Littérature étrangère
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Tout ce que j’aimais, ou la place de l’art chez l’humain

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Trouvé à la librairie de mon école, ce livre m’a tout de suite interpellée. Un roman assez épais de 450 pages, un auteur au nom exotique pour mes oreilles (Siri Hustvedt? Dis Siri, que veut dire Hustvedt?) et une quatrième de couverture bien invitante:

« Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d’artistes ont partagé les rêves de liberté de l’époque. De l’art et de la création, ils ont fait le ciment d’une amitié qu’ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n’a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies… »

À la lecture de ce résumé, je l’ai apporté à la caisse aussitôt. Les romans longitudinaux qui s’étendent sur plusieurs années, ou même sur la vie complète des protagonistes est une de mes formes d’histoire préférées. Ainsi, j’ai l’impression de connaître mieux le pourquoi du comment des actions des personnages. On entre dans leur vie complètement, on comprend mieux leurs forces et leurs faiblesses, on a plus d’empathie… Et puis la cerise sur le gâteau: le thème principal de Tout ce que j’aimais est la place des arts dans nos vies personnelles et dans notre société, de l’art visuel à l’écriture de livres. Et tout cela d’un point de vue étalé sur une trentaine d’années. D’une manière ou d’une autre, j’allais trouver ce que je cherchais, après plusieurs lectures décevantes en 2017.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi prenant. Durant deux semaines, tous mes trajets en autobus furent ponctués des aventures de Violet, Bill, Erica et du narrateur, Leo. Ce dernier est professeur de l’Histoire de l’art à l’université et se lie très vite d’amitié avec Bill, un grand peintre et artiste visuel en devenir. Le roman est surtout centré sur leur longue amitié qui ne se dénouera jamais malgré les aléas de leur vie et leurs problèmes amoureux et familiaux respectifs.

Tout est bien dosé. Il y a de belles réflexions de la part du narrateur sur l’importance de l’art et les relations de quelconque nature sont toujours pertinentes pour la suite de l’histoire. Le rythme est bien dirigé par Hustvedt, les drames arrivent toujours par surprise et m’ont donné les larmes aux yeux de nombreuses fois, pendant que j’étais dans l’autobus. Ce roman m’a rappelée à quel point l’art change le monde et que ce n’est pas à négliger. On peut changer le monde, un coup de pinceau, une phrase à la fois.

Ce livre fait du bien et je le recommande à tous ceux et celles qui ont besoin de remonter à la surface du grand océan qu’est le manque d’inspiration, pour créer des choses qui sont importantes pour nous.

« Chaque fois qu’un artiste meurt, son oeuvre commence lentement à remplacer son corps, devenant son substitut matériel dans le monde. On n’y peut rien, je suppose. Passés d’une génération à la suivante, des objets utiles, fauteuils ou vaisselle, peuvent sembler quelques temps hantés par leurs anciens possesseurs, mais cette impression disparaît assez vite sous leur fonction pratique. L’art, dans son inutilité, résiste à l’incorporation dans le quotidien et, s’il a le moindre pouvoir, il paraît respirer la vie de la personne qui l’a crée. » p.318

Et vous, quel est le livre en 2017 qui vous a donné l’inspiration qui vous manquait pour vos projets?

 

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4 Comments

  1. Myriam Pageau says

    Si tu as aimé « Tout ce que j’aimais », je te conseil fortement de lire « Un été sans les hommes » et « La femme qui tremble » de la même auteure!
    J’ai découvert Siri Husdvet il y a quelques années, je venais de lire plusieurs Paul Auster et voulait faire changement, j’ai beaucoup ris quand j’ai réalisé que les deux sont marié ¯\_(ツ)_/¯

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    • Paule Auster et Siri Husdvet sont mariés, c’est quand même comique!
      Je suis justement en train de planifier d’autres lectures de cette auteure! Merci pour les recommandations 🙂

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