Poésie et théâtre
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Le haïku, le haïbun, qu’est-ce que c’est?

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Le haïku

Tout récemment, je me suis inscrite à un cours privé sur le haïku, cours offert par l’auteure France Cayouette. Je ne connaissais presque rien au haïku. Pour moi, il s’agissait d’un court poème japonais et toutes mes connaissances se bornaient à ça. Puis j’ai vécu deux jours intenses à tenter de faire mien un genre si loin et en même temps si près de moi.

Je dresserai pour vous un portrait du genre littéraire, sans pour autant entrer dans la matière dense; seulement une brève entrée dans le corps de la bête et ce que j’en retire jusqu’à maintenant. Je vous parlerai ensuite d’une auteure que j’affectionne beaucoup, installée ici en Gaspésie et qui a récemment publié le recueil de haïbuns Tes lunettes sans ton regard. Il s’agit de Joanne Morency. Et je tenterai de vous expliquer, en mes mots toujours, ce qu’est le haïbun.

Mes tout premiers pas vers le haïku

Avant de souhaiter connaître le haïku, j’ai lu, il y a plusieurs années, le plus que magnifique Neige de Maxence Fermine. Ce que je ne savais pas, jusqu’ici, c’est qu’il s’agissait d’haïbun. Puis, dans les mêmes années, j’ai assisté à une conférence de France Cayouette. Elle venait de publier La lenteur au bout de l’aile, un recueil de haïkus. Il m’est arrivé souvent, au fil des ans, de replonger dans ces deux livres à la recherche de silence, de pureté, de réponses, de beauté et de délicatesse. Je ne comprenais pas exactement ce que j’y vivais, mais ils revenaient souvent vers moi. Je savais que c’était une forme de poésie très différente de la classique qu’on nous enseigne à l’école et aussi très loin de la poésie actuelle qui vibre de plus en plus autour et en moi.

Ce que je retiens de mes deux jours sur le haïku, c’est :

– le haïku est un style poétique japonais très, très, très ancien

– le haïku s’inspire de la nature et du petit quotidien

– le haïku est une forme de don de soi, car le regardeur écrit dans le but d’offrir le poème et de partager l’image avec autrui

– le haïku est formé de trois lignes (5, 7, 5 ou court, long, court)

– le haïku doit être inspiré de faits réels; ce qui a été vu, vécu, senti, ressenti, entendu, sans l’usage du « je »

– le haïku se retravaille à plusieurs, il devient un jeu de partage

Le haïku, c’est tout ça, mais c’est bien plus encore. Ce qui m’a le plus touchée et déstabilisée par la même occasion, c’est l’idée du don de soi et du partage. Habituée à créer pour moi, à partir de mes émotions, de mes images, c’est quelque chose de faire le saut du côté de ce qui est concret, pour le partager. Mais surtout, d’écrire, à vif, mon poème, à l’aide d’autres personnes. Le but étant de créer le meilleur haïku possible.

Tes lunettes sans ton regard

À mon retour de l’atelier de deux jours, j’ai plongé tête première dans le recueil Tes lunettes sans ton regard, de Joanne Morency, qui traînait depuis peu dans ma bibliothèque, entouré de plusieurs autres sublimes recueils de l’auteure (je suis complètement charmée par sa plume sensible, puissante, lucide, ancrée). Tout au long de la lecture, j’ai eu les yeux plein d’eau. J’étais tellement touchée par le degré d’intimité du quotidien que nous partageait l’auteure. Dans Tes lunettes sans ton regard, Joanne Morency trace les derniers mois de la vie de sa mère, ainsi que les quelques mois qui ont suivi son décès. Les odeurs, les sons, les gestes, la douceur, le froid, l’espace, le temps, tout semble si efficacement décrit, mais dans une brièveté de mots.

Le haïbun

Le recueil Tes lunettes sans ton regard est formé de haïbuns. Mais qu’est-ce que le haïbun ou les haïbuns? Toujours dans mes mots : le haïbun relie prose et haïku. Le haïku vient, en fait, offrir son petit grain de magie à la prose. Il sert, il ne répète pas, il agrandit, rajoute, il touche.

Voici un petit exemple tiré de Tes lunettes sans son regard :

poids plume

un peu d’aide pour te hisser

de ta berceuse

2011, 2012? Tu as du mal à basculer dans la nouvelle année. Tu portes avec effarement le lourd manteau de tes âges.

Hier soir, tombée, as-tu inscrit sur ton carnet, avec la date. Tu t’es laissé glisser le long du mur, jusqu’à terre. Au ralenti. Tu te demandes ce qui t’arrive. Papa ne doit plus que d’un œil. Je me dépense en manœuvre de sauvetage : des appuie-bras pour le siège de toilette, une clochette à tes côtés, une seconde tentative au CLAC.

j’ai 88 ans

et j’ai eu une belle vie

matin glacial

Dans le haïbun, le haïku peut être placé soit au début du texte, soit au milieu ou à la fin. Sur l’exemple que j’ai partagé, il y a deux haïkus, l’un au début et l’autre à la fin du texte en prose.

Transmettre la beauté par le haïku

Le haïku a pour moi quelque chose de méditatif. Depuis mon retour en région, je passe davantage de temps à contempler la nature qui m’entoure. Je suis sans cesse à la recherche de moyens pour transmettre cette beauté, en mots, en images, etc. Le haïku devient pour moi, une nouvelle manière de partager ces petites étincelles magiques que m’offre le paysage. Comment alors redonner tout ce que m’offrent la forêt, la mer, le ciel, le soleil, les étoiles, les animaux?

Pour terminer, je vous partage bien humblement deux de mes tout premiers essais en haïku :

le dormeur

sur son visage       

« l’éloge de la fragilité »

*

novembre

plus que la lumière rouge

des cormiers

Ma bibliothèque de haïkiste est encore très pauvre (j’en ai plusieurs sur ma liste…), mais voici quelques livres qui pourraient vous inspirer (absent sur la photo : Neige de Maxence Fermine) :

Bashô, Issa, Shiki, l’art du haïku, pour une philosophie de l’instant, par Vincent Brochard et Pascale Senk, Les Éditions Le livre de poche

La lenteur au bout de l’aile, France Cayouette, Les Éditions David

Tes lunettes sans ton regard, Joanne Morency, Les Éditions David

Mon visage dans la mer, Joanne Morency, Les Éditions David

Neige, Maxence Fermine, Les Éditions Points (<3)

 

Un immense merci à France Cayouette pour le partage. xx

Je vous invite à plonger dans cet univers très ancien du haïku. En terminant, dites-moi, qu’est-ce qui vous touche ou vous inspire le plus du petit quotidien et de la nature ?

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