Littérature canadienne
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Martin John, circuits d’un homme dérangé

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Je ne sais pas pour vous, mais depuis quelques années j’essaie, comme Anne-Marie, de lire davantage de romans écrits par des femmes. Dans ma PAL se trouvait un beau livre orange vif, à la quatrième de lecture singulière :

Martin John, un délinquant sexuel, a été envoyé à Londres par sa mère pour échapper aux autorités. Depuis, il doit naviguer seul dans cette ville hostile où tout conspire à le faire dévier de la routine implacable et absurde à laquelle il s’est astreint. Le piège semble se refermer sur lui alors qu’un agaçant chambreur, sans doute un espion envoyé par la police, fait irruption dans sa vie.

J’ai été tentée de lire cette fiction qui a connu un succès populaire, principalement parce que l’humour grinçant était mentionné dans presque toutes ses critiques et parce que son auteure est une femme : Anakana Schofield, une Canado-Irlandaise.

Le chemin d’un prédateur

Cette écrivaine s’amuse tout au long du roman à construire un récit dont la forme cyclique et répétitive engouffre le lecteur dans le mode de vie aliénant du récidiviste. De grandes pages remplies seulement par quelques mots ponctuent le récit et laissent le lecteur respirer avant de replonger dans les circuits de Martin John. Si le protagoniste semble suivre des règles qu’il s’est données, ou encore celles de sa mère, on ne se retrouve pas moins avec la sensation désagréable d’être perdue dans un jeu de serpents-échelles situé principalement dans l’atmosphère étouffante des circuits qu’il suit maladivement pour échapper aux autorités, aux espions et à ses désirs qu’il ne doit plus assouvir.

Mauvais timing

J’ai eu beaucoup de mal à rencontrer le personnage de Martin John et de sa mère. Au fil de ma lecture, je cherchais à avoir de l’empathie pour eux, sans jamais y arriver. J’ai plusieurs règles non écrites dans mes habitudes littéraires, notamment celle de ne jamais laisser tomber un livre. Dans ce cas-ci, je suis tout de même heureuse d’être arrivée au bout des 368 pages, très certainement parce que le portrait somme toute réaliste de Martin John – soit de toujours acheter certains journaux, de ne pas aimer la lettre P, de sombrer dans une paranoïa grandissante face à son colocataire, dans sa rigidité au travail et dans les manies qu’il entretient précautionneusement, que ce soit pour arriver à toucher une femme ou pour éviter de le faire – est criant de vérité. Je ne vous cacherai pas que je vais très certainement regarder différemment les gens aux prises avec des paraphilies et que mes trajets dans les transports en commun sont encore teintés par cette impression que nous côtoyons immanquablement des hommes comme Martin John et des mères qui ont peur pour ces hommes, qui ont honte et qui souhaitent plus que tout que jamais-au-grand-jamais l’enfant qu’elle a mis au monde ne refasse du mal à qui que ce soit. Même si le livre est visiblement documenté et présente un souci particulier dans sa tonalité, sa musicalité et sa structure, le sujet n’est pas moins lourd et il n’est pas moins dur de s’y exposer. L’originalité dont Schofield fait preuve dans ce roman est indéniable et sa perspective donne définitivement quelque chose d’intéressant. Je crois simplement qu’il y a parfois un manque de timing quant aux rencontres entre un lecteur et un livre.

Merci pour ce service de presse.

Quel livre vous a laissé de glace sans toutefois que vous le trouviez « mauvais »?

Merci à VLB éditeur pour le service de presse.

 

 

 

 

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