Littérature québécoise
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Larguer les amours; la rupture sous toutes ses coutures

En juin, j’ai vécu une rupture plutôt difficile – lesquelles ne le sont pas, tsé – quoi que nécessaire. Depuis, mes lectures semblent teintées par celle-ci. J’ai le goût de lire des essais qui parlent d’indépendance, de désir, de vie, de liberté. De me plonger dans les histoires des autres pour mieux comprendre la mienne. De lire les opinions et réflexions de femmes qui m’inspirent pour me sentir un peu moins seule, me comprendre un peu mieux et, bien sur, mieux comprendre le monde qui m’entoure.

Larguer les amours, c’est un peu tout ça.

Ce sont 20 textes sur le thème de la rupture, mais d’abord et avant tout sur la beauté et sur la complexité des rapports humains.

Vingt femmes couchent sur papier leurs déboires amoureux. Elles sont écrivaines, poétesses, scénaristes, dramaturges, journalistes. Elles ont l’écriture dans le sang, et le sang qui s’enflamme pour des amours foutus d’avance.
 
Larguer les amours, ce sont des variations sur le thème de la rupture, l’exploration de cet instant cru, brutal, fou, de cette fois où elles ont planté quelqu’un là, de cette impulsion saine ou salope, douce ou violente, de cette décision irrémédiable, ou non…

Universalité et unicité 

Ensemble, les textes dressent un portrait de la rupture, au sens large, aux sens multiples. On y parle de celles qui sont provoquées, de celles qu’on subit malgré nous, les imminentes, les inévitables, celles qui sont plus que mûres, celles qui sont mortes dans l’oeuf et tout ce qui peut bien se trouver entre les lignes. La liberté de style qu’on retrouve dans chacun des textes permet véritablement de laisser place à toutes les émotions et à la force de celles-ci. Répartis sous quatre sous-thèmes, chacun des textes prend vie sous nos yeux. Ils sont uniques et se tiennent seuls, fièrement.

En même temps, le thème rassemble. L’expérience commune unie et les textes sont encore plus puissants lorsqu’ils sont mis ensemble, d’où l’idée du collectif, j’imagine. Comme tout bon collectif/recueil de nouvelles, il est possible de le lire de manière éparse, éparpillé à travers le temps. Par contre, j’ai trouvé qu’une lecture continue et soutenue n’était pas étouffante, ni éreintante, mais plutôt émancipatrice et rassembleuse.

Parce que s’il y a bien un sentiment universel qui se rapporte aux ruptures, c’est la solitude. J’avais un peu peur de me sentir seule et d’être sans cesse rapportée à ma propre solitude en lisant les textes, mais non, ce fût plutôt le contraire.

En ce sens, j’ai eu l’impression de trouver une certaine continuité entre Larguer les amours et Nous sommes bien seules. Un peu comme deux facettes d’une même médaille, ces deux livres se répondent sans cesse et, comme dans le recueil de Julie Bosman, c’est d’abord et avant tout l’impression d’être supportée, comprise et un peu moins seule avec laquelle on ressort une fois la lecture terminée.

Des émotions et beaucoup de drôle 

Parmi toute la gamme d’émotions par laquelle je suis passée, j’ai été surprise de m’entendre rire à voix haute et c’est, je crois, ce que j’ai le plus apprécié. Le fait de ne pas me retrouver devant quelque chose qui me ferait revivre que des émotions négatives, mais qui réussit plutôt à trouver un peu d’humour dans toutes situations. Comme l’a toujours dit mon père :  » l’humour sauve le monde » .

De plus, au début de chacun des segments, on y retrouve quelques paroles des chansons de Lisa Leblanc, qui donne le ton au chapitre à venir. C’est un petit plus value qui donne une particularité à l’oeuvre, tout comme les quelques illustrations qu’on y retrouve. D’ailleurs, avez-vous remarqué le doigt d’honneur sur la couverture ? C’est ce type d’humour qui, à mon avis, parsème ce collectif et lui donne une touche bien particulière.

Et c’est pour qui ? 

En parlant de ce livre, j’ai eu à quelques reprises cette question. Est-ce pour ceux qui vivent une rupture ? Pour ceux qui y pensent ? Je pense que c’est simplement pour tout le monde. Parce que le thème est universel, que les textes parlent d’abord et avant tout de relations humaines et, évidement, parce que c’est beau, bon, bien écrit et que ça fait du bien.

 

L’avez-vous lu ? Quelle est la nouvelle qui vous a le plus touché ? 

Le fil rouge remercie Tête Première pour le service de presse

photo : Martine Latendresse-Charron

 

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