte au temps comme à ses précieuses abeilles.

Pendant ces douze années, j’ai appris qu’un arbre a besoin d’espace pour pousser, que les coyotes chantent près du ruisseau en janvier, que je peux enfoncer un clou dans du chêne seulement quand le bois est vert, que les abeilles en savent plus long que moi sur la fabrication du miel, que l’amour peut devenir souffrance, et qu’il y a davantage de questions que de réponses.

Il n’y a pas de réponses dans ce livre et elle ne sous-entend pas que son mode de vie est meilleur que celui des autres. Elle le vit tout simplement et c’est ce qui m’a tant chavirée. Vivre.

Et vous, avez-vous déjà lu un roman où il ne se passe presque rien, mais dans lequel vous avez l’impression de voyager?

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